CHAPITRE IV
Déductions tirées des observations précédentes et en particulier de l'observation I. (Pathogénie des kystes de l'ovaire ; discussion sur la parthénogénèse).
De l’observation I nous croyons pouvoir déduire Îles faits suivants :
A.— Il s’agit d’un ovaire surnuméraire puisque la présence des deux ovaires a été constatée au cours de l’intervention, que le siège de la tumeur était nettement intraligamentaire, et que l’examen histologique nous montre du üssu ovarien, avec prédominance d'éléments embryonnaires.
B.—Iya M téauan désordonnée de l’épithélium
- des tubes de Pflüger, ayant constitué un néoplasme que
nous rangeons dans les tumeurs épithéliales.
C. — Une étape de plus dans la prolifération pflügerrienne, nous montre au centre de la tumeur des kystes colloïdes papillaires encore peu volumineux, mais qui se seraient sans doute accrus sans l’intervention chirurgicale.
D: — Il existe un kyste dermoïde développé dans la partie inférieure de la tumeur.
Æ£. — Il faut noter la cencomitance de fibromes uté-
rins.
Reprenons chacun de ces points en particulier.
À. — Sur la constatation de l'existence d’un ovaire surnuméraire, nous dirons peu de chose. Nous n’insiste- TOnS pas sur son inclusion intraligamentaire que lembryologie nous Permet de comprendre facilement.
Faisons remarquer, qu'on les oublie trop dans Pétiologie des tumeurs intraligamentaires, et qu’étant donné le manque ordinaire d'examen histologique, il est probable que bien des kystes dermoïdes décrits comme intraligamentaires autochtones et sans connexions avec lovaire, reconnaissent comme point de départ un ovaire surnu-
méraire, À
B. — La prolifération pflügerrienne est intéréssante en ce sens que l’on peut suivre Pas à pas la filiation de Ja néoplasie maligne, depuis le tube de Pflüger et le follicule jusqu'aux masses épithéliales compactes. Celà est surtout net dans les Observations I et IV.
Or comme les ovules étant en régression ou même complètement atrophiés, ne sont pas intervenus dans la néoformation, il s’ensuit que la tumeur dérive complète-
ment des petites cellules du tube de Pflüger.
C. — Et l’évolution continuant, les cellules épithéliales contenues dans le tube de Pflüger deviennent vésiculeuses,
des vides se forment : des kystes colloïdes se constituent.
1. Meckel. Æandbuch der pathol. Analomie, Leipsig, 1812, p. 658.