HISTORIQUE
Bricheteau, dans son élude sur les Abcès et les hydatides du foie qui communiquent avec le poumon el sont rejelés par l'expectoration, rappelle qu'Hébreard signalait, dès 1811, la terminaison possible des kystes hydatiques du foie par fistule broncho-hépatique et citait deux cas de guérison consécutive à cet accident.
Cruveilhier, Bricheteau lui-même, Cadet de Gassicourt, Murchinson, Jaccoud, Duvernoy, Segond et Potherat; qui se sont occupés tout spécialement des kystes hydatiques et des abcès du foie, n'ont pas manqué sans doute de noter leur évacuation assez fréquente par les bronches, mais ils n'ont prêté qu'une attention distraite au rejet de bile concomitant.
Le premier parmi les auteurs classiques, Trousseau a indiqué la présence de la bile dans les vomiques succédant aux affections de kyste hydatique, suppuré ou non. Davaine, l'auteur du Traité des Entozoaires, dans seize cas de kystes ouverts dans les bronches, relève sept fois l'expectoration biliaire.
Mais la vraie fistule biliaire hépato-bronchique, seulement entrevue par ces auteurs, restait encore à décrire.
En 185%, Mandard, dans sa thèse sur les « Calculs biliaires », raconte avec quelques détails l’histoire d'un vieillard qui cracha de la bile pendant plusieurs mois et à lautopsie duquel on constata une très apparente communication entre le poumon droit et la vésicule bilaire.
Barth et Roger, en 1874, citent, trop brièvement il est vrai, dans leur Trailé pratique d'auscullation, le cas d’un malade à l'autopsie duquel on trouva un trajet fistuleux qui unissaif les bronches aux voies biliaires.
En 1875, le prolesseur Laboulbène vient ajouter aux quatre classes de fistules biliaires décrites par Barth et Besnier dans le Dictionnaire Encyclopédique une cinquième sorte de fistule qu'il désigne sous le nom d'hépato-bronchique.
Presque au même moment, Berdinel publiait, dans la Gazelte hebdomadaire de 1876, une observation de kyste hydatique du foie terminé par une fistule hépato-bronchique.
Puis, successivement, Dreschfeld (1879), Edith (1882), Gomet (1885), Thiroloix (1888), Courvoisier, Macdonald (1890), Nermord (1891), Naunyn (1892), Vissering (1896), Graham (1897), Perrier (1900), Weiïler, Eschenhagen (1902), Félix (1903), Eichler, Mayo Robson (1905), Schlessinger (1906), Klauber (1907), Bruhl et Lyon-Caen (1909) communiquèrent de nombreux cas de fistules broncho-biliaires qu'ils avaient observés dans leur pratique.
Aujourd'hui, la liste en est longue et variée, et c'est pourquoi MM. Dupont et Lvon-Caen ont pu, dans un numéro récent de la Gazelle des Hôpitaux (4 septembre 1909), tenter la « Revue générale des fistules broncho-biliaires » et résumer en quelques pages substantielles toutes les connaissances que nous avons acquises en ce moment sur ce genre de lésions. Il ne faudra donc pas s'étonner si nous leur faisons plus d’un emprunt et si l'étude clinique, que nous allons maintenant entreprendre, s'inspire parfois de leur article.