‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 14 sur 34 · AN RS · texte numérisé non relu

AN RS

La parole n’est embarrassée et assez légèrement, surtout pour les mots difficiles, qu'après quelques minutes de conversation. Tremblement fibrillaire de la langue et légers mouvements « en trombone ». Pas de stigmates syphilitiques.

N'a jamais eu d'enfants et sa femme n’a pas fait de fausses couches.

Gomme ulcérée, anfractueuse du genou droit; au-dessous, deux petites gommes dermiques et sous-cutanées, ramollies, non ulcérées.

1 avril. Traitement intensif : Emplâtre de Vigo sur les gommes. La gomme ulcérée est détergée ; les autres n’ont subi aucune modification. Incision au bistouri d’une gomme non ouverte; le liquide bourbilloneux qui est recueilli est inoculé à un singe anthropoïde par M. Metchnikof.

4 avril. Légère amélioration de la gomme ulcérée. Traitement bien supporté, mais le malade parait plus déprimé.

6 avril. Très déprimé ; une seuie piqure et une seule pilule.

7 avril. Suppression du traitement. La gomme ouverte est en voie d'amélioration.

12 avril. Les éléments du genou guérissent: les progrès vers la guérison ne se sont pas arrêtés un seul jour depuis la suspension du traitement.

16 avril. Moins de dépression chez le malade ; la gomme ulcérée est presque totalement cicatrisée.

19 avril. Guérison complète de l’ulcération ; résorption et disparition des deux petites gommes.

12 mai. Depuis hier reprise du processus gommeux. On recommence le traitement demain matin.

22 mai. Début de salivation ; arrêt du traitement." Dépression mentale semble avoir augmenté. IL existe toujours une uicération gommeuse encore un peu bourbilloneuse, non bourgeonnante, à bords encore un peu infiltrés.

17 juin. Dépression mentale semble augmenter. Arrèt du traitement.

15 juin. Ulcération est en voie de régression. On recommence le traitement.

3 juillet. Ulcération va beaucoup mieux.

23 juillet. Guérison est complète. Etat mental est le même.

Le malade sort,

OgservarTion VIII

Syphilis. — Accidents secondaires précocement terliarisés. — Syphilome diffus du front et du cuir chevelu. — Nervosisme léger. — Traitement intensif. — Guérison.

K..., soixante-seize ans, ébéniste. Salle Aran.

Présente une roséole à petits éléments, assez conîluente du tronc, disséminée sur le tronc, le cuir chevelu, le cou et la face, éléments variés dont la plupart sont figurés, à base nettement infiltrée, les uns ulcérés ou recouverts d’une croûte, les autres nettement corymbiformes.

Le début des accidents remonte à deux mois et demi; la roséole a été la première en date.

Deux mois auparavant, le malade avait eu une écorchure de la verge dont aujourd’hui on ne retrouve pas la trace, maïs par contre on sent une adénite inguinale et crurale double très nette.

Le malade a perdu ses cheveux, mais n’a pas eu de maux de tête et sa santé ne paraît pas avoir été altérée depuis quatre mois.

Il dit n'avoir pas eu mal dans la bouche, mais aujourd’hui on trouve une plaque commissurale gauche et dans la gorge quelques points blancs suspects.

Adénite cervicale et sous-maxillaire très nette.

Plaque muqueuse anale.

Alcoolisme: un litre de vin par jour et deux ou trois apéritifs par semaine. 5

Quelques rêves, léger tremblement des mains ; pas de pituites.

Les digestions sont bonnes ; pas d’érythrose faciale après les repas, pas d’étourdissements, pas de sensation de pesanteur au creux épigastrique.

Légère hypersensibilité générale. Réflexes plantaires légèrement exagérés. Réflexes pupillaires normaux. Cercle sénile.

8 mai 1905. Début du traitement.

12 mai. Traitement bien supporté. Amélioration.

