NM
3 mars. Après extractions diverses, la céphalée, qui n'avait pas cédé jusqu’à ce jour, disparaît complètement l'après-midi et la nuit.
4 mars. Réapparition d’une céphalée assez violente dans l’aprèsmidi, mais cependant moindre qu'auparavant et correspondant avec une ascension de température à 385 ; la malade a beaucoup souffert au niveau de points qui ont été meurtris par l’extraction dentaire.
5 mars. Amélioration considérable et diminution de la céphalée.
12 mars. La céphalée n’a pas reparu depuis une semaine, la cicatrisation des gencives se fait bien, elles ne sont plus douloureuses.
22 mars. Quelques douleurs de tête, surtout le matin et Îe soir, mais moins fortes et localisées surtout à la région temporale des deux côtés.
État anémique assez marqué, légère décoloration des muqueuses, pàleur assez franche du visage.
8 h. 45 matin (Malassez) : Globules rouges, 2.670.000 ; Globules blancs, 5.400.
28 mars. La malade à depuis trois ou quatre jours un rhume de cerveau, le nez a beaucoup coulé. La malade n’a que rarement des rhumes de cerveau et ne sait à quoi attribuer le rhume actuel, elle s’est réveillée un matin avec le rhume.
Le mal de tête s’est déclaré dans l'après-midi et a continué depuis. Il est plus fort le jour. Siège sur le front sans être plus accentué d’un côté que de l’autre. f
La malade ne reconnaît pas les qualités de sa céphalée antérieure. Le siège depuis l’origine de ce récent mal de tête est exclusivement frontal, tandis que le précédent était principalement occipital avec des sensations lancinantes. Aujourd'hui, la sensation est surtout constrictive, tensive, avec répercussion oculaire. Lors des précédents coryzas, pas très fréquents d’ailleurs, il n’y aurait pas eu céphalée comparable à celle d'aujourd'hui.
29 mars. Epistaxis de la narine gauche, suivie d’un soulagement notable du mal à la tête. La percussion de la région frontale droite est très sensible et, au dire de la malade, le serait depuis le début de la céphalée ; tendance au larmoiement.
31 mars. Deuxième piqüre de 0,01 de biiodure.
2 avril. OEdème cutané et, au-dessous de l’œdème, petite zone périostique. Douleur à la percussion, de la région frontale droite jusqu’à 4 ou
Pepe ua 2 centimètres en arrière de la bordure des cheveux. Douleur à la percussion des régions sus et rétro-auriculaires gauches. Plaque fissuraire de la commissure droite. Larges placards dépapillés et érosifs sur la langue. La roséole n'existe plus qu'à l’état de reliquat, notamment sur les cuisses. :
Traitement intensif.
Réflexe sensitif de la pupille fort. Souffre encore de sa tête, élancements, tiraillements, mais le mal de tête a néanmoins bien diminué. Tête sensible au toucher.
5 avril. Bosse périostique presque complètement affaissée. Il y a encore une région très sensible à la percussion à l'endroit et un peu au-dessous de la bosse périostique. À la partie incisive du maxillaire supérieur, les gencives sont tuméliées et présentent un aspect godronné.
8 avril. La bosse périostique a complètement disparu. Suspension du traitement qui « fatigue » la malade.
9 avril. Les gencives sont gonflées et douloureuses ; la salivation et la fétidité de l'haleine commencent à apparaitre.
42 avril. L'état de la bouche est bon. L’épidermisation linguale se refait avec une grande rapidité ; les zones lisses, vernissées, qui s’élalaient en larges surfaces, se restreignent rapidement. L'état général est excellent.
45 avril. La malade quitte lhôpital; rien à la vulve; quelques plaques buccales en voie de régression, traces de maculation légères, suite de la roséole. Très bon état général, aucune douleur, bon appétit, pas de céphalée.
20 avril. La malade revient se montrer; l’état général est toujours bon, mais la malade s’est surmenée (coït, ete., ete.) et parait assez fatiguée.
27 avril. Plaques buccales nouvelles, pas de sensibilité à la percus-
sion de la face.
OBsERvATION XXIV
Syphilis. — Syphilis secondaire (roséole, adénopathies, céphalée, grande nervosité).
— Tuméfactions clitoridiennes (pendant le traitement). — Traitement intensif (deux périodes) bien supporté et actif sur syphilis secondaire, mais récidive rapide.
M..., âgée de vingt et un ans, foraine. Entrée, le 4 juin 1905, salle Rostan.
