‹ Sur un essai de traitement des Tuberculoses chirurgicales par un extrait bacillaire spécifiqueChapitre 7 sur 27 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

A la suite de la communication de Pasteur à l’Académie des Sciences, en 1880, « Sur le choléra des poules et l’atténuation du virus du choléra des poules », et de celle de Pasteur, Chamberland et Roux en 1881, concernant le charbon, « De l’atténuation des virus et de leur retour à la virulence », on crut avoir trouvé le procédé de thérapéutique préventive spécifique pouvant s’adresser à la plupart des affections à germe connu.

Aussi, lorsque Robert Koch eut découvert en 1882 l’agent pathogène de la tuberculose, on se mit dans les laboratoires de tous les pays à chercher la réalisation du traitement de l’affection par le médicament microbien spécifique. C’est ainsi que les uns s’efforcèrent de conférer à l’organisme une immunité active par des injections de bacilles tués ou atténués, ou encore d’extraits bacillaires, exo ou endotoxines, obtenus par différents procédés et formant le groupe des tuberculines, les autres une immunité passive, au moyen d’injections de sérum d’animaux préparés.

Nous ne ferons que citer les principaux essais de sérothérapie, cette question sortant du cadre de notre sujet: Sérum de Maragliano, 1895, — Sérum de Marmoreck, 1903, — Sérum de Lannelongue, Achard et Gaillard, 1906, — Sérum de Vallée, 1906-1909, — Sérum de Ruppell et Rickmann, 1910, — Sérum de Bruschettini, 1912, — Sérum de Jousset, 1912-1913.

Une place voisine doit être réservée aux corps immunisants de Spengler, 1908, préparés à partir du sang total de lapins immunisés.

« Jusqu'ici, il ne semble pas que la sérothérapie ait réalisé les espérances que l’on avait pu concevoir à son sujet » (Calmette). (1).

Nous nous étendrons un peu plus sur les essais de vaccination par les bacilles tuberculeux.

Ils ont été de différents ordres :

Certains auteurs se sont adressés aux bacilles tués par la chaleur : Dembinski, après Strauss, en 1903, les injecte dans les veines du lapin. Maragliano, en 1904, en inocule une petite quantité, par scarifications, dans les téguments du bras.

Calmette et Guérin, en 1914, expérimentent sur les bovidés.

D’autres auteurs cherchent à modifier le bacille dans sa structure : Vallée emploie des bacilles lavés et desséchés dont il extrait les graisses par l’éther de pétrole.

Martin et Vaudremer emploient l’éther comme solvant, 1906. Les bacilles ainsi traités perdent en grande partie leur acido-résistance.

Notons en passant que les lipoïdes extraits des bacilles ne confèrent expérimentalement aucune immunité à l'animal (Calmette et Guérin. Annales de l’Institut Pasteur. Avril 1914).

Différents agents chimiques ont encore été employés soit pour tuer, soit pour atténuer le bacille : l’eau de Javel (Moussu et Goupil, 1907), le fluorure de sodium

(1) Dans tout ce qui suit nous avons fait de nombreux emprunts au livre si documenté de M. le P' CALMETTE « l'infection bacillaire et la tuberculose chez l'homme et chez les animaux ».

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(Rappin), l’oléate de soude (Noguchi, 1909), la monochlorhydrine (Salimbeni, 1912). On s’est également adressé aux agents physiques : rayons ultra-violets (Henry), aux diastases.

Jusqu'ici, tous ces essais sont restés sans résultats appréciables : « On sait aujourd’hui que les bacilles morts et ceux dont le protoplasma a subi des altérations profondes n’ont qu’un pouvoir vaccinant très faible ou nul ; ils ne sont donc pas utilisables pratiquement » (M. Calmette).

« Il semble bien actuellement acquis que le bacille tuberculeux mort est complètement inapte à conférer la moindre immunité et qu’il est préférable de s’adresser aux bacilles vivants » (MM. Borrel, Boez et A. de Coulon) (1).

La vaccination par bacilles vivants est beaucoup plus importante du fait des résultats déjà obtenus. Elle est de date ancienne puisque, dès 1886, Cavagnis injectait des crachats bacillifères traités par l’eau phéniquée. D’autres essais furent faits plus tard par Gaucher et Ledoux-Lebard en 1889, Gaucher et H. Martin en 1890.

