‹ sur un cas de Gangrène symétrique des doigts à évolution aiguë (Contribution À L'Étude De La Maladie De Raynaud)Chapitre 9 sur 25 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Depuis la publication initiale de Maurice Raynaud (thèse de 1862) plus de 300 cas ont été rapportés à l'heure actuelle. Les théories pathogéniques se sont succédées et cependant le débat n’est pas encore épuisé.

Tous les traités définissent la maladie de Raynaud « une affection caractérisée par des phénomènes symétriques de vaso-constriction prononcée des extrémités, qui surviennent par crises avec des intervalles de retour à la circulation normale, mais qui peuvent cependant aboutir à la gangrène ».

Cette définition comporte trois éléments caractéristiques:

1° La localisation des lésions;

2° Leur symétrie;

3° Leur évolution paroxystique.

Mais, à côté du syndrome de Raynaud typique, décrit par l’auteur, il en existe de nombreux difficiles à classer.

Par certains côtés, ils se rapprochent de l’affection décrite par Maurice Raynaud, par d’autres ils en diffèrent.

he

Tel est le cas de l’observation qui a servi de point de départ à notre travail:

Affinités avec le syndrome de Raynaud?

— Tout d’abord la localisation des lésions aux extrémités (doigts, nez) ;

— Ensuite leur symétrie.

Mais toute la différence tient dans l’allure aiguë de l'affection: sans crises de rémission, sans intervalles où puisse s'effectuer le retour de la circulation normale, s’installe une asphyxie des extrémités des membres supérieurs et du nez qui va évoluer vers la gangrène en moins de trois mois.

Nous signalerons en outre que cette gangrène est apparue à la défervescence d’une broncho-pneumonie bilatérale.

Le cas n’est pas nouveau: de nombreuses maladies infectieuses aiguës ont été incriminées à l’origine du syndrome de Raynaud et parmi les moins rares nous trouvons la Grippe (Baitmann, Faure, Miller, Dardignac) et la Pneumonie (Dufour, Nielsen, Bréhier, Isaac- Georges).

Nous avons recherché, s’apparentant à la nôtre, des observations de cette forme que revêt la gangrène des extrémités, survenant à la suite ou au cours d’une infection et plus particulièrement d’une affection broncho-pulmonaire.

Notre intention n’est pas, ici, de tirer des conclusions étiologiques et pathogéniques définitives d’un syn-

lo

drome qui a déjà motivé des travaux et des recherches beaucoup plus importants que les nôtres.

Malgré ceux-ci, la question de la maladie de Raynaud reste encore pleine d’obscurité, et il y a beaucoup à apprendre et à dire sur la gangrène des extrémités.

Il y a intérêt à grouper le plus possible de faits anormaux dans cet ordre d'idées.

C’est dans ce seul but d’apporter un élément de plus à la liste déjà longue d’études qui ont été faites avant nous que nous avons entrepris ce modeste travail.

Page 1