‹ Sur un cas de hématomes spontanésChapitre 2 sur 8 · À MES MAITRES DANS LES HOPITAUX DE PARIS · texte numérisé non relu

À MES MAITRES DANS LES HOPITAUX DE PARIS

M. ce Proresseur GILBERT, Professeur de clinique médicale, médecin de l’'Hôtel-Dieu, Membre de l’Académie de Médecine.

M. ce Proresseur RECLUS, Professeur de Clinique chirurgicale, chirurgien à l’Hôtel-Dieu.

M. Le Proresseur BAR, Professeur de Clinique d'accouchement.

M. re Proresseur LEJARS, chirurgien de l'Hôpital Saint-Antoine.

M. re Proresseur LETULLE, Membre de l’Académie de Médecine.

M. ze Docreur Auc. BROCA;

Introduction

« Les troubles vasculaires et nutritifs qui surviennent parfois à la suite des crises douloureuses fulgurantes chez les ataxiques sont aujourd’hui des faits de notion vulgaire », dit M. Straus dans son article sur les « ecchymoses tabétiques », et après avoir cité

“l'opinion de M. Charcot et de M. Vulpian sur ce point, M. Straus dit : « Ces éruptions et ces troubles vasculaires de la peau affectent, avec les douleurs fulgurantes, une connexion évidente ; ils constituent du reste, ainsi que le font remarquer les auteurs que nous venons de citer, un épiphénomène rare dans le cours de l’ataxie locomotrice. »

« Il n’en est plus de même d’un autre phénomène de nature vasculaire, que je crois être le premier à signaler, et dont l’existence, sans être la règle, est assez commune dans le tabès, à en juger du moins par le nombre de faits relativement considérable que j'ai pu observer depuis le peu de temps que mon attention a été dirigée sur ce point : je veux parler de l’apparition de taches ecchymotiques sur la peau

des membres, à la suite de crises violentes de douleurs fulgurantes. »

Ce mémoire que nous venons de citer et auquel nous aurons encore recours dans notre travail, est resté classique et actuellement on ne peut parler d’hémorragie spontanée chez les tabétiques sans avoir consulté ce travail magistral. Mais nous nous permettrons de remarquer que malgré nos recherches bibliographiques minutieuses, nous n'avons pas trouvé beaucoup de cas relatés d’ecchymoses spontanées chez des tabétiques et nous croyons que ce « phénomène de nature vasculaire » n’est pas si fréquent au cours du tabès comme le supposait M. Straus. Et dans toute la littérature médicale dont nous avons consciencieusement scruté la bibliographie, nous n'avons pas trouvé un seul cas d’hématômes spontanés chez des tabétiques semblable au cas que nous avons observé dans le service de notre Maître, M. le Professeur Gilbert, et que nous nous proposons de relater dans ce travail.

Nous tenons à remercier ici notre Maître, M. le Docteur Herscher qui a bien voulu nous inspirer le sujet de cette thèse.

Nous remercions également notre camarade Bra-

varsky pour sa collaboration dévouée.

Historique

Nous ne pouvons pas faire l'historique des hématômes spontanés dans le tabès, puisque, comme nous l'avons dit, c’est le premier cas que nous observons et dans la littérature médicale nous n'avons pas trouvé Œautres cas relatés. Nous croyons pourtant intéressant de donner ici un court aperçu historique sur les troubles vaso-moteurs en général, qu'on à vu survenir au cours de tabès. Nous nous permettons de puiser largement dans l’article de M. le Professeur Rauzier sur les « hématémèses tabétiques » paru dans la Province Médicale de 1972.

« La constatation de troubles vaso-moteurs ou secrétoires dans le tabès est d’ailleurs chose fréquente : Buzzard a observé dans cette maladie des œdèmes, Charcot de l’urticaire, d’autres enfin, du dermographisme. Diverses hypersécrétions de liquide séreux ont été signalées, en particulier la. sialorrhée, la gastrorrhée l’enterorrhée et l’épiphora.

« Des hémorragies autres que l’'hématemèse ont

été maintes fois enregistrées chez les tabétiques. \

Charcot et Strauss (Archives de Neurologie 1880- 1881), Leloir et Portalier (Th. de Paris 1882 et 1884) ont vu survenir des ecchymoses à la suite de douleurs fulgurantes ; Faisans a consacré sa thèse (1882) au purpura myeclopathique ; Joffroy, Pitres et Raymond ont noté des ecchymoses sous-unguéales précédant la chute des ongles. Busch cité par Debève dans sa thèse, « a vu éclore sous la muqueuse buccale d’une de ses malades, au moment des crises douloureuses des bulles sanguinolantes qui, incisées, s’affaissaient, donnant issu à du sang de-couleur foncé ». Merklen et Heitz (Bul. Soc. méd. Hop... 1902) ont décrit un œdènie hémorragique aigu de la face ; Brissaud un œdème hémorragique préarthropathique ; Raynaud, Oulmont (G@z. méd. de Paris, 1881) puis Raymond ont signalé des crises uréthrales douloureuses accompagnées d’hématuries pour l'interprétation desquelles l’autopsie ne parvint pas à relever la moindre lésion vasculaire. Straus, Féré Devic ont observé des enterorragies dont Lerat (Th. de Paris, 1891) signale la coïncidence avec des crises rectales douloureuses, Mme Weyncop (Th. de Paris, 1905) dans un cas a vu le melœna persister pendant cinquante-cinq jours. Enfin lexistence d'hémoptysies liées à des crises thoraciques à été affirmée par Féréol, Hallopeau et Lerat. »

Enfin, complétons cet historique en citant le cas de « gangrène spontanée des orteils chez un tabétique », relaté par Pitres, le cas de « larmes san-

HR D (ue

glantes » au cours de tabès de Coopman et la communication faite par MM. Sainton et Ferrand sur

un cas de « varicosilés généralisées et symétriques

chez une tabétique. »

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