1902 apporte les premiers faits intéressants. Behring publie son procédé de bovovaccination « Jennerisation des bovidés ». Il pratique deux injections intraveineuses, l’une de 4 milligrammes, l’autre de 20 milligrammes d’une souche humaine de bacilles tuberculeux cultivés au laboratoire depuis dix ans et desséchés dans le vide.

Des nombreuses vérifications qui ont été faites de cette méthode il résulte que les animaux ainsi vaccinés acquièrent une résistance nette à la contamination expérimentale ou naturelle. Mais cette résistance est de

(1) « Etude comparée de la virulence et de la toxicité des corps microbiens et de la tuberculine de divers échantillons de bacilles tuberculeux » (MM. RoRREL, Borz, A. pe CouLon). Annales de l’Institut Pasteur, Décembre 1923.

courte durée, et, dès qu’elle cesse, les bacilles, introduits dans l’organisme par les injections vaccinales et par l'injection d’épreuve — ces bacilles ne sont qu’incomplètement éliminés durant la phase de résistance — entrent en activité et déterminent des lésions évolutives.

Koch et Schütz, en 1904, dans l’espoir d’obtenir une résistance plus grande, utilisent les injections intraveineuses de bacilles frais. Mais cette méthode, sans avantage sur la précédente, réalise encore plus sûrement l’infection de l’animal.

Citons encore les essais de vaccination par bacilles acido-résistants d'animaux à sang froid (Friedmann, 1903), par virus sensibilisé (Meyer, 1910, Calmette et Guérin), par émulsions de ganglions tuberculeux (Rodet et Garnier, 1903 - Trudeau et Krause, 1910), par injections de bacilles virulents à doses croissantes (Williams, 1911).

L’immunisation a été enfin tentée par voie digestive (Calmette et Guérin - Roux et Vallée).

Beaucoup de ces méthodes donnent des résultats appréciables, en ce sens qu’elles confèrent aux animaux sur lesquels elles sont expérimentées, une résistance marquée, quoique de durée limitée, aux infections expérimentales ou naturelles, mais elles présentent un danger constant : les bacilles employés, non résorbés dans l'organisme, possèdent un trop haut degré de virulence et restent tuberculigènes, créant des lésions organiques dès que la résistance vaccinale disparait.

« La résistance chez l'animal tuberculeux est fonction du foyer tuberculeux vivant dans son organisme; aucun autre antigène ne peut la produire. Or, le problème n’est pas aisément soluble, qui consiste pour obtenir une vaccination, à introduire dans un organisme des germes tu-

berculeux sans qu’un dommage ultérieur soit possible » (MM. Debré et Bonnet)1.

Aussi, actuellement, cherche-t-on le bacille capable de conférer à l’organisme le degré de résistance nécessaire, mais suffisamment avirulent pour n’être pas lui-même un danger en puissance.

Dans cet ordre d'idées, il faut citer les « bacilles biliés » de MM. Calmette et Guérin. Ces auteurs ont obtenu par nombreux passages sur milieux à la bile glycérinée une race de bacilles à virulence atténuée ne déterminant chez les bovidés aucune lésion folliculaire, mais conférant cependant un degré d’immunité tel que les bacilles virulents d’épreuve inoculés par la suite, tout en persistant dans le système lymphatique, ne créent aucune lésion nodulaire,

Mais la résistance conférée disparaît dès que lélimination du vaccin antituberculeux employé est totale. Ainsi M. Vallée recherche « si le vaccin le plus favorable pratiquement ne serait pas celui qui offrirait, avec les garanties nécessaires d’inocuité, la plus grande lenteur de résorption ».

Il emploie dans ce but un bacille d’origine équine à virulence extrêmement dégradée qu’il émulsionne dans un excipient irrésorbable constitué par une suspension de grès porphyrisé ou de tale, dans l'huile de vaseline.

