‹ Sur un cas de tumeur mixte épithéliale et dermoïde incluse dans le ligament largeChapitre 25 sur 32 · Moore. Trans. of the Pathol. Soc. P. XVIII · texte numérisé non relu

Moore. Trans. of the Pathol. Soc. P. XVIII

2. Masse de Bordeaux, ( Congrès français de chirurgie 1885) ayant greffé des lambeaux épidermiques sur le péritoine, vit au bout de quelques mois, se produire une tumeur rappelant assez bien un

kyste dermoïde par enclavement.

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Pflüger . Les kystes dermoïdes et mucoïdes seraient donc

le résultat de la même réaction contre une cause incon-

nue, des différents éléments d’un même tissu : prolifération des petites cellules pfliigerriennes et des follicules primordiaux d’une part ; segmentation d’un ovule primordial, d’autre part.

11 ne nous paraît pas non plus rationnel d’opposer à la parthénogénèse cet argument que « rien dans l’évolution des kystes dermoïdes ni dans les phénomènes que leur présence peut déterminer, ne rappelle l’accroissement défini, ni l’influence à distance sur l’organisme maternel, que possèdent les embryons en voie de développement ».

Même en admettant la parthénogénèse dans toute sa pureté, on ne peut comparer à un fœtus nettement différentié, ce résultat de la segmentation ovulaire qui ne constituera

jamais un nouvel organisme vivant de son individualité propre.

11 ne s’agit pas d’une seconde génération ; l’ovule non fécondé ne se développera pas avec cette harmonie, cette solidarité, cette perfection atavique des rapports réciproques que présentent les cellules de cette nouvelle entité vitale représentée par l’union des chromatines mâle et femelle.

Le kyste dermoïde ne contient que les matériaux servant à fabriquer un embryon : c’est l’étoffe qui n’est pas encore passée par les mains du tailleur. A ces éléments il manque cette force de groupement, d’orientation, inconnue dans son essence, qui préside à la formation d’un nouvel être, ce qu’un médecin spiritualiste appellerait :

I âme, et pour la manifestation de laquelle, la présence de 1 élément mâle semble indispensable .

Un véritable fossé sépare l’ovule, simple cellule maternelle qui a proliféré dans le sens de kyste dermoïde, et 1 ovule fécondé qui ne fait plus partie des tissus de la mère, et qui a subi des modifications profondes dans ses groupements moléculaires.

Ces donc la même force évolutive qui anime le kyste dermoide et son porteur. Pas plus que pour une tumeur quelconque, il ne faut chercher l’analogue de cette sympathie, d’ordre chimique, ou nerveux, ou autre peut-être, qui existe entre l’organisme maternel et l’utérus gravide.

Nous avons au cours de cette discussion, suffisamment fait comprendre quelle conception nous nous faisons, des kystes dermoïdes ovariens.

Nous les comprenons comme le résultat d’une atteinte néoplasique de l’ovule primordial, ayant frappé cette cellule au moment où elle est encore aséxuée et l’entraînant à se segmenter follement, sans ordre, sans but. Ceci nous permet de comprendre, entre autres points particuliers, les kystes dermoïdes du testicule. II est peut-être plus simple d’admettre la persistance d’un ovule primordial, fait reconnu matériellement, que l’hermaphrodisme de la glande. N’est-il pas aussi plus rationnel de prendre comme point de départ de la prolifération pathologique, une cellule neutre , qui n’a pas encore subi cette modification de nature indécise qui en fera un ovule femelle^

ou 1 amènera à l’atrophie, devant l’ovule secondaire mâle ?

L’ovule primordial, n'est pas comme l’ovule femelle diminué de la majeure partie de sa chromatine en vue d’un rôle spécial que ce dernier ne sera apte à remplir que s’il est complété, secondé, par le spermatozoïde.

Sans le secours de ce complément nucléaire, l’ovule femelle, cellule tronquée, n’est plus borné qu’à un semblant de segmentation qui aboutira à la dégénérescence graisseuse.

Faut-il faire intervenir comme cause de la prolifération ovulaire, ce quelque choseque nous ne comprenons pas... l’atavisme... mémoire cellulaire qui se manifesterait malgré l’énorme distance séparant l’échelon humain, des étages inférieurs qui se reproduisent encore par parthénogénèse?

Ou faut-il considérer le processus pathologique que nous dénommons parthénogénèse, comme l’expression de la réaction d’une cellule spéciale, l’ovule, contre une cause morbide ? En effet, l’ovule ne peut proliférer comme une autre cellule quelconque, puisqu’il n’est pas destiné à fournir par multiplication des cellules identiques à luimême. 11 ne peut fournir une masse néoplasique identique à lui-même, telle que le lipome pour la cellule graisseuse ou le fibrome pour la cellule musculaire : il donne un kyste dermoïde.

E. Il nous reste un dernier point à faire ressortir: c’est la concomitance de fibromes utérine, que nous remarquons dans l’observation 1.

1. S. Pozzi. Traité de gynécologie clinique et opératoire , 3# édit, p. 283.

Pozzi a déjà vu (1) que les kystes para-ovariens sont souvent associés à des fibromes utérins. Peut-être la perturbation nutritive occasionnée par l’évolution fibreuse joue-t-elle un certain rôle dans la formation kystique, et des ovules en puissance de segmentation (qu’on nous pardonne cette expression) auraient-ils éternellement sommeillé au sein des tissus sans cette cause occasionnelle. On comprend, en tous cas, que les troubles congestifs entretenus par un utérus fibromateux puissent amener 1 exubérance d’un kyste de petit volume.

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