‹ Sur un essai de traitement des Tuberculoses chirurgicales par un extrait bacillaire spécifiqueChapitre 8 sur 27 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Nous venons d’exposer rapidement l’histoire de la thérapeutique antituberculeuse par les médicaments microbiens. Ces méthodes thérapeutiques ont été à peu près complètement abandonnées, surtout en France, et les médecins phtisiologistes les plus qualifiés enseignent avec juste raison qu’il n'existe pas actuellement de médicament, spécifique ou autre, de la tuberculose. |

On peut se demander si cette opinion, basée surtout sur l'expérience fournie par la lutte contre la tuberculose pulmonaire et si malheureusement exacte en ce qui la concerne, n’a pas quelque chose de trop absolu quant aux tuberculoses chirurgicales, dont l’évolution est si différente, et sur lesquelles agissent heureusement des agents dont l’action est souvent des plus nocives pour la tuberculose pulmonaire.

C’est dans cette idée que plusieurs essais furent tentés ces temps derniers au moyen d’extraits bacillaires nouveaux dans différents services hospitaliers. Nous ne citerons que ceux faits au moyen du collovaccin de M. Grimberg sur lesquels plusieurs publications ont déjà paru (1).

(1) « Nous ne citons que les dernières publications parues :

Communication de M. SavariauD à la Société de Chirurgie. — Bulletin du 6 novembre 1923.

Communication de M. HazLopEau à la Société de Chirurgie — Bulletin du

13 Novembre 1923.

Commnnication de MM. SavarrAuD et GRIMBERG à la Société de Chirurgie — Bulletin du 27 Novembre 1923.

Bulletin de la Société de Médecine de Paris n° 3 ; Séance du 8 Février 1924 : -« Traitement de certaines tuberculoses externes par un extrait bacillaire colloïdal (lecollovaccin). M. Grimberg.

LPO TEE

C’est dans ce but également que notre maître, M. Louis Razy a fait traiter dans son service de consultations externe de Saint-Antoine, sur les conseils de M. Jousset, et avec un extrait bacillaire préparé par ce dernier, un certain nombre de malades.

Nous avons été chargé, sous le double contrôle de MM. Louis Bazy et Jousset, du traitement et de la surveillance clinique de ces malades. C’est leur histoire succincte, avec les modalités du traitement, les résultats obtenus et les conclusions que nous croyons pouvoir tirer des faits observés que nous voulons maintenant exposer.

Nous nous sommes adressé à des sujets apyrétiques, à état général satisfaisant, présentant uniquement des lésions de tuberculose externe facilement observables : articulaires, osseuses et surtout ganglionnaires, éliminant soigneusement, autant que cela était en notre pouvoir, tous ceux qui auraient pu présenter un foyer profond, pulmonaire en particulier

J'° OBSERVATION. — Madame S..., 25 ans.

Vient consulter le 16 avril 1923 pour une adénite cervicale située à droite, sous l’angle de la mâchoire.

Avec la périadénite qui le fixe à la peau enflammée, le ganglion forme une petite masse du volume d’un œuf de pigeon. On note une légère fluctuation. j

Le début remonte à deux mois.

La malade présente les cicatrices de deux abcès froids : sousmaxillaires droit et gauche datant de 1919.

Par ponction, on retire du ganglion ramolli un pus grumeleux, riche en BK.

L'état général est très bon.

La cuti-réaction est franchement positive : en cocarde.

La malade reçoit trois injections sous-cutanées de vaccin (avril), face externe de la cuisse, 0,25, 0,50, 1 cc. à quatre jours d'intervalle,

RÉACTIONS

Générale : Légère après la première injection, plus mar-

AN Res

quée après les deux dernières. La température monte à 40°, s’accompagnant de courbature, de malaises.

Locale : Minime, sensiblement la même pour les trois injections : rougeur, léger empâtement, pas de réaction ganglionnaire.

Focale : Marquée aussitôt après la première injection. Le ramollissement s’est accentué, la fluctuation est très nette.

La poche incisée d’un bord à l’autre laisse écouler un pus très fluide.

Moins nette après les deux dernières injections.

La malade reste alors quelque temps chez elle et revient le 22 mai à la consultation.

La plaie est incomplètement cicatrisée. On sent une masse sous jacente, du volume d’une noix, apparue depuis sa dernière visite.

. Elle reçoit alors de nouveau 1 cc. de vaccin suivi de réactions analogues à celles étudiées plus haut, sans rien de spécial.

Un mois plus tard, on note une diminution marquée du volume de la masse sous-maxillaire. Il persiste cependant un certain empâtement inflammatoire avec un petit trajet fistuleux donnant de temps en temps quelques gouttes de pus.

Elle est revue le 12 octobre. Elle présente la même petite zone inflammatoire avec persistance du trajet fistuleux.

Un nouveau ganglion s’accompagnant de périadénite a fait son apparition en arrière de la branche montante du maxillaire droit.

Trois nouvelles injections de vaccin sont alors faites à quatre jours d’intervalle : 0,50, 0,75 et 1,50.

RÉACTIONS

Générales : Légères. Température 38 — 38°,8.

Locales : Trés légères ou nulles.

Focales : Léger fourmillement. Légère diminution de volume des deux fayers.

Le 12 novembre, la diminution de volume des deux foyers. est très marquée. Le petit trajet fistuleux sous-maxillaire persiste encore.

Le 18 décembre, la guérison semble complète. La fistule est fermée. Seule persiste dans la profondeur une petite masse de consistance fibreuse.

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