MÉDECIN DES HOPITAUX
ï Je tiens à remercier spécialement mes - maîtres et amis les docteurs Bout-
tier, chef de clinique des maladies du système nerveux, qui na inspiré Ce
travail et aidé de ses conseils, et de
à Martel qui m'a fait apprécier les avantages d'une technique nouvelle pour la chirurgie du système ner-
veut.
L'étude des tumeurs cérébrales a pris depuis quel-
ques années, dans la clinique neurologique, une
grande importance.
L'attention a été attirée sur elles, et à mesure qu'on les connaît mieux, on se rend compte de leur fréquence.
. L'objectif clinique principal a ‘été d' “able les si-
gnes de localisation. De grands progrès ont été faits sur ce point, et permettent, dans bien des cas, d’arriver à une notion assez précise du siège de la tumeur pour qu'on puisse en tenter l'extraction.
On peut s’aider, en clinique, de différents moyens de laboratoire,ou d'examens de spécialistes. Nous ne parlons pas de l'examen du fond d'œil qui doit toujours être fait, et qu'on pratique systématiquement dans les services de neurologie.
Mais on peut avoir recours à la radiographie, à la ponction lombaire et surtout à l'examen du labyrinthe et des fonctions cérébelleuses par la méthode de Barany. Nous verrons, en détail, ce qu'on peut attendre de chacun de ces examens. Disons tout de suite
‘a grande importance du Barany.
Parallèlement au progrès de la clinique, des améliorations sensibles ont été apportées dans Ta technique opératoire et l'instrumentation chirurgicale.
Les opérations ne se bornent plus à de simples tré-
-panations décompressives. Le chirurgien aborde la
tumeur par des voies actuellement bien établies ; il
reconnaît sa consistance, ses limites, souvent sa na-
ture par un simple examen macroscopique in situ. Il juge, à ce moment seulement, de la possibilité d’énucléation, ou de curettage s’il s’agit d’un kyste, et prend une décision en conséquence. £
Si la décompressive a seule été possible, la tumeur n'étant pas énucléable, il reste encore une méthode thérapeutique à essayer : la radiothérapie profonde, qui tente d'obtenir la destruction de la tumeur.
L'étude des tumeurs cérébrales n'’intéresse pas le seul neurologiste. Le praticien de médecine générale, comme aussi le chirurgien, doivent avoir présentes à l'esprit les formes frustes qu'elles peuvent revêtir. Ils éviteront ainsi parfois une faute lourde. Et cela, tant en pédiatrie qu'en médecine d'adultes ou de vieillards.
Nous avons connaissance du cas suivant : un enfant, en bonne santé jusqu'alors, et ayant eu une croissance normale, fut pris un jour de troubles digestifs caractérisés par des vomissements qui se répétèrent tous les jours et allèrent en s’accentuant. ils furent mis sur le compte d’une appendicite chronique ; le petit maladé, dirigé sur un service de chirur-
gie, fut opéré. L'ablation de l'appendice n’apporta pas d'amélioration et l'on était indécis sur la médication à prescrire lorsque l'enfant se plaignit de troubles de la vue. L’ophtalmologiste consulté trouva des papilles de.stase. L'enfant, adressé à un neurologiste éminent, revint avec le diagnostic de tumeur cérébelleuse. Il présentait un syndrome fruste du trou
déchiré postérieur qui avait passé inaperçu. L'opé-
ration montra l'exactitude du diagnostic neurologique.
Le polymorphisme symptomatologique des tumeurs cérébrales est tel, d’ailleurs, qu’il est parfois impossible aux cliniciens les plus avertis d'en affirmer l'existence. .
C’est le cas, en particulier, pour certaines tumeurs du lobe frontal : la perte de la mémoire, les troubles psychiques, peuvent simuler à s'y méprendre, ceux de la paralysie générale.
Locke rapporte que dans un hôpital d’aliénés, en Amérique, où les autopsies sont faites systématiquement pour tous les sujets, il arrive couramment que l’on trouve des tumeurs du lobe frontal qui ne s'étaient révélées du vivant du malade, que par des signes d’aliénation mentale.
Ces considérations expliquent l'intérêt qu'ont pris les spécialistes en ces dernières années, à l'étude des tumeurs cérébrales.
En France, de nombreux travaux cliniques et anatomo-pathologiques ont vu le jour. Ils portent sur-
tout sur les localisations cérébrales et cérébelleuses. 11 faut citer les travaux de Pierre Marie, de Babinski et de leurs élèves. On ne peut passer sous silence les
“beaux ouvrages d'André Thomas, l’un sur les locali- sations cérébelleuses, l'autre, plus récent, sur les blessures du cervelet. |
L'ensemble de la question est mise à jour dans le.
livre de Christiansen sur les tumeurs du cerveau. Et enfin, tout récemment, la thèse de Locke, élève de Gushing, thèse présentée à la Faculté de Bruxelles, apporte une contribution portant sur plusieurs centaines d'observations.
Parmi les travaux étrangers, le gros effort a été
“fait au point de vue chirurgical. Horsley, il ya déjà une vingtaine d'années, par ses publications et sa technique opératoire, avait ouvert la voie vers des méthodes nouvelles.
Mais surtout Cushing, en Amérique, en règlant la .- technfque des opérations décompressives, en imaginant une voie d’abord facile pour les tumeurs de la pituitaire, en perfectionnant surtout le mode d’attaque des tumeurs du cervelet et de l'angle ponto-cérébelleux, à rendu en ces dernières années, les plus signalés services. Ses élèves, Bailey, Locke, poursuivant leurs recherches sous son impulsion, ont fourni une part importante des travaux récents.
En France, au point de vue de la chirurgie du Sysième nerveux encéphalique, un si progrès a été réalisé aussi,