‹ Sur un cas de grossesse péritonéale secondaireChapitre 13 sur 27 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Bien que l’œuf soit un peu plus au large, bien que son placenta puisse s’étaler sur une surface plus grande et que, somme toute, les conditions d’existence lui deviennent tout d’abord un peu moins difficiles, il n’en est pas moins exact de prétendre que, sauf quelques cas tout à fait exceptionnels, il n’arrivera pas à terme.

En effet, l'apport sangum du péritoine, Ée que supérieur à celui de la trompe, ne se saurait en aucune façon comparer à celui de l’utérus gravide normal, ce qui constitue une première condition d’hypotrophie.

: D'autre part, la situation d’un dt étalé sur des anses intestinales constitue pour l’œuf un grave danger. On conçoit que l’adhérence qui lie le placenta à ces organes si mobiles soit des plus précaires, en raison même de cette mobilité. Quelle que soit en effet la solidité des néo-membranes qui unissent entre elles ces anses, elles ne sauraient s'opposer aux mouvements tant actifs (péristaltisme) que passifs (dilatation par les gaz souvent considérables).

Ces altematives d’expansion et de rétraction ne conviennent

LM AOUES

en aucune façon à l’invariabilité de volume du placenta, qui, dans ces conditions et absolument comme au cours d’une délivrance normale, dans un utérus qui se rétracte, se décolle et détermine par son décollement une hémorragie qui peut attirer cliniquement l'attention parfois de façon pressante, en tout cas suffisante, pour restreindre la vitalité déjà faible de l'œuf ou même l’abolir. Cependant l’œuf peut échapper à ces dangers constants d’hypotrophie et de décollement et poursuivre son évoultion. Îl existe, avons-nous dit plus haut, des grossesses péritonéales secondaires qui sont arrivées à terme, on voit dans quelles conditions presque miraculeuses. La règle est que le foetus meure avant ce terme, parfois prématurément vers le cinquième mois, souvent plus tard vers le septième mois de la gestation. Sa destinée est alors très variable : très souvent, au bout d’un temps plus ou moins long, il s’incruste de sels calcaires, perd toute connexion avec son placenta qui se résorbe au moins partiellement, en même temps que les néo-formations qui lui faisaient un utérus de fortune, et il devient Phie dans la cavité abdominale où on le retrouve, petite statue de pierre, au bout d’un temps parfois très long, des dizaines d’années, ainsi qu'en témoignent de nombreuses observations. C’est le lithopédion pour lequel la tolérance des organes abdominaux est la plupart du temps assez grande, encore que l’on connaisse des cas de macération tardive de ce lithopédion, source d'infections péritonéales avec tous leurs risques.

On sait, d'autre part, la facilité avec laquelle les microorganismes traversent la paroi intestinale ou tubaire. On conçoit qu’elle sera encore accrue en la circonstance que nous étudions par la congestion de l’anse ou de la trompe et par l’altération de leur tunique séreuse affouillée par les villosités placentaires. Il s'ensuit qu'à la faveur du décollement ou même en dehors de

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