‹ Sur un Essai d'emploi des vapeurs d'iodeChapitre 6 sur 12 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (personnelle)

Polype, olorrhée dalant de dix ans. Guérison:

GC... Gaëtan, âgé de 29 ans, cordonnier. Vient consulter le 16

Janvier 1912 pour troubles auditifs de l'oreille droite ; à l'examen

au Spéculum on aperçoit un gros polype occupant la plus grande partie du conduit auditif externe.

Le malade, dont l'état général est: excellent, se souvient qu'à

l'âge de 19 ans, à la suite d’un rhume de cerveau qui avait duré

assez longtemps, son oreille s'est misé à couler, il ne s'est pas

. inquiété de cet écoulement qui ne le gênait guère; il est resté

dans cet état pendant dix ans avec des périodes où l'écoulement était insignifiant et d'autres au contraire où il était très abondant.

Peu à peu le malade s'aperçut que l'audition diminuait du côté malade et en mème temps apparaissaient des bourdonnements, c'est ce qui décide le malade à venir se faire soigner : à ce moment l'écoulement est peu abondant.

Le conduit auditif ayant été aseptisé avec une solution glycérinée d'acide phénique, nous procédons à l'ablation du polype à l’anse de crin de Florence ; un gros polype est ainsi extrait

plusieurs autres de dimensions plus fables sont enlevés à la

curette. Après avoir nettoyé le conduit auditif soigneusement, nous procédons à l'examen de la membrane tympanique, elle présente une perforation arrondie de 2"» de diamètre environ située dans le segment postéro inférieur à l'extrémité du manche du marteau ; à travers la perforation-on aperçoit la paroi interne de la caisse recouverte d'une muqueuse rouge, gonflée irrégulière. = |

Nous prescrivons au malade une pommade antiseptique pour son nez, il pratique dans son oreille des instillations à l'al-

cool boriqué salicylé pendant 15 jours environ : l'écoulement purulent ne disparait pas.

Le 5 février, nous procédons à un nettoyage minutieux du fond de l'oreille, puis à une insufflation de vapeurs d’iode (obtenues avec du diodoforme) à travers la perforation tympanique. Le malade souffre un peu dans l'après-midi ‘jusqu'à 6 heures du soir environ ; la nuit est très calme; le lendemain, l'otorrhée est excessivement abondante et persiste ainsi loute la journée et la nuit suivante puis diminue rapidement : nous faisons aû malade des pansements secs avec des mèches de gaze aseptique.

Le 10 février. — L'otorrée a beaucoup diminué, nous pratiquons encore 3 insufflations à une semaine d'intervalle (toujours avec des vapeurs provenant de diiodoforme) la douleur moins forte ne dure que deux heures après l'insufflation. Chaque fois l'oltorrhée augmente un peu mais pour diminuer de plus en plus les jours suivants, nous faisons toujours des pansements aseptiques secs ; la dernière insufflation n'amène pas d’augmentation dans l'otorrhée au contraire, le lendemain, 16 mars, l'oreille est presque sèche, la perforation tympanique seule laisse voir un très léger exhudat, la mèche de gaze que nous avons relirée est sèche. =

Nous revoyons le malade le 23 mars. LA gaze que | nous avons mise huit jours avant est intacte, la perforation tympanique laisse voir le fond de la caisse rosé et lisse ; le malade entend parfaitement bien.

Dos

es È Résullats. — Nous avons depuis revu ce malade 3 fois. L'otorrhée a définitivement disparu est l'audition est devenue presque

égale à cetle de l'oreille saine.

OBSERVAFION IT : \

(Due à l'obligeance de M. P. NreL)

Otorrhée double datant de 20 ans. Guérison

Mile Germaine M..., 26 ans, se présente à la consultation de Ja clinique en avril 1910 pour un écoulement des deux oreilles dont le début remonte à Ia première enfance.

Cette otorrhée double, intermittente el peu abondante n'ayant jamais été douloureuse inquiélait peu la malade qui se contentait de faire quelques lavages de proprelé à l'eau boriquée. Mais depuis un mois ou deux, la(surdité augmentant et Ia sup-

-puration étant quelquefois teinte de sang du côté droit, celle Jeune fille se ‘décide à consulter un spécialiste. A droile après un nettoyage minutieux du conduit on constale

une large perforation du tympan, bourgeons charnus polypi-

formes qui après curettage permettent de trouver des signes d'ostéile des osselets. Audition diminuée.

FA gauche, le tympan est également détruit, Ia muqueuse de la caisse qui a une teinte blanc jaunâtre est recouverte de - sécrétions casécuses fétides, La chaine des osselets a été sans doute éliminée, ca il ne reste plus trace ni du marteau nide l'enclume. L'audition est de ce côté plus diminuée qu'à droite bieh que la malade prétende entendre suffisamment.

Après avoir fait encore péndant quelques temps des injeelions auriculaires au au permanganate de potasse (solution 1/4 pour mille) notre malade est soumise aux pansements secs : nettoyage

minutieux de la cavité. Insufflation dans la caisse de poudre de

vioforme mélangée avec un tiers d'iodoforme mèche de gaze aseptique dans le conduit. e

La guérison est assez rapide à gauche (un moiset demi environ). Audition légèrement améliorée.

A droite la suppuration persiste mais diminuée et peu fétide.

La malade cesse tout traitement pendant cinq ou six mois et nous revient les premiers jours d'avril 1911, présentant un écou Jement abondant et fétide à droite. ;

La guérison s'est maintenue à gauche. .

Un nouveau curettage des fongosités est nécessaire, complété de l'extraction du marteau dont le manche était déjà à moitié atteint d’ostéite. RUE

La malade ne pouvant venir très régulièrement se faire pan-ser, nous remplaçons les pansements secs au vioforme par l'enfumage iodé (méthode du docteur Eouge). Les vapeurs iodées : obtenues en chauffant de l'iodoforme dans un ballon à deux tubulaires étaient projetées sur la muqueuse de la caisse au moyen d'une soufflerie ordinaire. La première séance (mai 1911)

fut assez douloureuse mais le résultat presque immédiat. La se-

crétion diminuée, non fétide et muqueuse.

L'assèchement a été obtenu après 3 séances. Ces dernières élaient pratiquées à huit jours de distance et dans l'intervalle la malade faisait quotidiennement des nettoyages à sec de son conduit suivi d'une insufflation de poudre d'acide borique porphyrisé. Coton boriqué à l’orifice. Sr Résultats: Malade revue en mars 1911 en parfaite santé, audition très convenable, assèchement des cavités auriculaires .

absolument parfait.

OBSERVATION II] (due à l'obligeance du D" P. Niel) Otile chronique datant de 8 ans. Guérison

P... Germain, 33 ans, employé des postes. Se présente à la cli-

nique en avril 1911, avec de l’otite moyenne suppurée chroni--

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