‹ Sur un Cas de Luxation de la Cinquième Vertèbre Cervicale Avec Section de la Moelle à Ce NiveauChapitre 3 sur 21 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

- ÜBSERVATION PERSONNELLE

(Recueillie dans le service de M. le docteur Massot

Le 25 mai, à 6 heures du soir, entre à l'hôpital Saint-Jean, de Perpignan, dans le service de M. le docteur Massot, le nommé Vassard, lutteur de profession, âgé de 25 ans.

Dans un assaut de lutte et au moment où 1l lenait son adversaire entre les bras pour mieux l’abattre, son pied a glissé el il est tombé par terre à la renverse; mais 1l est tombé en « faisant le pont », c'est-à-dire les pieds et la tête appuyant sur le sol et le reste du corps archouté en quelque sorte sur ces deux points d'appui. En même temps, 1l reçoit tout le poids de son adversaire tombé sur lui. Il essaie péniblement de se relever, cela lui est impossible. Un médecin appelé constate « qu'il a recu un traumatisme grave entre les épaules » el le fait entrer à l'hôpital, sans faire aucune tentative de réduction.

Examen du malade. — À son arrivée, le blessé est en état

de shock ; la perte de connaissance sans être complète, est assez accentuée : il ne répond pas aux questions qu'on lui pose pour établir son état civil ; on le couche avec difficulté ; ces manœuvres provoquent chez lui des manifestations de vive souffrance.

Antécédents héréditaires el personnels nuls.

A l'examen du rachis, nous ne constatons rien d'anormal sur la ligne des apophyses épineuses : son aspect extérieur n'est nullement modifié ; il n’y a ni déformation, n1 déviation, ni encoche. Le malade se plaint d’une douleur siégeant sur la colonne vertébrale, entre les saillies formées par le bord spinal des omoplates et des muscles qui S'y insèrent, au niveau des dernières cervicales environ : à la palpation, cette douleur est plus exquise et mieux localisée ; son maximum d'intensité est au niveau des deux dernières vertèbres du cou.

La paraplégie est complète : impossible au blessé de faire exécuter le moindre mouvement à ses membres inférieurs ; si on soulève la jambe droite ou la jambe gauche, elles retombent l'une et l’autre inertes et flasques.

Le blessé remue facilement les bras et les avant-bras, mais les doigts sont engourdis ; il semble qu'il y ait là un léger degré de parésie.

Les réflexes rolulien el plantaire sont complèlement abolis.

L’anesthésie à la piqûre, sur les membres inférieurs, est absolue : elle est encore complète sur le tronc Jusqu'au niveau d'un plan transversal passant par le troisième espace intercostal environ : au dessus, elle est encore très atténuée.

Température, 37° : pouls, 60, bien frappé.

Suiles. — La nuit qui suit l’accident est agitée ; le blessé ne dort pas.

Le lendemain 26, nous constatons les mêmes phénomènes médullaires : douze ventouses scarifiées sont appliquées le

Dot va :

Page 1