‹ sur un cas de Gangrène symétrique des doigts à évolution aiguë (Contribution À L'Étude De La Maladie De Raynaud)Chapitre 10 sur 25 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il nous a été impossible, dans ce retour en arrière, de situer des dates où la question eût progressé, quant à l’étiologie et à la pathogénie, d’une manière décisive, pour aboutir enfin à la solution du problème tant de fois posé.

Nous nous bornerons à énumérer, dans leur ordre chronologique de publication, les cas décrits ayant trait à l’apparition d’une gangrène symétrique des extrémités à évolution aiguë.

En 1862, dans sa thèse magistrale, Maurice Raynaud décrivait le syndrome qui porte son nom, et en faisait un tableau clinique auquel aujourd’hui encore il n’y a rien à reprendre.

Parmi les vingt-cinq observations qu’il y rapporte, il en est cependant une qui décrit une évolution aiguë et rapide d’une asphyxie locale évoluant vers la gangrène. Nous la rapportons au cours de cet exposé.

À la suite des siennes, parurent de nombreuses ob-

tie

servations qui montraient la multiplicité des modes d'apparition et d'évolution de la syncope locale.

— En 1870, Estländer publie seize cas de gangrène des extrémités apparue au cours d’une épidémie de typhus exanthématique.

— De 1873 à 1876, Rey, Mourson, Fisher et Calmette signalent des cas observés au décours d’une grippe.

— En 1874, dans sa thèse: « De l’asphyxie locale », Maurice Bréhier publie deux cas typiques de gangrène symétrique des extrémités, apparaissant au cours d’une affection pulmonaire et revêtant une évolution aiguë.

La même année, Foulquier, dans sa thèse également, rapporte plusieurs cas semblables survenus à la suite d’une fièvre intermittente.

Plus typique encore est l’observation écrite par Niel.sen, en 1878, dans le Schmidt s Jahrbuch, d’un syndrome de Raynaud aigu, apparu brutalement, au cours d’une pneumonie et évoluant très rapidement vers la gangrène des extrémités.

— Defrance, en 1897, reprend cette observation dans sa thèse, et y ajoute de nombreux apports, citant en particulier des gangrènes survenues à la suite de paludisme, érésypèle, sans oblitération artérielle,

— Chevron, en 1899, insère dans sa thèse une observation de Sidey d’une maladie de Raynaud survenue chez un enfant à la suite d’une coqueluche, rapporte en outre une autre observation, de Dardignac, signalant

un cas d’asphyxie locale aiguë au décours d’une grippe infectieuse.

— À la Société Médicale des Hôpitaux, en 1901, Dufour rapporte une très belle observation de gangrène symétrique des extrémités survenue à la défervescence d’une pneumonie, L’autopsie pratiquée permet même une étude histologique très poussée, portant sur le système vasculaire des extrémités atteintes.

— L'année précédente, Phisalix publiait le résultat d’une expérimentation qui n’avait pas duré moins de vingt mois et qui avait abouti à la reproduction d’un syndrome de Raynaud aigu typique chez des cobayes, au cours d’une septicémie provoquée.

— Depuis cette date ont été publiés de nombreux travaux sur l’étiologie et la pathogénie du syndrome de Raynaud. Plus de 150 cas ont été signalés.

— Notons pour mémoire un travail de Bret et Chalier paru en août 1911 dans la Revue médicale sur le syndrome de Raynaud et les lésions cardio-vasculaires; une observation de Paisseau et Lemaire, en 1917, sur deux cas de gangrène d’origine palustre à évolution rapide.

À notre connaissance, pas un des autres travaux connus ne rapportait un cas vraiment typique de syncope locale des extrémités évoluant rapidement vers la gangrène jusque:

— En 1926, où Isaac-Georges publiait une thèse importante sur la pathogénie du syndrome de Raynaud.

Lies.

Une des observations citées par lui a beaucoup de points communs avec le cas que nous avons pris pour type, et revêt jusqu’à un certain point l’allure aiguë aboutissant à la gangrène (1).

— De 1926 à 1933, nous n’avons rien découvert qui s’apparente avec ce que nous avons dénommé au début de cet ouvrage « le Syndrome de Raynaud aigu ». Nous arrivons à la publication de notre maître Pagniez, dans la Presse médicale de novembre 1933, sur un cas de gangrène symétrique des doigts à évolution aiguë observée par nous au cours de la même année, dans son service à l'Hôpital Saint-Antoine.

(1) En outre, en 1927, le même auteur présentait à la Société Médicale des Hôpitaux, dans sa séance du 28 octobre, deux observations de Syndrome de Raynaud ayant fait son apparition au cours d’une pneumonie grippale; mais les phénomènes se bornaient à des accès de syncope locale sans aller jusqu’à la gangrène confirmée.

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