Antécédents héréditaires. — Père, mort d'accident à cinquante-deux ans. Mère, morte en couches. Trois collatéraux vivants, bien portants.
Antécédents personnels. — Rougeole à huit ans. Jamais de grande maladie, mais tempérament malingre. Maux d'estomac fréquents. Réglée à douze ans et demi. Mariée, mari syphilitique ; deux enfants : un vivant bien portant, un mort en bas âge. Pas de fausses couches.
Rien jusqu’en 1905.
Histoire de la maladie (Fin mars 1905). — Pertes blanches abondantes. Céphalées diurnes très violentes. Dépilation. Adénopathie inguinale douloureuse, bilatérale.
Avril. Plaques rouges légèrement prurigineuses sur les bras et les . cuisses. Céphalée, dépilation persistantes. À ce moment, aucune ulcération constatée des organes génitaux ni de la bouche.
Mi-avril. Maux de gorge s'ajoutent aux troubles préexistants. Malade devient très nerveuse; change de caractère, devient très irascible. mélancolique. Pas de traitement.
Mai. Apparition de boutons sur la face externe des grandes lèvres et d’une douleur vive dans tout le ventre rendant la marche très pénible. Céphalée, maux de gorge, dépilation, éruption persistent. Toujours pas de traitement.
4 juin. Entre à l'hôpital.
Etal actuel (5 juin). — Céphalées nocturnes. Dépilation diffuse. Bon état général; bon appétit. Insomnies. Roséole sur le tronc, la face interne des cuisses et les bras. Adénopathies inguinales, sous-maxillaire. Gorge un peu rouge. Grande nervosité. Réflexes normaux. Pas d’alcoolisme. Légère pigmentation du cou. Gingivite inférieure.
9 juin. Traitement.
Poe
12 juin. Céphalée plus vive, mais la malade est tombée il y a deux jours sur la région frontale droite. Eruption a nettement pli. Traitement bien supporté.
15 juin. Amélioration de la céphalée. Eruption a disparu. Soulfre un peu en urinant depuis hier.
16 juin. Le clitoris dans son ensemble est rouge et le repli sus-clitoridien est exulcéré à sa base, à droite; la douleur siège à son niveau. Condylomes végétants de l’anus. À
23 juin. Le clitoris est toujours rouge et exulcéré à droite. Le condylome semble n'être qu'une marisque dont la peau a subi la papillomatisation banale.
26 juin. Traitement bien supporté. Bon état général. Lésions en pleine voie de régression.
27 juin. Coliques. Légère tuméflaction gingivale. Suspension du trailement.
1° juillet. Dysphagie. Légère rougeur du pilier gauche.
3 juillet. Dysphagie a disparu. Gorge rouge des deux côtés.
8 juillet. Gorge et amygdales sont nettes. Pas de dysphagie. Bon état général.
10 juillet. Le nervosisme s’est bien atténué. Réflexes sont redevenus normaux. Hyperesthésie cutanée et musculaire persiste. Toutes les lésions cutanées, vulvaires, anales ont disparu. Seule la pigmentation du cou persiste. La malade sort de hôpital.
22 août. Passage de la malade dans Le service pour torticolis (trapèze), vomissements, éruption aux avant-bras.
Traitement intensif. Sort le 20 septembre, guérie.
OgservarTion XXV
Syphilis. — Ulcération de la fourchette (probablement accident initial). — Hyperesthésie cutanée et musculaire. — Prurit. — Névralgie. — Eruption papulosquameuse. — Traitement intensif peu efficient. — OEdème de la grande lèvre droite, avec floraison d'éléments érupüfs inguinaux surtout à droite, précédés et accompagnés de douleurs pelviennes el crurales à droite. — Annexite double
Claire D..., dix-sept ans, coulurière. Entrée, le 20 juin 1905, salle Rostan.
Antécédents héréditaires. — Père vivant, bien portant. Mère vivante, bien portante. Un frère mort en bas âge de maladie inconnue.
Antécédents personnels. — Rougeole à quatre ans. Ophtalmie pendant six mois soignée par un spécialiste. Réglée à quinze ans.
Juin 1904. Pelade occipitale survenue en même temps que névralgies dentaires intenses, ayant duré pendant huit mois, soignée à Saint-Louis, maintenant complètement guérie.
Mai 1905. Au commencement du mois apparaissent des maux de tète violents, continuels, surtout marqués.la nuit, empêchant tout sommeil. Malade devient triste, revêche, irritable. Souffre en urinant; découvre à l'angle inférieur de la vulve une ulcération. Maux de tête, irritabilité, insomnie persistent et s'exagèrent.
