‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 22 sur 34 · LINE · texte numérisé non relu

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7 mars. Continuation du traitement; les démangeaisons au niveau des lésions persistent, mais les douleurs ont totalement disparu. L'examen au spéculum n’a pu être pratiqué à cause de la très grande sensibilité vulvaire.

9 mars. Une selle très peu abondante hier. Fosses iliaques toujours sensibles. Dernier jour de traitement. Lésions sont très améliorées ; elles suintent moins ; sont plus affaissées, ne sont plus prurigineuses. Pas de gingivite. *

11 mars. A eu dans la nuit un vomissementalimentaire avec douleurs de ventre très vives; sensations de torsion, de coliques, réparties dans tout le ventre, sans prédominance de côté. Ce matin, encore des douleurs dans le ventre, mais beaucoup moins vives que dans la nuit. Une selle normale sans coliques. La malade a eu ses règles le mois dernier, le 9. Elle a habituellement deux à trois jours de retard. Elle se trouve exactement, par conséquent, à la période où devraient débuter ses menstrues.

12 mars. Après-midi d'hier bonne, pas de douleurs, bonne nuit; ce matin, quand la malade se tourne dans son lit, quelques douleurs ; fosses iliaques sensibles au palper surtout à droite. Lésions en très bonne voie d'amélioration, aucune douleur ; nul picotement. Roséole a totalement disparu.

13 mars. Pas de douleur hier après midi; une selle non diarrhéique le soir. Bonne nuit. A la palpation, fosse iliaque droite un peu sensible. La lésion n’est plus douloureuse, elle s’affaisse, à beaucoup pâli, ne suinte presque plus. Appétit tout à fait revenu.

16 mars. À souffert cette nuit de ses condylomes qui sont un peu enflammés ce matin. La malade se plaint d’un peu de douleur dans la gorge; on ne constate rien à l’examen.

20 mars. Les végétations de la région inguino-crurale supérieure continuent à s’affaisser ; les végétations périnéales et péri-anales sont encore très saillantes. Nul symptôme subjectif, Garde-robes normales

sans lavements. Trachéo-bronchite légère depuis avant-hier soir.

21 mars. Etat sensiblement stationnaire. Trachéo-bronchite va mieux. Le toucher ne peut encore être pratiqué.

23 mars. Trachéo-bronchite guérie. Les condylomes péri-anaux sont douloureux spontanément depuis cette nuit (picotements et élan-

cements).

ete

25 mars. Il continue à y avoir aux condylomes des picotements et des élancements «tout comme avant», au point d'empêcher le sommeil, et les condylomes sont devenus, au périnée, beaucoup plus suintants et même plus saillants. Pas de selle hier ni aujourd’hui; très peu avanthier. Appétit depuis deux jours diminué ; aucune infraction alimentaire. Insomnie depuis deux jours. Pas de règles.

26 mars. Toucher vaginal pratiqué par M. Siredey; diagnostic : annexite double avec une certaine prédominance à gauche.

27 mars. Sensations douloureuses persistantes; le suintement et le bourgeonnement progressent et, d’une manière générale, le bourrelet périnéal gauche prédomine un peu sur le droit; la pression dans les deux fosses iliaques est très douloureuse; il y a peu de leucorrhée et Jamais il n'y en a eu beaucoup. Le pansement local et les lavages sont bien faits et toujours dans les mêmes conditions.

28 mars. Pas de selle depuis avant-hier. Ventre douloureux. Lésions dans le même état toujours prurigineuses et suintantes.

29 mars. Un lavement hier sans effet; ventre toujours douloureux. ” Lésion condylomateuse, élancements et picotements.

30 mars. Grande débâcle après deux verres d’eau de Sedlitz.

1‘ avril. Les lésions vont mieux; elles sont moins prurigineuses.

2 avril. Plus de picotements dans les condylomes ; encore un peu de

prurit. Sensibilité persiste dans le ventre, surtout à droite.

4 avril. Une selle hier matin, normale. Les condylomes sont depuis hier plus douloureux (élancements et picotements); la sensibilité n'a pas augmenté dans le ventre. Pas de changement apparent dans l’état des lésions qui suinteraient peut-être davantage.

5 avril. Une selle pénible ce matin ; ventre sensible, surtout à droite. Condylomes toujours douloureux empêchant la malade de dormir.

6 avril. Bonne nuit; les condylomes sont beaucoup moins douloureux ; le ventre n’est pas sensible ; une selle hier, mais peu abondante.

8 avril. De nouveau, douleurs dans les condylomes et le ventre; constipée depuis deux jours.

