‹ Sur un Essai d'emploi des vapeurs d'iodeChapitre 5 sur 12 · FO EE · texte numérisé non relu

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L'expérience nous a d'ailleurs montré que l'applicaion des vapeurs élait presque indolore. Il n'est done pas ulile de chercher à ‘obtenir les vapeurs d'iode au moyen d'autres composés, nous avons néanmoins e6ssayé le diiodoforme et le vioforme (lodchloroxyquinoléine.) |

Le diiodoforme (C? 14 {étraiodéthène) nous présentait l'avantage de ne pas contenir d'hydrogène dans sa formule de constitution el par conséquent de n'avoir aucun des inconvénients de l'iodoforme, mais en revanche il donne très peu de vapeurs d'iode, il n'est pas en effet décomposable par la chaleur et si pratiquement en le chauffant on obtient un léger dégagement de vapeurs violettes, c'est que le diodoforme se décompose lentement sous l’action de la lumière, le chauffage ne fait donc que réduire à l'état de vapeurs les petites quanlilés d'iode pur que contient à la longue le diodoforme. Chose bizarre el en contradielion avec nos prévisions c'est en nous servant de diiodoforme que nous avons eu le-plus souvent des douleurs ; d’ailleurs les divers échantillons d'iodoforme que nous avons employés présentaient des différences considérables à ce point de vue; avec le vioforme également, peu de vapeurs el nécessilé de chauffer assez fortement.

De plus ces divers produits $ont assez chers et ne se trouvent pas Ur: C'est donc l'iodoforme que nous

em ployons couramment.

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Technique de l'application des vapeurs d’iode

Il résulte, comme nous l'avons montré, de nos essais que l'iodoforme est le composé iodé le plus pratique pour Foblenlion de vapeurs d’iode naissant.

. Comment allons nous procéder pour les utiliser thérapeuliquement.

ne faut pas songer en effet à employer les tampons

ou les touffes de coton hydrophile employés par notre

maitre le docteur Louge, ces moyens qui sont parfaits ”

pour l'enfumage de larges surfaces où de grandes cavités ne peuvent êlre utilisés en olo-rhino-laryngologie où il faut porter les lopiques au fond de cavités dont lorifice est étroit.

De plus nous n'avons pas besoin en olo-rhino-laryngologie de grandes quantités de vapeurs d'iode qui pourraient se répandre dans la salle, irriter les muqueuses et abimer plus où moins le nikel des instruments ; il Ya donc avantage à produire les vapeurs en vase clos, el à

les diriger ensuile sur la partie malade. D'où ? parties

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dans tout appareil : un générateur de vapeurs et une tubulure de forme variable suivant la partie à trailer.

L'appareil le plus simple est celui dont se servait Delie (d'Ypres); un simple tube de verre effilé à une extrémité el muni d'une poire en caoutchouc à l'autre : cet appareil s'il était très simple présentait de multiples inconvénients, tout d'abord difficile à garnir de poudre d'iodoforme, ensuite la poire étant fixée à l'appareil il obéissail aux pressions exercées sur celle-ci et

était peu fixe, d'un maniement peu commode, enfin le. courant d'air chassé par la poire emportait avee lui

non seulement les vapeurs d’iode, mais l'iodoforme non

encore décomposé.

I est préférable d'employer un tout petit ballon à deux tubulures dans lequel on chauffe l'iodoforme; une de ces tubulures s'adapte à l'embout d'une soufflerie à ressort, l’autre tubulure etfilée est de forme et de longueurs variables avec l'organe à atteindre. Une ouver-

ture latérale permet d'introduire l'iodoforme dans 16 ballon. Ces petits appareils peuvent êlre construits par tous les souffleurs de verre

Nous avons fait faire ainsi divers modèles qui permellent d’insuffler des vapeurs d'iode dans te conduit auditif (Lube droit), dans l’altique à travers une perforation du tympan (le Lube a la forme et les dimensions d’une canule de Hartmann), dans les-sinus maxillaires (tubes recourbés à droite ou à gauche). Enfin un modèle permel d'adapter le tube à une sonde d'Itard pour Le

tiques des insufflations dans la trompe d'Eustache ou à

une chemise de Trocard pour le sinus maxillaire. D’autres modèles plus robustes servent aux insuffta-

{ions dans le cavum par la voie buccale.