43 mai. Depuis hier soir, un peu de coliques, puis diarrhée très Îréquente avec évacuation de matières glaireuses et sanglantes. Stomatite :

salivation et fétidité de l’haleine. II semble y avoir une grande amélioration locale.

22 mai. Traitement bien supporté. Amélioration paraissant évidente au point de vue de l'épaisseur de l’infiltrat. |

27 mai. Cessation du traitement.

43 juin. Amélioration a continué de s’accroître en l'absence de tout traitement.

Guérison totale du cuir chevelu et face antérieure du tronc, moins avancée à la face postérieure. La diarrhée s’est prolongée quelque peu très faiblement jusqu’à ces derniers jours, arrêtée aujourd'hui.

22 juin. Reprise du traitement complet.

24 juin. On ajoute une pilule. Les lésions, quoique simplement maculeuses, ont encore régressé.

28 juin. Traitement très bien supporté. Les maculations du dos passent au ton bistre.

3 juillet. Suspension du traitement.

7 juillet. Les lésions sont complètement guéries depuis longtemps. Il ne reste que de la maculature qui a diminué depuis la dernière reprise.

OBsEeRvATION IX

Syphilis. — Chancre labial. — Plaques muqueuses amygdaliennes. — Cinq jours de traitement.

D..., vingt-cinq ans, cuisinière.

Entrée à l'hôpital le 24 janvier pour deux ulcérations datant, la première, du commencement de décembre et siégeant à la partie médiane un peu sur la gauche de la lèvre inférieure, de la grosseur d’une lentille environ, la seconde survenue quinze jours après, beaucoup plus volumineuse, occupant toute la partie médiane de la lèvre supérieure ; non douloureuses. Ces deux ulcérations sont indurées, sans bords ni l’une ni l’autre taillés à pic, sans membrane diphtéroïde. Elles présentent un fond sanieux et des croutelles surtout marginales. Légère adénopathie à gauche. Pas d’adénopathie médiane. Etat nettement ichthyosique de toute la peau du corps. Pas de roséole actuelle. Aurait eu un ou deux jours avant son entrée à l’hôpital un semblant de roséole constaté à la

PARU Le Eee

consultation du service. Traitement : a été déjà traitée avec des pilules pendant quinze jours, deux par jour; traitement cessé il y à huit jours.

La malade, depuis de nombreuses années déjà, présente des céphalées, survenant il y a trois ans, au moment de l’arrivée de la malade à Paris, presque tous les jours et maintenant une ou deux fois par mois environ. Les douleurs assez vives siègent au niveau du front et de l’occiput ; elles ne s'’accompagnent pas de troubles digestifs, ni de fièvre, ni de vomissements, ni de douleurs octlaires. Pas de chute des cheveux.

La malade a bon appétit, digère bien, un peu de constipation habituelle. Pas de picrophagie, pas de polydipsie, pas d'alcool, pas d’excès de café. La bouche et les dents sont en bon état.

Antécédents personnels. — Pas de maladies dans l’enfance, quelques céphalées. Réglée à quinze ans. Mal réglée au début, bien actuellement. Pas de grossesse, pas de fausses couches.

Antécédents héréditaires. — Père vivant, cinquante-huit ans, garçon de café. Ne serait pas buveur. Mère morte à vingt-trois ans, de la poitrine. Un frère mort à vingt-deux ans, de la poitrine.

9 février 1907. Lésions des lèvres très améliorées après application continuelle d’un pansement humide. Apparition de plaques muqueuses sur les deux amygdales. Pas de roséole.

43 février. Amygdales un peu plus grosses ; chancres à peu près disparu ; pas de roséole.

48 février. Traitement intensif commencé ce matin.

19-20-21 février. Continuation du traitement. Rien à signaler.

22 février. Amélioration des plaques muqueuses. Pas de douleurs dans la bouche, pas de diarrhée. Dernier jour de traitement.

25 février. Douleur légère au niveau des gencives, mâchoire inférieure côté gauche; Début de gingivite. Un peu de rougeur gingivale. Pas d'autre incident.

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