M. Vallée constate que les bacilles ainsi inoculés « prolifèrent au sein d’une lésion fibro-caséeuse purement locale, sans tendance aucune à la généralisation » et qu’ils semblent « devoir être fixés sur place pour toute la durée de la vie économique de l’animal porteur de la lésion de vaccination »; que les animaux inoculés possèdent deux ans plus tard, une résistance complète à une ino-

(1) « Surinfection tuberculeuse . expérimentale » MM. DEBRÉ et BOoNNET, Journal Médical Français, n° 9, Septembre 1922.

culation d’épreuve mortelle ou tout au moins des plus graves pour les témoins (1).

Enfin, dans les annales de l’Institut Pasteur de décembre 1923 (déjà citées), MM. Borrel, Boez, A. de Coulon publient les résultats qu’ils ont obtenus dans leurs essais de vaccination avec la souche BB. La souche BB s’est montrée expérimentalement avirulente et incapable d’acquérir la moindre virulence, tout en se montrant des plus toxiques par inoculation intracérébrale au cobaye tuberculisé depuis 45 jours. Les cobayes préparés avec cette souche ont montré une résistance manifeste à l’inoculation d’épreuve. « Les cobayes préparés par voie souscutanée avec l’origine BB ont présenté une survie double et parfois même triple de celle des témoins ».

Les résultats déjà obtenus semblent donc confirmer la nécessité pour vacciner efficacement d'employer des « bacilles encore vivants, mais privés autant que possible de leur aptitude à produire des lésions folliculaires » (M. Calmette), et, pour obtenir des résultats durables, de pratiquer « des inoculations en excipients irrésorbables » (M. Vallée).

Ce fut le 4 août 1890 que Robert Koch fit connaître au Congrès international de Berlin sa découverte de la tuberculine. En 1891, il en indiquait la nature et la préparation.

Pour obtenir la tuberculine brute de Koch « tuberculine ancienne », on part de cultures de bacilles tuberculeux âgés de six semaines, ayant poussé en voile. à la surface de bouillon glycériné à 50 pour mille. Après sté-

(1) Médecine expérimentale. — Bacille tuberculenx et excipient irrésor= bable. Note de M. VALLÉE, présentée par M. Roux à la séance du 26 décembre 1923 de l'Académie des Sciences (Comptes rendus n° 1, Janvier 1924).

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rilisation à l’autoclave pendant une demi-heure à 110°, on opère une réduction au dixième par chauffage au bain-marie, puis on filtre sur Chardin. Le filtre arrête la plupart des corps microbiens et on recueille un liquide épais, sirupeux, brun, qui est la tuberculine brute. Cette tuberculine renferme les exotoxines et une partie des endotoxines du bacille tuberculeux.

Pour purifier cette tuberculine, Koch la précipitait par l’alcoo!l à 60° ; il obtenait ensuite, après broyage de la masse précipitée, une poudre qu’il reprenait par l’eau glycérinée. Comme se rapprochant de cette dernière, citons la tuberculine CL de Calmette, la tuberculine précipitée de l’Institut Pasteur.

Depuis la préparation initiale de la tuberculine brute de nombreuses modifications ont été apportées d’où sont sorties de multiples tuberculines se différenciant plus ou moins de la préparation ancienne de Koch. Dans ces procédés, les auteurs se sont attachés à éliminer de la tuberculine les substances étrangères provenant des milieux de culture, et les substances inactives du bacille lui-même : peptone, cire et graisses, sels, cherchant à isoler le principe véritablement actif.

En 1897, Robert Koch prépare la tuberculine TR à partir de bacilles desséchés dans le vide puis broyés au mortier. La poudre obtenue est diluée dans du sérum physiologique additionné d’eau glycérinée à 5 pour 100. Par centrifugation on obtient un liquide surnageant : la tuberculine TO (tuberculinum originale) qui est analogue à la tuberculine brute. Le culot de centrifugation est desséché, broyé, repris par l’eau, et cela à plusieurs reprises. Le résidu obtenu, additionné de glycérine, constitue la tuberculine TR (tuberculine Rest), qui contient les endotoxines bacillaires.

Désirant obtenir un produit renfermant à la fois les

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endotoxines et les toxines solubles, ces dernières n’existant pas dans la tuberculine TR, R. Koch, en 1901, fut conduit à une nouvelle préparation: la tuberculine BE (Neutuberkulin bazillenemulsion), qui est obtenue à l’aide d’une émulsion de bacilles, préalablement broyés dans de l’eau glycérinée.