9 avril. Au traitement intensif depuis ce matin. À eu, ce matin, une selle douloureuse et peu abondante.

10 avril. Ce matin il y a eu aux parties génitales un peu plus de sensations pénibles (tiraillements, picotements). Constipation plus

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accentuée depuis deux jours: il y aurait peut-être un peu plus de bourgeonnement. Or nous sommes au moment habituel des règles, qui n’ont pas paru depuis deux mois. Mème pansement local. Continuation du traitement Hg.

A1 avril. Atténuation des douleurs; un peu moins de bourgeonnement et de suintement. Une selle ce matin. Ventre toujours très sensible.

13 avril. Quelques douleurs de ventre; on supprime le lavement mercuriel et on continue le traitement:

15 avril. H n’y a plus, depuis trois ou quatre jours déjà, aucune sensation pénible aux parties; le suintement a disparu et il semble que les lésions tendent à s’affaisser. La pression pelvienne est moins sensible. Traitement arrèté aujourd'hui, au septième jour inclus. Le lavement est supprimé depuis quatre jours en raison de coliques générales avec un peu d’élévation thermique et d’inappétence.

17 avril. Arrêt des coliques depuis deux jours. Température normale. Depuis hier, douleur dans le cul-de-sac gingivo-génien droit. Ce matin, forte gingivite tartrique aveculcération gingivo-génienne postérieure, plus une plaque muqueuse sur le pilier antérieur droit. Pas de fétidité ni de salivation. Lavage de bouche et cautérisation teinture d’iode.

20 avril. Guérison presque complète de la gingivite; les lésions condylomateuses sont un peu améliorées.

24 avril. Tout lavement suspendu depuis le 29 mars; constipation un peu plus accentuée depuis trois à quatre jours; il semble qu’il y ait un léger réveil des picotements aux condylomes. Cependant la pression est très aisément supportable et parait moins sensible dans les fosses iliaques, même immédiatement derrière le pubis.

25 avril. Traitement intensif commencé ce matin.

26 avril. Régression certaine mais très lente des masses condylomateuses. Pas de troubles sensitifs actuellement ; bon état général, pas de constipation. Traitement bien supporté.

4 mai. Traitement suspendu le 30 avril et, depuis, cautérisation quotidienne des chancres du côté droit avec du nitrate acide de mercure. Régression assez appréciable de la masse condylomateuse.

6 mai. Depuis deux ou trois jours, leucorrhée plus abondante ; le moment des règles approche (9). Très bon état général. Il n’y à plus nulle sensibilité rétro-pubienne, même à pression forte,

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8 mai. La régression continue à droite ; elle existe aussi un peu à gauche, mais il semble évident qu'il y a parfois contact entre les deux surfaces. La leucorrhée diminue; elle est revenue au taux ordinaire. Pas de constipation. Bon état général.

10 mai. La régression continue tant à droite où la masse condylomateuse est devenue comme racornie et desséchée, qu'à gauche où elle s’affaisse simplement sans cet aspect particulier. La leucorrhée serait moindre que d'ordinaire. Bon état général.

43 mai. A souffert un peu du ventre hier sous forme de coliques diffuses, n'avait pas d’appétit; règles survenues ce matin, sans coliques ; abondance habituelle. Condylomes vont très bien, disparaissant de jour en jour.

17 mai. Règles ont cessé ce matin, ont eu abondance ordinaire, non douloureuses. La régression continue des deux côtés et elle est presque aussi avancée à gauche qu'à droite, pourtant il s’est fait à gauche un prolongement de la végétalion condylomateuse jusqu’au fond du pli coccygien avec un peu d'extension à la partie droite la plus extrème de ce pli. Rien de changé au traitement. À

20 mai. D'après la malade, la dernière période prémenstruelle aurait été douloureuse pendant deux jours (contradiction avec notre propre constatation du 13). Ce qui est sûr, c’est que la régression des masses primitives s'est accentuée ; d'autre part, le bourgeonnement juxta-coccygien gauche s’est renforcé ; il est suintant et un peu sensible. Pas de sensibilité pelvienne.

Ogservarion XV

Ulcérations de la jambe droile probablement syphililiques. — Traitement intensil. — Grande amélioration.

F..., cuisinière de restaurant, cinquante-neuf ans.

Entrée à l'hôpital Saint-Antoine, le 43 avril, pour ulcérations de la jambe droite, datant : l'une, au niveau du genou, de novembre 1906, consécutive à une chute dans un escalier; l’autré, à la partie inférieure de a jambe, de janvier, consécutive à une deuxième chute dans un escalier,

Antécédents personnels. — Pas de maladie importante.

