‹ Sur un cas de Tubercule du Cervelet opéréChapitre 12 sur 15 · PONCTION LOMBAIRE · texte numérisé non relu

PONCTION LOMBAIRE

Ce n’est pas dans les cas de tumeurs cérébrales ou cérébelleuses que la ponction lombaire donne toute sa mesure. Elle ne donne de renseignements que dans un nombre restreint de cas. Elle est surtout utile quand il s’agit de diagnostiquer une méningite syphilitique de la base. Maïs en cas.de tumeur, les caractères du liquide céphalo-rachidien n'ont rien de particulier.

La ponction est dangereuse et il vaut mieux s'en passer dès qu’il y a une hypertension crânienne tant soit peu marquée. Dans ce cas, le bulbe a tendance à être repoussé à travers le trou occipital — tendance

2 10 surtout marquée quand la cause de la compression siège dans les fosses cérébelleuses.

Quand on évacue le liquide céphalo-rachidien par une ponction lombaire, on augmente la différence de pression, le bulbe subit une compression subite, et le sujet est exposé aux accidents jes’plus graves.

Des sujets sont morts par asphyxie au cours de la ponction. | ï

D'autres, plus heureux, ont eu une crise bulbaire d’asphyxie et de cyanose, mais ont pu être sauvés par la respiration artificielle et une médication énergique, en particulier, dit Locke, par la réinjection immédiate dans le canal rachidien, de liquide isotonique. Gures eZ

On.a vu des malaldes, non incommodés immédiatement par la ponction, être pris dans les heures qui suivent, de vomissements qui ont persisté plusieurs jours. Enfin, on a pu voir survenir une aggravation définitive des symptômes préexistants.

Il résulte de tout cela que la ponction lombaire ne doit pas être employée comme moyen de recherche de l'hypertension du liquide céphalo-rachidien. Ii suffit, pour s'assurer de cette hypertension, d’un examen du fond d'œil.

Cependant, grâce au manomètre de M. Claude, on peut, sans danger, rechercher la tension du liquide dans le canal rachidien. :

CERVELET ET OREILLE INTERNE. ÉREUVES pu BARANY.

Il était intéressant, chez Yvette S.…., dont nous avons analysé le cas, d'explorer la . des deux labyrinthes.

L'appareil labyrinthique postérieur, ou vestibulaire avec ses canaux semi-circulaires, et avec ses organes à otolithes du saccule et de l’utricule, est pro-

prement l'organe du sens des déplacements corporels et céphaliques, et, ce qui nous intéresse plus en-

core, l'organe du sens statique.

Notre malade n'avait aucun antécédent pathologique auriculaire susceptible d'introduire une cause d'erreur dans l'interprétation des résultats fournis par les épreuves fonctionnelles du labyrinthe.

Ces épreuves ont surtout consisté en irrigation du

conduit auditif externe de chaque côté avec de l’eau à 29°, selon la technique dé Barany (1).

On sait que chez un sujet normal, une pareille irrigation déclanche, entre 4o et 8o cc, un certain nombre de réflexes, dont les plus importants sont :

1° Du nystagmus.

2° Des réactions dites de mouvement, du côté a membres.

3° Une sensation vertigineuse plus ou moins in-

(x) Les examens de Barany ont été faits par notre ami R. Pierre, alors

interne du service de M. Pierre Marie, actuellement interne de M. Sebi-

leau. Il s’est spécialisé depuis longtemps dans les examens du labyrinthe et du cervelet. Il a bien voulu nous communiquer les résultats de ses examens, et approuver notre discussion et nos conclusions, Nous le remercions de tout cœur de son amicale collaboration.

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tense accompagnée d’inclinaison du tronc, et suivie de chute si la provocation du réflexe est prolongée.

Toutes ces déviations : des globes oculaires, des” membres et du tronc, se font vers l'oreille irriguée (1).

Le nystagmus a sa secousse lente dirigée vers l'oreille explorée. Mais il est d'usage de ne considérer que la secousse rapide, dite réactionnelle.

Elle est une correction, d’origine cérébrale, qui a pour effet de reporter le regard dans la direction demandée (le sujet regarde à gauche quand on examine son labyrinthe droit ; la secousse lente — nystagmus d'origine vestibulaire, se fait vers la droite — la secousse rapide vers la gauche).

(x) C'est à dessein que nous écrivons « oreille irriguée » et non pas « oreille excitée », pour ne pas préjuger d'un point délicat de la physiologie vestibulaire.

On enseigne souvent que. l'irrigation froide, à 20° inhibe le labyrinthe, que l'irrigation chaude l'excite. Les réactions décrites vers Hole irriguée seraient celles d’une suppression momentance des fonctions toniques entretenues par les appareils vestibulaires.

En réalité, une des rares données précises de la physiologie vestibulaire, qui repose sur les expériences princeps d'Ewald et de Breuer, et maintes fois répétées, établit que les réflexes recherchés sont commandés par des courants endo-lymphatiques à l’intérieur des canaux semi- Ft — courants qui se font en sens contraire selon que l’on refroidit cu que l’on réchauffe l'oreille. <

Ces courants excitent soit l’un soit l’autre versant des crêtes nerveuses situées dans les ampoules.

Il faudrait donc parler de courants ampullofuges ou ampuilapètes, qui déterminent des réflexes de sens contraire.

Pratiquemet, au cours d'un examen neurologique, il suffit de connaître le sens des déviations provoquées par l'épreuve classique de Ba. rany. Celle épreuve est simple et ses résultats suffisent pour une appréciation approximative des fonctions labyrinthiques et de la synergie fonctionnelle cervelet-Habyrinthe.

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