‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 21 sur 34 · L..., dix-huit ans, couturière · texte numérisé non relu

L..., dix-huit ans, couturière

Entrée à l'hôpital Saint-Antoine, salle Rostan, le # février, pour ulcérations à la vulve et à l’anus datant de trois semaines. La contamination remonterait tout à fait à la fin de décembre ou dans les premiers jours de janvier. La malade nie absolument avoir eu de rapports sexuels avant le mois de décembre dernier. Il y a trois semaines, début de la maladie par des démangeaisons survenant toujours la nuit, accompagnées d’érythème. Huit jours après, éruption de nombreux boutons qui suppurent et sont douloureux. Vient à la consultation du service et entre à l'hôpital.

État actuel. — En pleine période de roséole qui serait toute récente, puisqu'elle n'existait pas le 2 février à l'examen de la consultation. Pas de céphalée. Bon appétit. Pas d’excès alcoolique ou autre.

Examen de la vulve: Condylomes plats siégeant sur les deux grandes lèvres en placards et dans les deux sillons génito-cruraux. Deux placards en demi-lune grands coinme la paume de la main autour de l'anus. Relief de un 1/2 centimètre environ, très rouges, suppurant. Adénopa-

thie inguinale très légère ; ganglions gros comme des pois.

Rien dans les antécédents héréditaires ou collatéraux ; dans les antécédents personnels, à quatorze ans, fièvre muqueuse légère, durée de un mois. Au point de vue génital, à quinze ans, premières règles. Bien réglée, Pas de grossesse; pas de fausse couche. Quelques pertes blanches.

Examen de la bouche: Dents en mauvais état; plusieurs cariées, qui vont être arrachées.

9 février. Depuis deux nuits, insomnie complète, sans raison connue. Douleur d'aucune sorte. Un cachet de véronal de 50 centigrammes.

48 février. Au repos depuis huit jours; la bouche de la malade est mise en état; extraction de plusieurs racines; nettoyage de la bouche. Pas de nouveaux symptômes. Roséole persiste.

20 février. Recrudescence très vive des phénomènes douloureux au niveau des condylomes qui sont très exubérants et plus enflammés. Les pertes blanches ne semblent pas plus abondantes que d'habitude. Constipation habituelle. Une selle très peu abondante hier et très douloureuse. Cæcum et S iliaque sensibles et bourrés de matières dures. Un premier lavement glycériné a très peu d'effet; énorme débâcle après un deuxième lavement. Roséole persiste.

22 février. La sensibilité des régions iliaques et cæcales, qui était très vive, persiste à peine. La lésion locale n’est plus irritée, ni prurigineuse, ni douloureuse. Il y a des croûtes sèches assez exubérantes et il semble que la masse condylomateuse ait encore augmenté.

25 février. S{alu quo ou peu s’en faut dans l’état des lésions. Il y a eu hier encore quelques élancements, mais beaucoup moins forts que précédemment; pourtant bon état digestif; les fosses iliaques sont libres, mais la malade s’est levée dans la matinée, ce qu’elle fait pour la première fois depuis quinze jours.

4 mars. Deux lavements glycérinés donnés la veille ont peu d'effet. Cependant, les fosses iliaques ne sont pas douloureuses ce matin. Les lésions anales sont très douloureuses. Sensations de picotements. Début du traitement intensif.

6 mars. Il y a eu dans l’après-midi une débâcle importante qui s’est continuée dans la nuit. Ce matin, iln’y a pas de picotements, mais des démangeaisons comme d'habitude. Pression dans les fosses iliaques modérément sensible.

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