‹ Sur un cas de rupture de pyosalpinx pendant l'accouchementChapitre 12 sur 13 · LIL · texte numérisé non relu

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NS La délivrance avait été très normale et complète et l’utérus était bien revenu. |

Prise sous l’aisselle, la température était de 385 : Je 20 mai au soir cetile température n'’indiquait rien par elle même, silôt après l'accouchement, si la femme n'avait accusé, du côté droit du ventre, une douleur très violente, avec des paroxysmes,.

On pense à des douleurs utérines,à des tranchées et on fait un traitement symptomatique (cataplasmes laudanisés, etc...)

Le 21 au matin la température : 37°5, on fait passer la malade à l'isolement, sans vouloir cependant se résoudre à admettre une infection utérine.

La malade se plaint du côté droit dans la fosse iliaque, elle souffre aussitôt qu’on la touche et cette douleur nous rappelle une hypéresthésie très nette et très bien constatée pendant l'accouchement, quand la main frôlait la paroi abdominale à droite.

On fait tous les diagnostics sans pouvoir s'arrêter à aucun, tant l’idée d'accidents post partum prend de proportions dans l'esprit.

On fait à la malade un lavage vaginal et il s'écoule

un liquide très sale et d'odeur fétide.

A l’examen on aperçoit une plaque de sbhaoèle localisé de la muqueuse sur le pilier postérieur du vagin du voisinage de la fourehette.

Le lavage utérin ramène un liquide à peine souillé sans odeur.

La malade interrogée à fond nous raconte qu'il ÿ

a deux mois, elle avait été blessée à la vulve, parun éclat de vase de nuit en faïence. L

La petite plaie s'était très lentement agrandie, puis enfin s'était guérie.

On mit alors la température au compte de sphacèle vaginal. |

La douleur persistait à droite dans l'abdomen et se révélait à la palpation légère et superficielle comme à la palpation profonde.

La malade nous avoue qu’elle souffrait aussi depuis longtemps et qu'elle perdait en blanc.

La langue est rouge et sèche ; le pouls est à 120.

Le 21 à 2 heures après-midi température : 40°4.

On pense à la scarlatine, à cause d’une ‘légère | angine, de la langue framboisée. | :

Le 22 au matin le thermomètre marque 39°.

État général encore bon, pouls à 495. M. le D: Parelle vérifie avec la curette la cavité utérine et ne ramène aucun résidu placentaire ou membraneux.

Forcé d'admettre une infection vaginale, avec des restrictions, on fait des injections vaginales antiseptiques.

Le 2 au soir température 38°9,/ même état.

Le 23 rien de changé, température du matin 39%, température du soir 387, la diarrhée apparaît.

Le 24 mème état local, la malade souffre moins, la diarrhée est très abondante, fétide, le ventre est légèrement ballonné, les traits sont un peu tirés, la malade vomit tout ce qu’elle prend.

Le 25 température du matin 37°4, au soir 373.

L'état général semble plus mauvais, le pouls bat toujours à 120, les traits sont très tirés, la langue est sèche, la diarrhée s’arrête.

En somme à part le facies et le pouls on peut songer à une évolution normale vers le mieux, mais le 26 au matin, hypothermie. :

La malade est très affaiblie, le pouls très rapide, le facies franchement péritonéal, le ventre ballonné et douloureux partout. ;

La langue est très sèche et couverte de fuliginosités, les extrémités sont froides, les vomissements porracés et la malade meurt la nuit suivante sans avoir perdu conscience de ce qui se passait autour d'elle. | :

Autopsie. — Due à l’obligeance de mon ami M. Apaiw,

interne à l'Hôpital civil de Versailles.

À lPouverture du ventre, un flot de pus s'écoule, jaune, d’odeur nauséabonde, le grand épiploon s’étend partout, ecchymotique adhérant à la paroi antérieure, à l'intestin, à l’utérus.

Après l'avoir détaché de ses adhérences, et après avoir évacué le pus, dans lequel baignent tous les organes de l’abdomen et du petit bassin, on arrive, par une incision latérale de la paroi pour avoir du jour, sur un paquet d’adhérences occupant toute la fosse iliaque droite. Déchirées peu à peu et prudem-

ment on voit s’écouler du pus en grande abondance.

PH

On pense alors à une appendicite, mais l’appendice détaché peu à peu de la masse adhérente, se montre à peine congestionné. Il était attiré, enveloppé dans les adhérences voisines ; au milieu de celles-ci, grosse comme un boudin, la trompe remonte jusque sous le cæcum sur le muscle psoasiliaque. |

À sa partie moyenne, un caillot sanguin obture une déchirure grande comme une pièce de cinquante : centimes d’où s'échappe encore du pus.

La péritonite est due à la rupture d’un pyosalpinx pendant l’accouchement.

L'ostium. uterinum était fermé, l’abcès était clos par-conséquent du côté de l'utérus. | L’ostium abdominale était fermé, la rupture était “entre les deux orifices, la trompe gauche était malade

mais à un moindre degré.

L'enfant, venu au monde bien portant, n’a présenté rien d’anormal par Ja suite, il est actuellement en bonne santé.

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