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tain temps, les. points primitivement attaqués tendent à la régression de telle sorte qu’il se forme au centre même des plaques une cicatrice qui s étend progressivement vers la périphérie en suivant la production lupique dans sa marche serpigineuse et extensive: ce processus cicatriciel peut quelquefois envahir en un point les bords de la plaque et donner ainsi à la lésion l’apparence d’un fer à che. val; dans les cas exceptionnels de guérison spontanée, les saillies verruqueuses s’affaissent puis disparaissent; il ne reste plus qu’une plaque de tissu scléreux au milieu de laquelle on voit parfois dans un temps plus ou moins éloigné, récidiver des tubereules. » Ÿ
En somme, on peut distinguer dans les lésions trois z0nes: une zone périphérique érythémateuse où la peau est lisse, où les orifices glandulaires sont nettement distincts, une zone moyenne avec des squames, des pustules, des eroutelles, une zone centrale avec saillies papillomateuses, fissures, abcès intra-épidermiques, zone dont le centre se transforme progressivement en cicatrice.
La marché de ces lésions est essentiellement chronique ; elle se développe lentement, s'étendant par les bords, serpigineuses, guérissant au centre. Elles ne prennent: jamais une forme aiguë et n’ont jamais tendance à passer à l’état’ de lupus vorax. Aussi, durent-elles souvent huit, dix, quinze ans, parfois même dans quelques cas assez rares, elles persistent jusqu’à la fin de la vie. ,
Mais aux doigts ou à la face, par suite du processus de sclérose, le lupus scléreux peut être cause de graves mutilations ou déformations. Tantôt il entraîne la destruction des tissus jusqu’à la chute des phalanges, c'est ce qui est arrivé pour notre malade, tantôt il produit des rétractions cicatricielles qui portent sur la peau et les tissus fibreux sous-jacents, qui mettent obstacle au jeu des articulations
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ou même en entraînent la luxation. Quand le lupus siège au dos de la main, la rétraction cicatricielle entraîne la perte de la fonction des fléchisseurs en soudant la peau. les apo- névroses et les tendons extenseurs; les doigts subluxés peuvent même se retourner et s’appliquer à la face dorsale de la main.
Ces diverses tendances avaient incité Kuttner à distinguer deux variétés: l’une déformante, l’autre mutilante.
Anatomie pathologique. — Remarquons d’abord qu’une coupe qui n’intéresserait que les couches superficielles de la lésion pourrait induire en erreur, car on n’y trouverait que des caractères histologiques analogues à ceux de l’épithélioma ; il faut faire de profondes biopsies si on veut retrouver sur les coupes les îlots et l’infiltration par cellules embryonnaires et les lésions vasculaires caractéristiques.
Donc sur une coupe intéressant toute la hauteur de l'infiltration voici ce que l’on voit:
1° Une couche superficielle papillomateuse simulant l’épithélioma et constituée par des produtfions épidermiques exubérantes, envoyant parfois des prolongements dans le chorion: et le derme. PLU
2° Une couche moyenne de tissu scléreux ;
3° Une couche profonde dans laquelle on retrouve des Ras de lupus avec tous les caractères hystologiques. Le nodule Jupeux subit une sorte de transformation fibreuse; il est envahi par sa périphérie, dissocié par des prolongements plus ou moins fins de tissu fibreux. La sclérose augmente peu à peu; d’ilot ne persiste plus bientôt à l’état embryonnaire que vers le centre, puis il finit par disparaître. Souvent les îlots en voie de transformation
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fibreuse sont réunis les uns aux autres par des masses de - tissu fibreux dont les prolongements les pénètrent. Les vaisseaux des plaques lupeuses présentent égale. ment une tendance remarquable à la selérose de leurs parois.
En somme le lupus seléreux semble n'être histologiquement qu'un lupus tuberculeux dont les nodules subissent la transformation fibreuse.