SUR LES TUMEURS RÉTRO-PÉRITONÉALES
Les travaux d'ensemble sont rares sur le sujet des tumeurs rétro-péritonéales, en général. Nous avons d'abord trouvé une revue de la question par Papanicol de Galatz, traduite par Roudinesco dans la Presse médicale (n° 57, 1908) tirée de Ravista de chirurgie, octobre 1908, p. 486.
Cet auteur décrit un espace rétro-péritonéal latéral limité en haut par le diaphragme, en dedans par la colone vertébral, en bas par la ligne innominée, en dehors par la région abdominale latérale.
La paroi postérieure est formée par la paroi postérieure de l'abdomen: carré des lombes et psoas.
La paroi antérieure est formée par le côlon ascendant, et l’origine du mésentère à droite, par le côlon descendant à gauche.
On y rencontre une grande variété de tumeurs : lipomes, chondromes, fibromes,myomes, myxomes, sarcomes, neuromes et enfin kystes.
La question a été reprise tout au long dans {e Traité de diagnostic des tumeurs abdominales de
M. ic professeur Sacconaghi. La bibliographie y est très abondante, rassemblant surtout des travaux allemands et italiens. Nous donnerons un aperçu du chapitre ayant trait aux tumeurs du rétro-péritoine, pour avoir un cadre dans lequel faire entrer notre cas.
Sous le nom de tumeurs du rétro-péritoine,l’auteur comprend celles qui proviennent soit du tissu rétropéritonéal, limité en haut par l'insertion du diaphragme, en bas par l’entrée dans le petit bassin et latéralement par le cæcum — côlon — soit des petits organes cliniquement non individualisables qui occupent le rétro-péritoine. Parmi ces derniers, il faut noter les ganglions lyÿmphatiques, les parties aberrantes des capsules surrénales, les vestiges du corps de Wolff, c'est-à-dire du mésonéphros ou des canaux qui y correspondent, c’est-à-dire du canal de Wolff et de celui de Muller.
Il faut, dit-il encore, rapporter au rétro-péritoine les tumeurs bénignes, malignes ou kystiques désignées par certains auteurs sous le nom de péri ou para-rénales, ou encore sous le nom de tumeurs de la membrane fibreuse ou de la capsule adipeuse du rein, et qui peuvent parfois entourer complètement l'organe.
Rappelant les travaux de Witzel et de Gœbell, Sacconaghi fait une division générale de ces tumeurs.
1” Au point de vue de leur situation topographique. elles sont médianes au début de leur évolution,
se déjettent ensuite à mesure qu'elle se développent
er
vers les côtés. Le plus souvent leur point de départ est latéral ;
0 Au point de vue de leurs rapports de continuilé avec un viscère ou une tumeur adjacente individualisable, ces tumeurs n’offrent aucune connexion semblable ;
3 Au point de voue de leurs rapports de siège avec l'appareil digestif, suivant que la tumeur est latérale ou médiane, le côlon se trouve au-devant d’elle ou autour d'elle ;
4° Au point de voue de la mobilité. — En général, elles sont fixes, sauf quelques cas ,où elles présentent une certaine « déplaçabilité manuelle ».
Cette classification faite, l’auteur range les tumeurs rétro-péritonéales suivant leur nature histologique, et il décrit donc ainsi :
Néoplasmes malins (tumeurs rétro-péritonéales de Lobstein).
Les sarcomes sont plus généralement, primitifs, les autres tumeurs sont secondaires à un néoplasme abdominal, ou du testicule. Ces néoformations sont extrêmement rares ; la moyenne est un cas sur miile tumeurs de même nature sur tout l'organisme.
Leur accroissement est rapide et leur symptomatologie est en conséquence.
Des métastases sont fréquentes.
Ces tumeurs sont spéciales à l’enfance.
Néoplasmes bénins. — Ce sont des fibromes, mixomes, lipomes, neuromes, myomes. On trouve
nr plus ‘fréquemment des lipomés. Les observations recueillies atteignent 100, qu'ils s'agisse de Hipomes purs, de mixo-lipomes, de fibro-lipomes ou d’ostéolipomes. Sacconaghi cite une tumeur décrite par Waldeyer, qui pesait 31 kgr. 50o.C’est dire le développement que peuvent atteindre les lipomes. Où trouve ces tumeurs constituées par plusieurs lobes qu’il est d’ailleurs impossible de différencier à ia palpation, la consistance de ces lobes peut être variable. Le lipome rétro-péritonéal atteint plutôt la femme que l’homme, et surtout l’âge adulte,
Il faudrait rapporter au rétro-péritoine les lipomes décrits sous lé nom de lipomes du mésentère.
Dans le groupe des tumeurs malignes, rentrent encore des «tumeurs très rares » neuromes gangliocellulaires provenant du sympathique. Il n’en est connu que 10 observations.
Kystes parasitaires et non parasitaires :
« Les kystes parasitaires (échinococciques) sont très rares, et je ne saurais citer que 6.cas.
» Les kystes non parasitaires sont rares sans être exceptionnels. Les variétés séreuse et lactigineuse sont les moins rafés: les types hémorragique. et dermoïde n’ont été rencontrés que dans un nombre de cas très restreint, sauf les kystes hémorragiques, ou mieux dit, lès hématomés péri ou para-rénaux d’origine traumatique. »
À noter certaines tumeurs juxta-rénales qui sont des diverticules du bassinet et peuvent être même
= 45 = J cliniquement considérés comme tels par leur inter: mitténce et leur déplétion par la pression.
Tumeurs des ganglions lymphatiques rétro-péritonéaux. — Les altérations ganglionnaires peuvent être dues à la tuberculose, la syphilis, la leucémie ou la pseudo-leucémie.
Aucun caractère clinique spécifique.
Néoformation eonjonctive syphilitique. — Gitée seulément par souci d’exactitude, on n’en connaît que 2 cas (Fournier, Lœæb). Le malade de Fournier guérit par le traitémént, celui de Lœb mourut au milieu de phénomènes d'ileus.
Abcès ou phlegmon. — Les origines des suppurations rétro-péritonéales sont: infection venant de l’appendice, des organes génitaux féminins, du rein, des os (mal de Pott, coxalgie).
Cette infection peut venir aussi de l'estomac ou des voies biliaires, elle peut avoir une origine métastatique. :
Le palper perçoit une fluctuation que l’absence de fièvre permettra de différencier des abcès ossifluents.
Sacconaghirapporte aux collections chaudes rétropéritonéales les cas dénommés abcès du psoas.
La tumeur que nous étudions est un kyste rétro-péritonéal
Cet exposé de la mise au point qui nous a paru la plus récente — des tumeurs rétro-péritonéales — nous