Vie génitale: Réglée à seize ans; leucorrhée habituelle. Première grossesse à vingt-huit ans; accouchement six semaines avant terme, sans cause connue ; enfant ne vit pas. Deuxième grossesse à quarantequatre ans; enfant né à terme; âgé actuellement de quinze ans, bien portant. Troisième grossesse à quarante-six ans qui se termine par une fausse couche de trois mois, survenue après un effort violent (?).

Mariée, mari très buveur. Il y a dix àns, glisse sur un rail, se tourne le pied droit; repos de huit jours. Pas d'accidents spécifiques connus. Pas d’excès de vin ou d’alcool. -

Etat actuel. — Ulcérations à la jambe droite, l’une au niveau de la cheville et du cou-de-pied, bourgeonnante, polycyclique, à aspect d’ulcère simple, à bords atones et décolorés : l’autre, au niveau du genou droit, même aspect, grandeur de la paume de la main.

Très mauvais état de la dentition ; refus de toute intervention dans la bouche.

26 avril. Plaies de la jambe sont peut-être un peu améliorées par le repos au lit; elles n'auraient pas diminué d’étendue, mais seraient moins profondes.

27 avril. Premier jour de traitement.

29 avril. Pas d'incident; continuation du traitement.

2 mai. Traitement terminé hier. Les lésions vont mieux, elles diminuent détendue.

8 mai. Amélioration des lésions continue. Les cinq jours de traitement ont été supportés sans incident, malgré l'état déplorable de la dentition.

45 mai. Une deuxième série de cinq jours a été très bien supportée.

L'état local s'améliore rapidement.

OBservarTION XVI

Hérédo-syphilis. — Ostéomyélite complexe. — Poussées de stomatite mercurielle concomitantes avec crises comitiales ? — Traitement intensif. — Amélioration.

P..., vingt-huit ans, fleuriste.

Entrée le 2 février pour suppuration de la jambe droite. Début de la maladie actuelle remonte à quatre ans. Début par des

douleurs dans le tibia constantes, avec exacerbation nocturne. Sensations d’écrasement, de broiement. Six mois environ après, formation d’abcès qui se mettent à suppurer et qui suppurent encore. Traitement dans un dispensaire ; lavages à eau oxygénée, application de teinture d’iode. Aurait pris un sirop sur la nature duquel on ne peut avoir de renseignements.

Antécédents personnels. — Jusqu'à onze -ans bien portante ; à partir de cet âge, angines à répétition, qui ont entrainé la disparition de la luette. En même temps, tumeur blanche du genou droit, diagnostiquée par un médecin et traitée par application d'appareils silicatés pendant un an, régime fortifiant (huile de foie de morue, quinquina). Guérison. A treize ans, ophtalmie double — amaurose pendant trois mois — se traite (collyres) et guérit. À quatorze ans, suppuration de la branche droite du maxillaire inférieur. Ostéite consécutive à une carie dentaire. Elimination d’un séquestre. Cicatrice.

Vie génitale : Réglée pour la première fois à vingt ans; a seulement deux ou trois menstrues et, à vingt et un ans, première grossesse, normale : enfant né à terme, vivant, en bonne santé et d’un développement régulier jusqu'à présent. Suites de couches normales ; retour de couches quinze jours après et depuis n’est plus réglée. Pas de pertes blanches.

Antécédents héréditaires. — Père, cinquante-neuf ans, repousseur sur cuivre, en bonne santé; aurait eu une pleurésie et une plaie à la jambe consécutive à une contusion, ayant suppuré trois mois. Mère morte à quarante-deux ans, poitrinaire. Une sœur de la mère, épileptique. Un frère, vingt et un ans, au service militaire. Quatre sœurs, une sœur de trente et un ans, mariée, jamais de grossesses ; une sœur de vingt-quatre ans, a eu deux petites filles, une de six ans bien portante, une morte à trois ans ; une sœur de dix-huit ans.

Etal actuel. — Jambe droite en très mauvais état. Suppuration diffuse et abondante. Lésions des os, des muscles et de la peau, trajets fistuleux un peu partout. Douleurs violentes ostéocopes diurnes et surtout nocturnes dans toute la jambe droite remontant jusqu’à la hanche. Quelques douleurs même dans le membre inférieur gauche.

15 février. La malade a la bouche en très mauvais état, nombreuses dents cariées ; elle refuse absolument toute intervention de ce côté-là; on commence cependant le traitement mercuriel intensif.

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16 février. Après un jour de traitement, la malade constate de l’amélioration, ses douleurs de jambes ont diminué ; pas de gingivite.

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