‹ Sur un Essai d'emploi des vapeurs d'iodeChapitre 4 sur 12 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Pour oblenir Fiode à Fétai naissant, deux procédés peuvent êlre employés ; ils reviennent tous deux à dé-. gagcr l’iode d'un de ses composés, on ÿ parvientsoit par simple réaclion chimique, soil en faisant agir la chaleur sur certains dérivés organiques. |

Le premier de ces deux procédés que j'appellérai le procédé par voie humide est celui employé par Paul Laurens qui déplace liode d’un iodure en faisant agir sur lui l’eau oxygénée. (Les iodures sont en effet décomposés par les peroxydes en général, et par l’eau oxygénée en particulier avec dégagement d’iode).

Pratiquement, Paul Laurens fait des instillations ou des pulvérisations avec une solution d’iodure de sodium à 30 pour 100 qu'il fait suivre immédiatement d’une insüllation ou pulvérisalion d'eau oxygénée à 12 volumes, Il obtient ainsi de l’iode naissant, il emploie ce procédé thérapeulique dans les oliles chroniques suppurées ai-

guës au déclin, les rhinites purulentes tenacés, l'ozène,

A Se

les sinusites maxillaires, l'amygdalite lacunaire, la pharyngite chronique.

Le sujet peutlui-même pratiquer ce traitement chez lui, el il est avantageux pour les malades qui ne peuvent se déplacer pour voir le médecin. Mais ée procédé par voie humide est un procédé lent, les quantités d’iode naissant mises en liberté par celte décomposition sont en effet assez faibles ; de plus elles sont dissoutes par la solution d'iodure 1'e potassium en excès. Celle mélhode correspond à des indications précises, cas où l'on veut agir par voie humide, cas où lon veul agir assez lentement. |

À d'autres indications correspond le procédé où lon oblient l'iode naissant au moyen de la décomposilion par la chaleur d'un composé organique iodé. Encore fautil faire une distinclion et ne pas considérer comme fournissant des vapeurs d'iode naissant, les procédés où l'on emploie comme source de vapeurs d'iode, Fiode mélallique lui-même, C. J. Kœnig en effet emploie un courant d'air chaud qui se charge de vapeurs d'iode en passant sur une paidre à base d'iode pur.

Le mélange généraleur employé par CG. J. Kænig se compose de menthol, camphre, iode métalloïde, en proportions délerminées, avec comme excipient la poudre de tale pour maintenir le mélange pulvérulent. Cette poudre enfermée entre deux couches de coton hydrophyle ésL,introduile dans une sphère métallique creuse composée de deux hémisphères se vissant lun sur l'autre.

L'air chaud produit soit par l'appareil de Lermoyez

et Mahu soit par lout autre procédé, se charge de vapeurs d'iode que C. J: Kœnig utilise en insufflations dans la caisse après calhé lérisme de la trompe d'Eustache ‘avec une sonde d'Itard ou encore directement par le conduit auditif externe quand le tympan est perforé

C: J. Kœnig se sert de vapeurs d’iode ainsi obtenues dans certaines suppurations chroniques de l'oreille et dans l’otile scléreuse. £

Enlin le lroisième procédé, celui qui fait l’objet de ce travail, consiste à oblenir des vapeurs d'iode naissant en décomposant des dérivés iodés organiques par Ja chaleur. :

La première application des vapeurs d'iode naissant à la thérapeutique semble revenir à Félizet pour la chirurgie générale et à Delie pour la thérapeutique otologique,

Félizel saupoudrait les plaies de poudre d’iodoforme, et provoquail la formation de vapeurs iodées en le décomposant au moyen d'un chalumeau, cette technique fort douloureuse resta à d'état d'essais et ne fut pas adoptée.

En 1888, au Congrès d'otologie de Bruxelles, Dehe (d’Ypres, Belgique) exposait l'emploi des vapeurs d’iodoforme, obtenues en chauffant ce corps dans un tube de verre muni d'une poire à insufflation. Delie trailait ainsi les affections tubaires (calarrhe subaigu et chronique) et les affections de l'oreille moyenné (catarrhe chronique, otorrhée chronique.” ER

Delstanche fit remarquer que les vapeurs dégagées

devaient être conslituées par de l'iode el non de l'iodo-.

forme. (Nous verrons que la vérilé comme il arrive souvent élail entre les deux opinions.

En 1908, au XXIe congrès de la société italienne de chirurgie au cours d’une discussion sur la thérapeutique de la tuberculose chirurgicale, Virnicchi exposa les grandes lignes de l'emploi des vapeurs d'iode obtenues avec des composés iodés, mais il ne donne aucun détail ni sur le composé iodé qu'il emploie, ni sur la façon d'utiliser ces vapeurs. |

Jungengel (de Bamberg) fit en 1910 et 1911 deux com-

/ municalions sur la désinfection des champs opératoires, au moyen des vapeurs d'iode qu'il oblenait comme C.-J. Kœnig, par le passage d'un courant d'air chaud sur de l'iode mélalloïdique, Jungengel fit d'ailleurs construire un appareil électriqüe pour l’utilisalion de son procédé, ses essais restèrent assez limités et nous n'en connaissons pas les résultats.

Tous ces travaux élaient sinon Lombés dans l'oubli, du, moins inconnus de la grande majorité du monde médical,quand en 1910 et 1911, notre maitre, le docteur

. P. Louge, chirurgien des hôpitaux de Marseille, reprit la question sous un jour nouveau el créa celle nouvelle méthode thérapeutique connue maintenant sous le nom d'Enfumage Todé.

C'est encore liodoforme qui est le corps générateur d'iode ; un tampon de coton imprégné de poudre d'iodoforme est allumé, il brûle lentement en produisant aussitôt, en grande abondance, de belles vapeurs violettes

d’iode naissant ; M. Louge emploie ces-vapeurs violeltes

Te RES

en thérapeutique locale, comme révulsif, anti-phlogistique, fondant, modificateur des tissus, désinfectant,cicatrisant, désodorisant, calmant. Notre maître, le professeur H. Reynès, chirurgien des hôpitaux de Marseille, continuant les essais de M: Louge, emploie également

les vapeurs d’iode dans sa pratique chirurgicale hospitalière. : | |

Composition des vapeurs Corps à employer pour les obtenir

De quoi sont composées ces vapeurs violettes, est-ce

de liodoforme, comme le pensait Delie d'Ypres, est-ce

de l’iode pur comme le croyait Delstanche : nous trou-

vons dans les ouvrages de chimie spéciaux le rensei-

gnement suivant : l'iodoforme. (GH 1) chauffé entre en fusion vers 115 ou 120° en se vaporisant en partie sans s’altérer, tandis qu'une autre portion se décompose en donnant du gaz iodhydrique (HI) et des vapeurs d'iode, il reste du charbon pour résidu.

Ainsi donc, vapeurs d'iode, vapeurs d’iodoforme, acide iodhydrique, tels sont les principes constitutifs de ces vapeurs ; principes tous trois d’une grande valeur anliseptique el résolutive. Le dernier st ul, l'scice icdliydrique présente un inconvénient : il est légèrement douloureux, c’est ce corps caustique qui exislerait dans les vieilles teintures d'iode conservées à l'abri de Ja lumière et leur communiquerait des propriétés irritantes. Mais la quantité d'acide iodydrique ainsi formée est insignifiante, car si l'iode constitue les 97 o/o de l’iodoforme, l'hydrogène n'entre que pour 1/394 dans sa composition encore n'est pas sûr que tout l'hydrogène contenu dans l’iodoforme se transforme en acide iodhydrique par com-

binaison avec l'iode.

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