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. 2 x Tout d’abord, à des examens successifs, on retrouva très nettement du sang dans les selles.
| Puis les radiographies de tout le tube digestif fu
rent tirées et examinées avec soin.
Les radiographies attestèrent le volume énorme
du foie, qui refoule l’estomac, aplatit l'intestin et gênera l'appréciation des images coliques.
La déglutition æsophagienne fut normale.
Les parois gastriques ne présentèrent aucune irrégularité visible. À
Le duodénum resta invisible. ;
Le côlon, rempli sans difficulté-par le layement baryté, apparut de prime abord normal. Cependant, en étudiant très soigneusement les radios, on fut
frappé par l’aspect flou et déformé de la région C®-.
cale avec un trajet filiforme dessiné par la baryte. Malgré l'évacuation normale, cette déformation pouvait être symptomatique d’une lésion organique. Les radiographies pulmonaires décelèrent en outre un empâtement médiastinal à droite et à gauche
du cœur, traduisant sans doute la présence de gan-
glions.
Pendant une quinzaine de jours, aucune modification ne survint dans le volume du foie. Les douleurs furent peu marquées, mais la fatigabilité resta extrême, la chute de poids devient impressionnante,
ques heures.
- Au huitième j jour de son hospitalisation, le malade pèse 81 kg. 800; au douzième j jour, son poids est de . 79 kg. 800; l’amaigrissement est donc progressif et très rapide (2 kilos en quatre jours). :
Vers la quatrième semaine de son hospitalisation, |
Pile poids se relève un peu, mais cet accroissement est dû à l’œdème des membres inférieurs qui augmente chaque jour, à tel point qe le malade gagne 5 kilos en deux semaines.
Les douleurs sont nettement moins intenses qu’au
début; par contre, un signe nouveau, un peu de tor-
peur, de somnolence.
Le 13 février, subitement, vers È heures du soir,
. le malade accuse une douleur précordiale brutale, atroce, à type d’angor-pectoris. La tension artérielle
s’effondre, le pouls devient incomptable, le facies est impressionnant, anxieux. Les injections de mor-
. phine calment la douleur maïs non l’angoisse, toute - thérapeutique reste vaine, le malade meurt en quel-
L’autopsie révéla un foie énorme pesant 9 k: 200. (Rappelons que ce poids exceptionnel fut bien rarement dépassé; nous n’avons retrouvé dans la littérature que deux autres néoformations hépatiques plus considérables : l’une pesant 12 kilos, l’autre 10 k. 500.) Ce foie est légèrement mamelonné; à la
coupe, une grosse masse blanchâtre du volume d’une tête d’enfant nouveau né en occupe le centre, laissant une mince couche de foie serrée, comprimée sous la coupole diaphragmatique. Le raclage donne un suc abondant et laiteux. k
Plus bas, dans la région cœcale, on trouve une masse de la grosseur du poing, qui obstrue presque totalement la lumière intestinale et donne à la coupe le même aspect.
Sur l’intestir grèle également, en un point voisin du cœcum, on voit un noyau secondaire qui engaine l'intestin. ( |
Dans le médiastin, deux masses ganglionnaires symétriques occupent les pédicules du poumon.
A l’examen histologique, on s’attendait à un épithelioma ou à un sarcome banal. Ce n’était ni l’un ni l’autre. Un reticulum extrêmement fin mais abondant et bien isolable constitue la trame de la tumeur. Dans ce reticulum, apparaissent emprison- : nés dans ses mailles, les éléments Ilymphocytiques, ronds, à peu près tous semblables, avec leur noyau unique arrondi, volumineux, riche en chromatine, entouré d’une infime quantité de protoplasma teinté à peine par les colorants. Il existe quelques lymphoblastes au repos et de nombreuses figures de mitose. Il n’y a pas d’éosinophile, c’est un lymphadénome typique.
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Au niveau de la coupole diaphragmatique au-dessous de la coupole, le tissu hépatique a un aspect lamellaire. Les trabécules sont toutes orientées dans le même sens et s’aplatissent sur la tumeur. Elles montrent quelques banderolles de cellules qui subissent la transformation biliaire et aussi des lacs, des vacuoles nombreuses abondantes, de toutes formes. pleines de sang qui tranchent avec un parenchyme
hépatique d’aspect presque normal.
