‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 13 sur 34 · NES · texte numérisé non relu

NES

OBservaTION IV

Syphilis. — Roséole floride, scarlaliniforme. — Syphilides cutanées el muqueuses.

— Troubles vaso-moteurs et exagération très grande des réflexes. — Traitement intensif pendant six jours supprimé pour intolérance. — Disparition de la roséole; réflexes semblent moins vifs; persistance de syphilides. — Reprise

du traitement intensif qui n’est pas supporté plus de deux jours.

R..., trente-huit ans, ciseleur en bronze.

Antécédents héréditaires. — Père mort d'accident, était cirrhotique. Mère morte de vieillesse n’ayant jamais été malade. Oncle maternel mort fou.

Antécédents personnels. — Est le dernier de treize enfants tous bien portants. Blennorragie à dix-huit ans. Alcoolique (trois litres de vin et plusieurs absinthes par jour). Sujet aux palpitations de cœur (au régiment était dispensé d'exercice).

Histoire de la maladie. — 11 y a un mois et demi s’est aperçu qu'il avait dans le sillon balano-préputial, à gauche du frein, un petit bouton, gros comme une tête d’épingle, qui suppurait. Aucun traitement.

Il y à un mois, apparition d'une roséole.

Plaques dans la bouche depuis trois semaines.

Légère diminution des forces ; quelques douleurs dans les membres ; pas de céphalée ; pas d’amaigrissement.

Elat actuel. — On trouve à la partie antérieure et gauche du sillon balano-préputial une cicatrice rougeûtre, plissée, infliltrée. Double adénopathie inguinale et crurale. ;

Sur le cou et les membres, roséole floride à larges macules presque confluentes s'étendant aux membres inférieurs mais respectant la face.

Sur les bourses, syphilides papulo-squameuses étalées.

Plaques muqueuses dansle sillon balano-préputial, sur le sillon médian et les bords de la langue et à la partie supérieure du pilier antérieur droit du voile du palais.

Pas de chaîne nuchale; pas de ganglions épitrochléens. Dépilation.

Le malade se plaint d'entendre difficilement de loreille gauche depuis le début de la roséole. Bourdonnements et sifflements d'oreille.

Réaction pupillaire à la lumière est vive; réaction sensitive très forte; on la constate même à un contact. Réflexes rotuliens, plantaires, crémastériens, de la paroi normaux. Sensibilité normale au contact et à la piqüre. Pas d'hyperesthésie musculaire : tremblement des doigts. Tendance marquée à l’érythrose faciale. Dermographisme assez marqué. Pas de réflexe pilaire.

16 mars. La raie dermographique semble anormalement durable, mais surtout provoque sur les maculès qu’elle traverse et même leur voisinage un avivement extrêmement net de la couleur de l’érythème spécifique. Le réflexe sensitif de la pupille a diminué.

17 mars. Réflexe rotulien faible. Réflexe de la pupille à la douleur beaucoup diminué depuis le 45. Réflexe à la lumière devenu très vif.

Palpitations. — Depuis le régiment et encore actuellement à propos d’un exercice un peu violent (comme de monter un étage) le nombre des pulsations monte de 72 à 120; en même temps on constate que la roséole est avivée.

Au cuir chevelu, en dépit d’un savonnage récent, la tête est couverte de fines pellicules sèches; il semble que le cuir chevelu soit marbré de taches roses analogues à la roséole elle-même. La roséole est nette au niveau du front. Sur le corps, elle est nettement scarlatiniforme.

31 mars. Plaques muqueuses au niveau du bord droit de la langue depuis le 23. La roséole pâlit lentement ; s’éclaireit surtout aux jambes. Inégalité pupillaire (pupille gauche est plus dilatée; réflexe sensitif de la pupille plus vif à gauche).

5 avril. Traitement intensif depuis six jours. Gingivite et stomatite légère du voile du palais. La roséole a disparu de la face : aux jambes et sur le tronc elle pâlit lentement. Réflexe pupillaire à la douleur à peine marqué. Réflexe rotulien plutôt fort. Réflexe plantaire moins prononcé.

13 avril. Reprise du traitement.