Afin d’éviter l’action pyrétogène de l’albumine, Koch utilisa des cultures obtenues sur des milieux à base d’asparagine et ne contenant ni viande ni peptone; il obtint ainsi la tuberculine AF (Albumose frei).

Klebs, en 1891 prépare la « tuberculocidine » en précipitant la tuberculine brute par l’alcool, puis, en traitant le précipité par un mélange de chloroforme, d’alcool et de: benzine. Le produit restant est repris par la glycérine phéniquée.

En 1897, Buchner et Hahn soumettant à une forte compression les bacilles broyés avec de la terre d’infusoires et du sable en présence de glycérine et de chlorure de sodium, obtiennent la « tuberculoplasmine ».

Hirschfelder, en 1897, traite la tuberculine brute de Koch par l’eau oxygénée, d’où le nom d’ « oxytoxine » donné à la préparation.

La même année, Maragliano fait un mélange d’endotoxines, extraites par macération et réduction à chaud de cultures totales, et de toxines solubles obtenues par concentration à basse température, dans le vide, de bouillon et de culture.

Landmann, en 1898, obtient le « tuberculol » : des bacilles à virulence exaltée, préalablement dégraissés et pulvérisés, sont épuisés à 40° dans le sérum physiologique glycériné. Cette opération est renouvelée plusieurs fois, après décantation, à température croissante jusqu’à 100°. Le produit ainsi obtenu renfermant les endotoxines est évaporé dans le vide à sec. Cet extrait est

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mélangé aux toxines solubles obtenues par concentration du bouillon de culture dans le vide.

Denys, en 1901, se contente de filtrer les cultures de bacilles tuberculeux en milieu glycériné, et non stérilisées à chaud.

Béranek, en 1903, prépare une tuberculine en mélangeant des extraits de corps bacillaires obtenus en les soumettant à l’action d’une solution d’acide orthophosphorique, avec les toxines solubles obtenues par filtration de la culture et concentration dans le vide.

La tuberculine bovine PTO de Spengler ne diffère de la tuberculine ancienne de Koch que par l'emploi de bacilles bovins à la place de bacilles humains.

Ishigami, en 1908, traite les bacilles par l’acide sulfurique pour obtenir la « tuberculotoxoïdine ».

Pour préparer les différentes variétés d’ « Eisentuberkulin », Ditthorn et Schultz, en 1909, précipitent par lPoxychlorure de fer des extraits bacillaires différemment isolés. Le précipité est ensuite repris en solution glycérinée.

Much, en 1909, dissout les bacilles tuberculeux dans la neurine, produit de décomposition de la matière cérébrale.

Baudran (endotoxine tuberculeuse, 1909) traite les bacilles successivement par divers solvants : alcool, éther, chloroforme, toluène, puis par l’eau. Le résidu, après concentration, est repris par l’alcool et évaporé.

Rosenbach, 1910, ensemence, sur des cultures de bacilles tuberculeux âgées de six à huit semaines, un champignon : le trichophyton holosericum album. C’est de cette culture mixte que sont extraites les toxines.

Vaudremer, en 1910, obtient une tuberculine analogue à la précédente, et, comme elle, à toxicité très faible,

‘au moyen de laspergillus fumigatus.

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Citons encore la « tuberculomucine » de Wileminsky, 1912; la « tubolytine » de Siebert et Rœmer en 1915.

Il existe donc, ainsi que nous venons de le voir, et nous n’en avons cité que quelques-unes, un très grand nombre de préparations d’extraits bacillaires, nombre qui s’accroît encore chaque jour. Si beaucoup de ces préparations se rapprochent de la tuberculine brute de Koch, d’autres en diffèrent profondément par le fait même que les auteurs ont cherché à purifier la tuberculine pour en isoler le principe actif et éliminer ce qui leur paraissait inutile ou même nuisible, ces dernières substances provenant soit du bacille lui-même, soit du milieu de culture.

Cette recherche du mieux n’a d’ailleurs pas donné ce que l’on en pouvait attendre. On conçoit que quelle que soit la résistance du poison tuberculeux, certaines des manipulations proposées en modifient plus ou moins profondément la nature et la tuberculine ancienne reste encore une des meilleures, si ce n’est la meilleure, de ces préparations.

