‹ sur un cas de Gangrène symétrique des doigts à évolution aiguë (Contribution À L'Étude De La Maladie De Raynaud)Chapitre 13 sur 25 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(Résumé de l’Observation III d’'IsAAC-GEORGES)

M°”° G.., 44 ans, entre à l'Hôpital Tenon, salle Barthe, le 19 septembre 1925, pour léger état infectieux, et un syndrome d’asphyxie douloureuse des extrémités du membre supérieur.

L'état infectieux se traduit par de la fièvre (38°5), des arthralgies, une langue saburrale. Les troublés circulatoires, beaucoup plus intéressants, semblent ressortir du syndrome de Raynaud.

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Depuis l’enfance, on note une tendance à l’onglée, mais très fugace. Dix jours avant son entrée à l’hôpital, la malade a ressenti une violente crise douloureuse (picotements, élancements) au niveau des deux mains.

Ces crises se reproduisent de 6 à 10 fois par jour; puis s’installe un état permanent d’acrocyanose.

À ce moment: coloration violette uniforme des phalangettes des quatre derniers doigts de chaque main, se fonçant vers l’extrémité de chaque doigt. Au niveau des phalangines, les téguments présentent des marbrures livides. Les pouces sont indemnes.

Au bout de quelques jours, au niveau de la pulpe des doigts se forment des plaques saïllantes prenant l’aspect d’escarres noires et sèches qui tomberont lentement en découvrant un épiderme nouveau, d’aspect cicatriciel. Des deux côtés, les phénomènes sphacéliques prédominent au niveau de l’index et de l’auriculaire où ils affectent toute la région pulpaire.

Notons, ajoute Isaac, que toute cette évolution vers la gangrène s’est faite progressivement, régulièrement à partir des accidents initiaux.

Rien à signaler dans les antécédents, Le Wassermann est négatif dans le sang.

La malade, revue le 1° décembre 1925, n’a pas eu de nouvelles crises. Les escarres digitales sont tombées.

Les oscillations artérielles persistent avec une amplitude normale au niveau de tous les membres.

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Nous citerons, après le résumé de ces deux longues observations capitales, parues dans des thèses centrées sur la gangrène symétrique des extrémités, six observations qui se rapprochent de plus près encore du cas que nous avons nous-même observé, puisque comme lui elles parlent de syndrome de Raynaud aigu sur-

venu au cours d’une affection pulmonaire.

OBsERVATION III

(Durour: Note sur la pathogénie des gangrènes symétriques des extrémités dans les affections pneumo-

niques, à propos d’un cas autopsié.)

Une femme de 58 ans est soignée dans le service Fernet, pour pneumonie double, dont elle guérit.

Quelques jours après sa guérison, cette malade présente un érythème polymorphe généralisé; puis apparaissent aux doigts, aux orteils, au bout du nez, aux Iobules des oreilles, des plaques gangréneuses. Auparavant, il n’y avait pas eu de période d’asphyxie ni de syncope. D’emblée, se sont installées des phlyctènes remplies d’un liquide louche. Les extrémités se mortifient. Il y a suppuration. La malade, albuminurique, meurt d'infection purulente.

Il y a eu douleurs des doigts, non paroxystiques.

Pas d’arrêt du pouls.

L’examen du sang au point de vue bactériologique,

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pratiqué par M. Fernet, est resté négatif.

À l’autopsie: poumons et cœur sains. Pas d’endocardite. Reins: gros, décolorés. Rate, du type infectieux. Pus dans l’articulation du genou.

(Nous étudierons l’anatomie pathologique de ce cas avec Dufour, dans un chapitre ultérieur) (1).

En résumé, gangrène d’emblée, sans troubles prémonitoires, sans phénomènes syncopaux, sans douleurs paroxystiques.

Forme clinique différente qui n’est pas faite pour éclairer la pathogénie de la question,

Les deux cas observés par Bréhier et publiés par lui dans sa thèse sont très près du précédent de par leur apparition, leur mode d’évolution et leur pronostic. Comme lui, ils se sont surajoutés à affection pulmonaire.

(1) A la suite de cette observation, Rendu cite le fait suivant qui s’y apparente par bien des points.

« J’ai observé, il y a quelques années, un cas qui semble prouver l’origine infectieuse de ces gangrènes périphériques. Il s'agissait d’une dame septuagénaire qui, tous les hivers, avait une disposition permanente aux engelures, au doigt mort et à la stase veineuse des phalanges. L’impression du froid lui causait de véritables douleurs d’onglée; elle était donc en état d’imminence d’asphyxie locale des extrémités; mais n’avait jamais présenté d'accidents de sphacèle ni de troubles trophiques.

Un hiver, elle contracte une pneumonie grippale et, au décours de cette affection, il se produisit aux doigts des phlyctènes gangréneuses qui aboutirent à la chute des ongles et à la mortification de plusieurs phalangettes. »

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