45 avril. Réapparition des phénomènes d’intolérance; suppression du traitement.

16 avril. Malade sort de l'hôpital, très amélioré. Les réflexes sont moins forts dans leur ensemble, mais encore vis, Persistance de quel-

ques petites plaques buccales,

Onservarion VI

Syphilis. — Chancre du doigt. — Roséole. — Traitement intensif, deux séries.

G..., vingt-sept ans, vitrier, salle Aran.

Décembre 1905. Au commencement du mois, en retirant des carreaux cassés d’une fenêtre, le malade se coupe profondément la pulpe du pouce avec un morceau de verre. Il lave la plaie avec de l’eau simple et se fait un pansement avec des morceaux de toile quelconques. La cica- “trisation se fait au bout d’un mois, mais tout ce temps il avait continué à travailler à son métier de vitrier, changeant son pansement tous les SOIrS.

Janvier 1906. Guérison se maintient complète.

Février. Aux premiers jours du mois, sur la cicatrice apparait un bourgeon charnu, indolore, qui s’accroît dès lors progressivement.

Vers le 11, il va consulter un médecin, qui lui fait une cautérisation au nitrate d'argent.

Au bout de huit jours, la lésion ne faisant que s’accroitre, il entre salle Aran.

Etat actuel. — 19 février. Chancre du pouce droit, face palmaire, surmontant un plateau élevé et induré à surface creusée et régulière, de la grandeur d’une pièce de 1 franc, indolore. Pas d’adénopathie susépitrochléenne, mais adénopathie axillaire. Très bon état général. Pas de céphalée. Pas de dépilation.

24 février. Début de roséole.

5 mars. Roséole en pleine efflorescence. Chancre commence à se cicatriser, mais lentement. Très bon état général.

23 mars. On a fait deux séries de traitement complet, du 24 février au 2 mars et du 14 au 19 mars. Chancre presque complètement cicatrisé : il reste seulement une petite ulcération sur une cicatrice indurée et bleuâtre. Roséole presque disparue. Bon état général, seulement le malade se plaint de faiblesse au moment du traitement surtout. Pas d’autres lésions spécifiques.

Sort en bon état.

Ro

OBsERvATION VII

Paralysie générale. — Gomme ulcérée et gommes non ouvertes. — Traitement intensif. — Amélioration légère des éléments ulcéreux. — Dépression notable du malade. — Suppression du traitement au bout de six jours. — Amélioration des éléments continue à s’accentuer et progresse rapidement. — Guérison dix-neuf jours après l'institution du traitement. — Etat général et. mental parait à peu près le mème qu'à l'entrée (peut-être cependant un peu plus de dépression mentale).

S..., trente-cinq ans, ébéniste, salle Aran.

(Les renseignements fournis sur ce malade par lui ou par ses parents sont très incomplets et peu certains.)

Antécèdents héréditaires. — Père éthylique; mère, bonne santé apparente; encore vivants. Frère ou sœur ?

Antécédents personnels. — Très buveur et très irritable. Chancre, dit le malade, il y a sept ou huit ans.

Accidents secondaires probables : il croit se rappeler avoir été traité et sa femme (?) pense qu'il a eu des ordonnances, il y a cinq ou six ans, contenant des pilules.

Il y a quatre ans, enfermé un an à Sainte-Anne pour un « état nerveux » pendant lequel il n'avait plus de raison. Au bout de sept à huit mois on put le faire travailler. Il en sortit au bout d’un an et put reprendre son travail d’ébéniste et gagner régulièrement 4 à 5 francs par jour.

Sa femme a remarqué dans ces derniers temps (il y a trois à quatre mois) un peu de diminution de la mémoire et un notable changement de caractère. Trois à quatre semaines avant l’entrée, ces troubles se sont accentués.

Etat actuel. — Etat mental très affaibli : impossibilité de l'attention, dépression constante, aspect pleurard. On arrive cependant à le faire rire en lui parlant de choses gaies, mais il retombe tout de suite après dans sa tristesse sans objet.

Il pleure sans motif, simplement quand on s’avance vers lui. Manifestations émues envers sa femme et ses parents.

Il désire s’en aller.

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