‹ sur un cas de Gangrène symétrique des doigts à évolution aiguë (Contribution À L'Étude De La Maladie De Raynaud)Chapitre 12 sur 25 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

(Résumé de l’Observation XV de Maurice RAYNAUD)

Après une première grossesse normale quelques années auparavant, M"° X.. accouche d’une fille le 28 novembre 1860.

Trois jours après l’accouchement, on note d’importantes intermittences du pouls. Au cœur des intermittences semblables correspondent à celles du pouls. Huit jours après l’accouchement, apparaissent des accidents

cholériformes très graves: la convalescence est longue; un mois après l’accouchement, la malade est encore alitée.

Le 18 février, en se réveillant, elle ressent des fourmillements au bout des doigts. Le soir, ses mains sont enflées. Les jours suivants, ces phénomènes persistent, entraînant l’impossibilité de coudre, de jouer du piano.

Durant ces premiers jours, avoue M. Raynaud, cédant à l’idée de réveiller la vitalité des extrémités, j’engage la malade à tremper ses mains dans l’eau froide sinapisée. Je fus effrayé de voir, en peu d’instant, les membres supérieurs, jusqu'aux avant-bras, devenir noirs.

Le 22 mars, le mal progresse toujours; les extrémités des orteils commencent à devenir douloureuses; le nez est cyanosé.

Jusqu'au 29 du même mois, envahissement progressif: les membres ont tout à fait l’aspect de ceux que la gangrène va envahir, Le 29, on constate la coloration noire des mains et des orteils, la cyanose de l’extrémité du nez reste inchangée.

Il n’y a plus d’intermittences au cœur.

La sensibilité aux extrémités est très diminuée. La marche est impossible; on provoque une douleur très vive à la simple pression des extrémités.

Au début d'avril, apparition d’une teinte ardoisée verdâtre au niveau de la dernière phalange, limitée par une auréole rouge vif.

Les orteils sont dans le même état.

Le 7 et 8 avril, apparition de phlyctènes aux orteils.

Mais il y a une amélioration très sensible de l’état des mains.

Le 12, on constate:

— À la main droite, desquamation du pouce et de l’index; toutes les extrémités ressemblent à du parchemin;

— À la main gauche, les doigts sont racornis, comme serrés avec une ficelle;

— Au pied droit, au pouce des marbrures foncées; les autres doigts (sauf le petit qui est indemne) ont leur pulpe sèche et noire comme du charbon;

— Au pied gauche, les trois orteils du milieu sont comme carbonisés. Quelques phlyctènes au gros orteil;

— Le nez a par moment une teinte violacée.

Puis les phlyctènes percent, la peau desquame; la guérison survient; mais au bout d’un an, on constate les séquelles suivantes:

Au pied, d’une manière exactement symétrique, à l'extrémité du gros orteil, il existe un tubercule saillant sur lequel s’appuie l’ongle déformé.

Les deux orteils suivants présentent un moignon massif sur lequel existent des petites croûtes qui n’ont jamais disparu. Il n’y a pas trace d’ongles.

Fait remarquable à signaler: la fillette de M”° X..., trois jours après sa naissance, présentait au niveau de l’avant-bras droit une couleur violette très accusée.

En) e—

Cette cyanose a disparu complètement cinq mois après sa naissance. Et M. Raynaud conclut en insistant sur:

— l'intégrité du pouls pendant la maladie,

— l’aménorrhée à la même période,

— l'allure aiguë de la maladie: jamais il n’y avait eu de prodromes; la guérison a été définitive.

Il s’agit bien là d’un cas de gangrène symétrique des extrémités réunissant, comme dit l’auteur, « sur le méême malade tous les états dont je cherche en ce moment à établir la réunion réciproque, depuis la syncope jusqu’à la gangrène confirmée ».

Moins typique est l’observation suivante. Toutefois elle s’en approche d’assez près pour que nous la croyons capable de figurer dans le cadre de cette question.

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