‹ Sur un cas de syphilis maligneChapitre 8 sur 9 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Quelles conclusions devons-nous tirer de notre modeste

travail ? Certes, nous ne nous dissimulons pas qu’il n’est guère logique de vouloir tirer des conclusions générales d’un cas particulier. Cependant, dans tout le cours de notre étude, nous nous sommes efforcé d’envisager la question à un point de vue général à propos de chaque point particulier, et d’apporter notre faible contingent de preuves à l’appui de faits déjà établis par d’autres. Aussi bien donnons-nous ces conclusions pojur ce qu’elles valent, c’est-à-dire parce qu’elles corroborent dans une certaine mesure les conclusions tirées d’études plus compétentes que la nôtre :

I. — La malignité de la syphilis tertiaire s’explique par l’état de moindre résistance du terrain, et cet état de faiblesse constitutionnelle vis-à-vis de l’infection est causée par plusieurs facteurs: mauvaise hygiène, alcoolisme, paludisme, traitement insuffisant au début de la maladie;

II. — Elle peut encore s’expliquer dans certains cas par la virulence plus grande de l’agent infectieux, et cette suractivité du virus peut être en rapport avec le pays d’origine de la maladie et la race du sujet qui a contaminé (syphilis exotiques).

III. — Le caractère bénin des accidents secondaires n’est une garantie ni contre le tertiarisme ni contre sa malignité, et cette malignité se traduit par la précocité des lésions, leur polymorphisme, leur ténacité remarquable et leurs poussées multiples.

IV. — Le diagnostic des viscéropathies tertiaires est toujours difficile, et dans bien des cas ne peut se baser que sur l’action curative, nette du traitement antisyphilitique.

V. — Il n’est guère de cas absolument désespérés en fait de syphilis tertiaire. Le traitement mercuriel bien conduit peut presque toujours en venir à boul. Les adjuvants du mercure destinés à combattre certains symptômes peuvent être utiles sans être nécessaires. L’iodure de potassium, si souvent efficace, n’est pas toujours indispensable, et doit, dans l’immense majorité des cas, ne passer qu’au second plan.

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