Quelques jours après, tuméfaction douloureuse des ganglions de l'aine droite, gènant beaucoup la marche. Aucune consultation; aucun traitement.
Juin. L'ulcération génitale qui s’est accrue progressivement à atteint le diamètre d'une pièce de { franc et provoque de vives douleurs quand la malade va à la selle. Maux de tête de plus en plus violents. Agitation, irritabilité croissent et atteignent un degré tel que la malade est obligée de quitter sa place le 13. Toujours pas d’éruption.
20 juin. Entrée à l'hôpital. Bon état général (bon appétit; sommeil léger). Céphalée intermittente frontale. Pas de dépilation. Adénopathie inguinale droite douloureuse. Sur la face interne des cuisses, quelques rares éléments papuleux rougetres. En avant de la fourchette, exulcération étendue en. surface, non indurée, reste d’une ulcération plus étendue dont on perçoit la cicatrice sur la face interne de la commissure inférieure de la vulve. Hypersensibilité cutanée et musculaire. Nervosisme exagéré ; la malade est très irritable, rit et pleure facilement. Exagération des réflexes. Gorge un peu rouge; quelques plaques sur l’amygdale gauche.
26 juin. Céphalée légère depuis hier.
28 juin. Hyperesthésie cutanée et musculaire a beaucoup augmenté, La pression des masses musculaires est très douloureuse et laffleurage léger de la peau de l'abdomen détermine un réflexe très vif à ce niveau. Réllexes pupillaires, photomoteur et sensitif très vifs. La malade ne peut fixer un point sans une sensation de fatigue douloureuse. Mal de tête depuis deux à trois jours. Dépilation commençante. Les amygdales, surtout la gauche, sont exulcérées et couvertes de points blancs. Quel-
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ques papules sont en train de naïitre çà et là à fleur de peau. On trouve toujours un petit bourrelet induré en arrière de la fourchette, mais il n'est pas sûr que ce soit là le reste de l’accident initial.
Depuis deux jours, prurit généralisé et vif; on voit de-ci de-là quelques papules d'urticaire et la pression provoque anssi le relief urticarien en certains points. D'autre part, la raie blanche est très nette.
Le caractère est revenu à son état normal.
Les dernières règles remontent au Î* juin.
20 juin. Le prurit est toujours vif et c’est la première fois que la malade en a. Le mal de tête a disparu hier. Il avait son maximum à droite et il s'était renforcé depuis lablation d’une dent de ce côté. Une dent gauche a été arrachée avant-hier.
3 juillet. Plus de prurit. Eruption franchement en voie de disparition. Les amygdales sont moins grosses et presque nettes. Sur la langue, hypertrophie des papilles fongiformes, en arrière où la langue est en même temps pileuse, en avant sur la pointe et en bas.
La céphalalgie sus-orbilaire qui avait disparu a reparu hier soir. Elle persiste ce matin, mais atténuée. Pas d'intervention dentaire depuis cinq jours.
6 juillet. Névralgies faciales du côté droit. L'examen de la mâchoire inférieure permet de constater que la dent de sagesse inférieure de ce côté est en voie d'évolution. La pression du point néo-dentaire est très douloureuse et à ce niveau les glandes molaires sous-muqueuses sont hypertrophiées. Amygdale droite est aussi très grosse; la joue droite est peut-être un peu tuméfiée; il y a adénile sterno-mastoïdienne de ce côté. Papulo-squames du tronc en pleine voie de régression.
8 juillet. Irritabilité nerveuse moindre; prurit a diminué. Névralgie sus-orbitaire droite a rétrocédé elle aussi.
10 juillet. Douleur péri-orbitaire droite a presque disparu. Un peu de douleur de la région sous-maxillaire droite. Même état gingival et amygdalien. Règles continuent.
12 juillet. Règles sont terminées. Névralgie sous orbitaire droite à disparu. Sensibilité sous-maxillaire droite a diminué, mais la malade se plaint de sensibilité spontanée à la zone sous-claviculaire droite. Nervosisme général a beaucoup diminué ; sommeil calme, hyperesthésie paraît moindre, Urticarisme a disparu, Les réflexes ont perdu de leur vivacité,
{3 juillet. Dans la nuit du 12 au 13, prurit sans origine alimentaire appréciable, Douleur costale droite encoreaccentuée. Début du traitement. 15 juillet. Douleur au niveau de l'extrémité antérieure de la 3° côte
droite persiste aussi vive. Encore un peu de prurit, surtout la nuit. Il
pe
semble qu'il y ait au niveau de la côte une légère tumélaction. Dans la nuit et la matinée, diarrhée avec coliques. Suppression du traitement.
