RER
De Martel.a créé une instrumentation entièrement
nouvelle, qui donne de grandes facilités opératoires, et une sécurité très supérieure à celle de Doyen. Son trépan, actionné mécaniquement ou électri-
quement, permet en quelques secondes de limiter
un volet osseux parfaitement régulier.
Mais surtout nous lui sommes redevables d’une technique rigoureuse qui permet la chirurgie du crâne à l’anesthésie régionale, le sujet étant opéré as-
sis, Ce-qui diminue d'autant les risques d’hémorragie
au cours de l’opération.
C’est là, à notre avis, le grand .progrès actuel en chirurgie crânienne, qui se traduit par une diminution notable des risques opératoires.
Ces diverses considérations nous ont incité à choi-
-sir, pour la rapporter ici, une observation que nous
avons eu la chance d’avoir très complète, grâce à = D
Vamabilité jamais en défaut du docteur Bouttier,
chef de clinique du service du professeur Pierre Marie à la Salpétrière.
Cette observation comprend l'examen neurologique, très complet, d’une malade, fait sous la haute direction du professeur Pierre Marie.
L'opération a été faite par M. de Martel. Ele s’est
effectuée dans les conditions les plus typiques, per-
mettant d'aborder et d'extraire une très volumineuse tumeur du cervelet. Elle a eu des suités opératoires
bénignes.
— LA —— je =
Enfin, nous avons pu faire, grâce aux conseils de notre ami Ivan Bertrand, chef de laboratoire à la | clinique des maladies nerveuses, un examen histologique très complet.
À propos de l'examen clinique, comme à propos de la technique opératoire et de l'examen histologique, nous désirons attirer l'attention sur différents points intéressants, qui ont trouvé leur, réalisation dans ce.cas, et qui méritent de ne pas passer inaperçus. :
Ainsi donc, après avoir cité l'observation telle qu'elle a été rapportée par les D Bouttier et de Martel à la Société de Neurologie (séance du 4 mai 1922), nous ferons une brève discussion des, signes cliniques, de la technique opératoire moderne, et nous donnerons une analyse plus détaillée de l'examen analomique, qui n'avait pas été publié. Cela nous permelira de conclure par quelques mots résumant la conception actuelle de la question des tumeurs du cervelet.
L'étude clinique de la maladie, quoique il s'agisse d’un tuberculome, se présente absolument comme celle d'une véritable tumeur, au sens biologique du terme. Elle montre certaines particularités et met en relief la valeur des troubles statiques comme indicateurs d'une lésion centrale.
Voici l'observation (résumée).
OBSERVATION (résurmée)
Yvette S..., ro ans.
Entre, au môis d'octobre 1921, dans le service du professeur Pierre Marié pour des troubles de l'équilibre à évolution progressive, et qui rendent la marche de plus en plus difficile.
Début des accidents en mai 1921. Céphalée peu intense, surtout matutinale, vomissements quotidiens, survenant fréquemment après le repas de midi : apparition de troubles de l'équilibre, la petite malade se plaignant &e marcher « comme une personne ivre ». Aucun trouble visuel ; pas de fièvre
à cette époque ; état général bon.
No1is avons examiné la petite malade à partir du 15 octobre 1921, et de cette date au 7 janvier 1922, les examens pratiqués en présence de notre maître M. le Professeur Pierre Marie, qui a bien voulu nous aider de ses conseils, ont donné les résultats suivants :
Démarche très nettement cérébelleuse, oscillations dans la station debout, non modifiées par l’occlusion des yeux : la malade résiste bien aux pulsions latérales, pas du tout aux pulsions faites dans le sens antéro-postérieur ; la chute dans cet-
te épreuve des pulsions, se produit toujours en arrière. Il exis-
te un certain degré d’asynergie des muscles du tronc. Les =) % = : ;
épreuves cérébelleuses de M. Babinski mettent en évidence une dysmétrie très légère et très vite corrigée à droite (doigt sur ÿ : £ 8 8
le nez, talon sur le genou). On note aussi du même côté un peu d’adiadacocinésie et une tendance à l'attitude cataleptique du membre inférieur droit. Mais il convient de noter que
ces troubles sont peu marqués et qu’il faut les rechercher
avec, beaucoup de soins pour les mettre en évidence.
L'étude comparée de l’hypotonie d’un côté à l’autre du corps donne des renseignements intéressants. Les épreuves de passivité montrent que le balancement du membre supérieur est nettement. plus prolongé à droite qu'à gauche. Enfin, le ré-
flexe rotulien est « Épondilire. » à droite suivant l'e expression.
se M. André Thomas. rh ER RE ET
ÉPa force musculaire segmentaire est ‘légèrement dimin ie à A les réflexes tendineux sont un, peu DR che qu'à droite, Pas d'extension de Jorteil.
: sensitif, aucune atteinte paralytique des. paires ee > 1er
réflexes cornéens sont normaux. Nous n’avons noté pendant |
RS
à la période de trois mois qu'a duré notre observation de la ma-
| lade, aucun signe clinique de compression cérébrale : pas de.
céphalée, pas de. vomissements, pas de ralentissement du. =
pouls, aucun déficit de. l'acuité visuelle. L'état déni de Ja
petite malade est bon. Pas d'amaigrissement. RE
L'examen ophtalmologique a donné les résultats aie >
(D Monthus). : OEdème de la papille du côté gauche, avec Jé- gère surélévation de la papille et un début de stase du côté Le droit. L'acuité visuelle reste normale, et le champ visuel ne Re
x Re:
* HART présente pas de modifications en ce moment. ARE ee 1e
On fait le diagnostic de tumeur du cervelet inféressant a. région du vermis, peut-être le lobe droit, et comprimant s sans ie doute la partie droite de la protubérance. LENS
Intervention le 11 janvier 1922: |
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