Indications et contre indications

de l’emploi des vapeurs d’iode, leur action

Les'indications de l'emploi des vapeurs d'iode dérivent de leurs propriétés antiseptiques, cicatrisantes el résolutives.

Nous emploierons donc les vapeurs d'iode dans toutes les suppurations et particulièrement dans les suppuralions chroniques, car les propriétés révulsives de l'iode peuvent donner un coup de fouet aux inflammations aiguës.

Dans les otites chroniques avec otorrhée: persistante, l'iode agit non seulement dans les cas où la muqueuse de la caisse seule est l origine de la suppuration (hyperplasie) mais aussi dans les cas où il y a des points d'ostéile, des osselets ou des parois de la caisse, notamment dans les olites moyennes, chroniques, tuberculeuses.

A ces casil faut joindre les suppurations résultant de la périostile des parois du conduit auditif externe.

Les rhinites purulentes sont encore justiciables du

traitement iodé ainsi que leurs complications. Toutes

DES les sinusites, frontales, maxillaires et sphénoïdales peuvent également être traitées par les vapeurs d'iode.

Enfin n'oublions pas que les vapeurs iodées ont été employées autrefois pour le traitement de la tuberculose pulmonaire ; sans aller jusqu'à vouloir revenir à celle thérapeutique qui n'est d’ailleurs pas du domaine de lolo-rhino-laryngologie, nous croyons qu'il serait intéressant de cautériser les ulcérations laryngées lubereuleuses, au moyen des vapeurs 1odées qui joindraient ainsi leur aclion spécifique à leur action caulérisante et cicatrisante.

Les contre-indicalions sont peu nombreuses el se réduisent à la règle suivante : ne pas pratiquer d'insufflalions iodées sur des issus alleints d'inflammations

aiguë ou de congeslion.

L'action de l’iode en vapeur en thérapeutique oto-

rhino-laryngologique peut se grouper sous lrois chefs

principaux.

1° L'iode agit sur les éléments pathogènes qui sont l'origine de l'infection et qui entretiennent Ta suppura- Uion, la plupart des agents microbiens sont représentés dans les cavilés otiques, nasale ou buccale, c’est le rôle antiseptique et désinfectant des vapeurs d'iode.

2° L'iode agit sur lés éléments analomiques des parois, rôle révulsif, antiphlogistique el de modification des lissus.

3° L'iode délermine enfin un afflux leucocytaire abondant (surloutconslilué par des mononucléaires) qui vient se joindre à l'action antiseptique de l'iode pour lutter

contre les microbes pyogènes.

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‘Cet ensemble d'actions amène tout d’abord une re- -crudescence dans la suppuration ; l’afflux leucocytaire balaie pour ainsi dire le point infecté, aussi le lendemain et les jours suivants l'écoulement purulent diminue de plus en plus et dont les cas favorables, finit par se tarir complètement.

Les vapeurs d'iode désodorisent rapidement l'écoulement ; nous avons pu observer deux malades atteint Jun d'une otorrhée chronique très fétide et l’autre d’un -cholesteatome à odeur repoussante qui sont l’un el l’autre très notablement améliorés, par l'emploi des vapeurs d'iode, c’est un avantage remarquable de la méthode. ,

Enfin après avoir diminué et arrêté la suppuralion l'iode modifie les tissus en agissant sur les éléments anatomiques ; le catarrhe du cavum disparaît ; la mu- -queuse des parois de la caisse s'assèche, les perforations Lympaniques tendent vers la cicatrisation.

Il est bien évident que les vapeurs d’iode ne conslituent pas un traitement exclusif et que leur emploi peut-très bien s'associer aux autres moyens lhéra-

peuliques dont nous faisons journellement usage.

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