À cette hémorragie sous-capsulaire, il semble qu’il faille rattacher la violente crise douloureuse épigastrique qui a précédé l’état de collapsus, qui a abouti à la mort en quelques heures. Ce n’est d’ailleurs pas le premier cas où l’on puisse invoquer l’hémorragie sous-capsulaire dans la pathogénie de l’exitus au cours du cancer du foie, comme l’a déjà montré M. le Professeur Loeper. |
En résumé, il s’agit d’un énorme lymphocytome du foie. Lymphocytome, parce que les éléments cel- Iulaires emprisonnées dans les maïlles du reticulum étaient presque uniquement des lymphocytes. Lymphocytome vraïisemblablement secondaire à une tumeur primitivement cœæcale, engainant ultérieurement l'intestin grèle et essaimant du foie vers le médiastin. 3 |
Rappelons ses principaux caractères cliniques :
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TR énorme, elle a sie sans grands au d'insuffisance hépatique, mais avec un gros amai-
grissement, de l'œdème des membres inférieurs, LE s’est terminée brutalement par une mort presque
- subite, qui semble, nous l'avons vu, relever d'une . “hémorragie Sa nd
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Observation Il
(MM. les Professeurs Loeper et Prosut)
À propos du malade précédent, M. le Professeur Loeper nous rappela un cas semblable UE avait déjà observé avec Proust et Forestier.
Il s'agissait d’un homme de 47 ans, bien portant
en apparence, qui vint consulter pour une angine
accompagnée de petits crachements hémorragiques et d’un peu de fièvre. L'évolution assez lente des accidents sans grande réaction générale rendait cette angine assez suspecte, On trouva l’amygdale droite volumineusé, grosse comme une noix. de contour assez régulier, mais de surface inégale tomenteuse, uleéreuse et saignant au contact de l’abaisse-langue. L'examen de la région sous-maxillaire fit percevoir un ganglion un peu dur, mais mobile. Il n°y avait ni ganglions ailleurs, ni grosse rate, et l’on
pensa à un chancre de l’amygdale. L’examen ne devait révéler que la présence de spirilles banales, et la réaction de Bordet-Wasserman fut négative. Par
contre, la biopsie montra un tissu amygdalien au
premier abord normal, mais nettement proliféré et
provoquant même l'érosion de la muqueuse. Au
microscope, des cellules rondes à type de lymphocytes sont riches en caryokynèse. On note de grosses cellules à deux ou trois noyaux, et l’on ne distingue plus les follicules. On pense alors au lymphadénose (l’examen de sang n’ayant pas montré de leucocytose, 7.000 globules blancs, dont 70% de polynucléaires). On fait un traitement radium-thérapique, et la lésion amygdalienne guérit en un mois. Pourtant, le sujet continue de maigrir et son appétit décroît. Exactement six mois après son premier séjour, il revenait dans le service, accusant un peu de ballonnement abdominal et quelques vomissements bilieux le matin. On constate de nouveaux ganglions au creux sus-claviculaire droit, une rate appréciable et un foie dépassant de quatre centimètres le rebord costal, où la palpation perçoit trois où quatre masses inégales et dures.
Un certain nombre d’examens sont alors pratiqués.
Le dosage d’albumine sanguine donnait 84,7.
Le taux de la sérine était de 31,2, celui de la globuline de 43,5.
Le taux des nucléo-albumines de 10,3, c’est-à-dire trois fois plus que normalement.
Le taux de la glycémie se tient aux environs de 0,70. TER
Les rapports azoturiques et azotémiques se montrent respectivement de 73% et de 55%0, c’est-àdire abaïssés l’un et l’autre, et témoignent sans doute d’une amino-acidose élevée. |
Enfin l’acide urique sanguine était de 0,11 cer. ce qui est considérable, et celui des urines de 1,45, ce qui est encore très. élevé.
La mort survint au bout de trois mois dans un
tableau de cachexie progressive avec diarrhée et
fièvre.
A l'autopsie, on trouva un néoplasme du foie
avee un gros nodule majeur du volume d'une orange, accompagné de sept ou huit nodules de la grosseur d’une noix à une mandarine, siégeant en plein parenchyme hépatique et ayant l'aspect indiscutable du lymphadénome. Le reste de lautepsie ne révélait qu'une rate volumineuse mais sans noyau apparent, quelques ganglions pré-pancréatiques et l'absence de noyau pulmonaire. Les ganelions semblaient histologiquement normaux mais les figures de mitose y étaient nombreuses Les