Lorsque le 4 août 1890 R. Koch fit sa retentissante communication sur la tuberculine, il pensait avoir découvert le remède spécifique de la tuberculose et il s’exprimait ainsi: « Je possède maintenant le remède cherché. Les cobayes, animaux extraordinairement prédisposés à la tuberculose, résistent grâce à cette substance, à l’inoculation du virus tuberculeux, et ceux qui sont déjà atteints d’une tuberculose avancée peuvent être guéris sans que cette substance ait une autre influence sur l'organisme ».

Mais, ni la tuberculine ancienne, ni les extraits bacillaires employés ensuite ne donnèrent les résultats escomptés, dans les nombreux essais qui en furent faits dans tous les pays, et plus particulièrement en Allema-

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gne, aux Etats-Unis et en Suisse. On eut même, il faut bien le dire, à déplorer des accidents sérieux.

Cependant, si la tuberculine ou autre extrait bacillaire ne s’est pas montrée le remède actif spécifique espéré, si souvent elle s’est montrée dangereuse, il semble que dans certains cas des résultats heureux ont pu être enregistrés.

Les premières constatations dans ce sens furent faites par Koch cherchant à créer l’immunité active du cobaye par des injections de bacilles tués et broyés. De ces expériences devait sortir la mise en évidence du « phénomène de Koch » et la découverte de la tuberculine elle-même. « Koch avait remarqué que le cobaye tuberculeux était tué par une dose (de bacilles tués et broyés) inoffensive pour l’animal sain, mais il put constater aussi que ces inoculations avaient au contraire une action curative dès qu’il abaïissait suffisamment la dose de bacilles injectés; les animaux ainsi traités avaient une survie plus longue et leurs foyers tuberculeux entraient en régression. Les bacilles injectés n’étaient pas résorbés, ils restaient dans la région inoculée où ils provoquaient souvent la formation de foyers localisés de suppuration. Koch a conclu de ces expériences que le principe curatif du bacille réside dans un corps spécial, renfermé dans sa substance même et qui en est extrait par les humeurs de l'organisme. » (Kolle et Hetsch) (1). -

Depuis, au cours des nombreux essais qui furent faits, on put constater dans certains cas une orientation heureuse de la marche de l’affection traitée par la tuberculine et plus particulièrement dans les tuberculoses externes. Si bien que M. Kuss pouvait écrire « Tous les au-

(1) « La bactériologie expérimentale appliquée à l'étude des maladies infectieuses). "

teurs qui ont la pratique de la tuberculinothérapie ont observé des améliorations lésionales profondes, inattendues, à la suite de‘fortes réactions de foyer dans les tuberculoses cutanées, dans les adénopathies tuberculeuses, dans les tuberculoses externes, voire même dans les tuberculoses pulmonaires ».

Et plus loin: « Les transformations favorables de foyer s’observent avec le plus de netteté dans les tuberculoses extrapulmonaires, les dermatologistes en particulier ne discutent plus l’action curative de la tuberculine sur les lésions cutanées; cette action dépend uniquement des modifications locales provoquées par la tuberculine. De même, dans les adénopathies cervicales caséeuses, lutilité de la tuberculinothérapie est souvent manifeste. » (M. Kuss) (1).

Malgré ces phénomènes favorables, en raison de ses dangers, la tuberculine a totalement cessé, tout au moins en France, d’être employée comme agent curatif de la tuberculose, et ses réactions localisées ne sont plus amployées que pour le diagnostic et le pronostic de laffection : souscuti, cuti, intra-dermo, et ophtalmo réactions.

Et M. A. Jousset pouvait dire dans son article « Vaccinothérapie et tuberculinothérapie », tome I* de larticle Tuberculose, collection Sergent (n° XVID : « La tubérculinothérapie est donc dans son ensemble une méthode de très médiocre valeur pour ne pas dire inefficace. Ajoutons qu’elle est une méthode redoutable au dire même de ses adeptes les plus fervents. Le nombre des phtisiques achevés par la tuberculine est aujourd’hui considérable, et nous ne parlons que de résultats connus, loyalement publiés ! »

(2) « Traitement de la tuberculose pulmonaire. — Thérapeutique des maladies respiratoires », Bibliothèque de thérapeutique.

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