LÉSIONS DES PARTIES MOLLES ENDO-VERTÉBRALES
Les méninges peuvent être absolument respectées, et dans l’immense majorité des cas, on les a trouvées intactes, nous savons d’ailleurs que la dure-mère est très résistante. Une autre raison anatomique explique ce fait : la moelle, avec ses enveloppes ne remplit pas exactement l'intérieur du canal rachidien ; entre la dure-mère et la surface osseuse, se trouve un espace contenant une substance rougeàtre, molle, et de nombreux plexus veineux ; ajoutons que cette disposition est très remarquable à la région cervicale, où, dit Legouest, « le canal rachidien peut être ouvert, sans que la moelle et les méninges soient atteintes ». Mais les méninges paient souvent aussi leur tribut aux traumatismes ; elles éprouvent tantôt une tension considérable, comme dans la luxation en avant ; tantôt une torsion très prononcée, comme dans la luxation articulaire ; elles peuvent être pincées, contusionnées, déchirées partiellement ou totalement ; et dans l’autopsie de notre bless, il nous a été impossible d'en retrouver des traces
au niveau de la lésion.
Nous venons de voir comment les racines nerveuses peuvent être blessées dans leur passage à travers le trou de conjugaison. Étudions les lésions de la moelle.
Dans quelques cas, la moelle ne semble pas avoir beaucoup souffert du déplacement ; qu'on se rappelle le mot de Legouest, cité plus haut, et Fon comprendra qu'avec un déplacement minime, elle puisse échapper à l’action du traumatisme ;-mais ce sont là, il faut bien le dire, des faits absolument exceptionnels. D'ailleurs, y a-telle
échappé complètement ? Etne peut-on pas toujours se
demander, après un traumatisme rachidien, si cette moelle, en apparence saine, à bien conservé toute l'intégrité de ses fonetions ? Quoi qu'il en soit, le névraxe est, en général, plus où moins atteint dans une luxation cervicale. Et dans ce cas, il peul parcourir toute l'échelle des lésions, du simple froissement transitoire à la section complète et au broiement, en passant par les Intermédiaires de compression, d'attrition et de section partielle. [1 peut être dévié, soulevé dans un sens ou dans l’autre, comprimé, ramolli, contus ; il peut être, dans son épaisseur, le siège d'une véritable extravasation sanguine, par rupture des capillaires intra-médullaires, surtout si le blessé est un prédisposé, un artério-scléreux, où un sujet atteint d'artérile syphilitique, par exemple. Dans des eas plus graves, la moelle est sectionnée, enfoncée par une forte pression, écrasée complètement et réduite à quelques fibres, dont la valeur physiologique est plus que problématique. Nous avons vu, dans notre cas, qu'à travers Pespace. laissé libre à gauche par l'entrebaillement des deux vertèbres intéressées, la substance médullaire faisait hernie, sous la forme d’une pulpe rougeatre, résultant du mélange de celte substance et du sang épanché. j
Enfin, à ces lésions propres de la moelle épinière, peu-