16 juillet. Persistance de la douleur costale; le prurit demeure, mais léger, Apparition d'une douleur légère au niveau du creux poplité.
{7 juillet, Douleur costale a beaucoup diminué, mais il y à hyperesthésie musculaire dans le domaine du crural et du sciatique poplité interne des deux côtés, mais principalement à gauche. Gorge en bon état, bien que les amygdales soient encore un peu grosses. Nulle dysphagie. Pression des ganglions sous-maxillaires et mastoïdiens un peu douloureuse des deux côtés. Persistance de la diarrhée; pression du bas-ventre douloureuse.
(9 juillet. Phénomènes sensitils, dans leur ensemble, paraissent ètre calmes, Régime lacté,
20 juillet. Les règles, qui étaient apparues déjà au commencement du mois (8 et 10°, mais très peu abondamment — à ce point que la malade
S'imaginait ètre enceinte — sont réapparues hier très abondantes. En mème temps, nervosité exagérée, Cependant, depuis hier après-midi, le prurit, les douleurs costales et erurales ont diminué nettement.
21 juillet. Disparition absolue du prurit. Sédation complète de la douleur de pression sur les trones nerveux sus-mentionnés et sur les muscles, La sensibilité, au point costo-sternal droit, a disparu.
22 juillet. Pression des côtes supérieures encore douloureuse. Abdomen très sensible encore. Uleération de la fourchette est complètement cicatrisée, mais la cicatrice en est très douloureuse à la pression et indurée. Bon état général.
23 juillet. Douleurs costales disparues. Prurit presque nul. Sommeil un peu agité. Règles persistent, mais commencent à diminuer.
24 juillet. Règles terminées, Un peu de malaise général. Une plaque linguale dépapillée très nette. Légère amygdalite ulcéreuse à droite.
25 juillet. Malaise général à disparu. La plaque dépapillée, située sur là face dorsale de la langue, à gauche du sillon médian et vers le tiers postérieur, persiste et la pression à son niveau décèle une légère induation douloureuse. Statu quo amygdalien.
D NP D ET Lam
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26 juillet. Traitement intensif. W y a de petites papules nouvelles, plissées et luisantes, au cou notamment.
27 juillet, Traitement bien supporté, Douleurs articulaires sur tout le membre inférieur droit. Bon état général.
930 juillet. Depuis Ja disparition des règles, la leucorrhée à beaucoup augmenté (leucorrhée post-catamémiale), Douleurs dans tout le baxventre à droite, sensations douloureuses dans le domaine du sciatique et du crural surtout à droite. Arrét-du traitement, Vésions cutanées continuent de régresser. Arthralgie spontanée du genou droit beaucoup moindre.
2 août. Vive douleur dans la cuisse droite depuis Va nuit dernière, Ce matin, la grande lèvre droite est très {uméfiée avec une floraison de papules érosives dans toute la région génilale et géniio-anale, surtout droite. Pression dans le bas-ventre très douloureuse des deux côtés, mais surtout à gauche (toucher pratiqué par M. Siredey démontre l'existence d’une annexite double avec prédominance à gauche,
Ecoulement plus abondant que jamais.
Sensibilité à la pression des muscles et des nerfs de la cuisse est exquise à droite, beaucoup moins vive à gauche, Ces pressions ont éveillé des deux côtés, mais plus abondamment, semble{41, à droite, des saillies urticariennes péri-folliculaires,
La malade était toujours debout ces jours derniers et sans souffrir. Reprise du traitement, Les Vésions de Ja sphère cervicale ont disparu, Repos au lit.
4 août. Pression de l'abdomen toujours douloureuse ainsi que celle de la euisse et du creux poplité à droite surtout.
6 août. Douleurs un peu moins vives, mais diarrhée, Suppression du trailement.
7 août. Les douleurs crurales à la pression persistent, mais elles sont surtout réveiliées par la pression d’un ganglion inguinai, volumineux, bilatéral, très douloureux, Bon état général.
10 août. Douleurs des membres inférieurs ont diminué,
11 août, Traitement.
12 août. Traitement bien supporté. Bon état général ; douleurs bien moins vives,