‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 26 sur 34 · PC TES · texte numérisé non relu

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18 février. L'état de l’ulcération est stationnaire, les anfractuosités sont bien comblées, mais en plus il existe à droite une pelite anfractuosité nouvelle, recouverte d’un enduit diphtéroïde. Les aliments et les liquides ressortent par le nez. Attouchements au bleu de méthylène.

Au bout d’une à deux semaines, disparition presque complète de la douleur de ce côté. Diminution de la céphalée. Amélioration de l’ulcération, cependant toujours renvoi des aliments et des liquides par le nez. P

10 mars. Etant donnée l'allure presque stationnaire des lésions après l'amélioration lente mais assez progressive des premières semaines, malgré les soins locaux variés et répétés et à cause du rejet des liquides par le nez, phénomène qui n'existait pas au début, on met la malade à 5 grammes d'onguent.

18 mars. La malade sort de l'hôpital.

L'amélioration des lésions est réelle; il reste encore un ou deux points légèrement ulcérés au fond de la gorge, mais les ulcérations antérieures et celles du voile sont complètement fermées. L'aspect du voile est rose et lisse. Il persiste cependant encore du rejet des liquides par le nez dans les mouvements de déglutition.

— Deuxième passage (juin 1905) : Vastes délabrements gommeux du voile du palais et de l’isthme. Traitement intensif actif; à sa suppression, la dysphagie recommence. Nouvelle série, sauf injections qui, non tolérées, sont remplacées par une pilule supplémentaire. Sort guérie, sauf déformations acquises.

7 juin. La malade entre pour mal de gorge. Assez bon état général. Mais céphalée violente, surtout la nuit, qui la réveille dès qu’elle commence à dormir; le jour, elle persiste mais moins vive, affectant plutôt le caractère de battements au niveau des tempes. Appétit est bon, mais la malade est obligée de s'abstenir dans une certaine mesure de manger, les aliments lui revenant par le nez. La soif est vive. Pas de dépilation. Douleurs jusque dans les genoux.

Hyperesthésie superficielle et profonde des membres inférieurs, dans

la jambe droite surtout où la malaxation du molletest très douloureuse. Réflexes rotuliens sont exagérés.

Pas d’éruption sur le tronc, les membres, ni la face. Pas d’adéno-

pathie.

L'examen de la gorge laisse voir le voile du palais pâle et flasque, atrophié en totalité, considérablement réduit, rétracté en avant. Le naso-pharynx paraît béant en arrière. La luette, très grêle, est rouge et légèrement déviée à droite etaccolée à lamygdale. Les piliers antérieurs sont effacés et déjetés en dehors; les piliers postérieurs rapprochés de la ligne médiane, comme ramenés en avant. L'amygdale gauche a disparu. L’amygdale droite, très rouge, avec un peu de suppuration cryptique, ulcérée, est fusionnée avec l'arc postérieur du voile très rouge lui-même. Immédiatement en arrière des rebords osseux des palatins, cicatrice blanchâtre, tendue entre l'extrémité supérieure des piliers antérieurs. Sensibilité à son nivéau très diminuée.

Déglutition très difficile; pour avaler, la malade rejette la tête en arrière.

9 juin. Sfatu quo; attouchements au bleu.

45 juin. Dysphagie s’est un peu aggravée.

18 juin. railement intensif avec une pilule supplémentaire.

23 juin. Suspension du traitement. Dysphagie s'améliore. Pas de troubles toxiques.

26 juin. Amélioration continue d’une façon très nette.

28 juin. /eprise du traitement en raison de la réapparition de la dysphagie.

30 juin. L’injection provoque des douleurs. Dysphagie très atténuée. Aspect de l’arrière-gorge est bon. Suppression des injections.

6 juillet. Arrêt du lraitement pour léger malaise (mal au cœur).

8 juillet. Malade sort de hôpital. Etat général excellent. Gorge beaucoup moins rouge. Dysphagie a disparu. Voile du palais est plus ferme, mais la luette a complètement disparu. Plus d'ulcérations pharyngiennes et l’orilice pharyngo-nasal résultant de la rétraction en avant du voile a sensiblement diminué, mais la malade rejette toujours les liquides par les fosses nasales quand elle boit un peu vite. Hvperesthésie du membre inférieur droit persiste.

-- Troisième passage (août 1905) : Réapparilion de l'accident local. Malade sort avec une légère amélioration après deux séries de traitement intensif.

2 août. La malade qui, depuis une huitaine de jours, souffrait de dysphagie, vient à la consultation et entre dans le service. Elle présente

SET pet une large ulcération sanieuse, suppurante et saignante en arrière de l’amygdale droite, se prolongeant loin vers le pharynx. Sur le reste du pharynx, pharyngite granuleuse.

Dès son entrée, #raitement intensif. Attouchement local au bleu de méthylène.

5 août. Même état. Céphalée violente, nocturne surtout. Traitement bien supporté.

7 août. Traitement supprimé aujourd'hui, bien supporté. Amélioration légère de la plaie pharyngienne.

10 août. Ulcération du pharynx se déterge peu à peu, mais est toujours très étendue. Céphalée améliorée par antipyrine.

14 août. Continuation de l'amélioration, mais lente. Dysphagie moindre. Céphalée persistante. Reprise du traitement.

18 août. Céphalée a disparu. Etat de la gorge stationnaire.

23 août. Peu de modifications localement. Attouchements au crayon de nitrate d'argent. Traitement bien supporté.

27 août. Malade demande à sortir. Légère amélioration locale.

Le traitement intensif (sans injection) a été bien supporté du 14 au 27 août.

Ogservarion XXII

Syphilis. — Accident initial méconnu. — Syphilides tuberculeuses en larges placards datant de plusieurs années. — Traitement intensif : plusieurs périodes. — Amélioration rapide se poursuivant dans les intervalles.

L..., soixante ans, cuisinière. Entrée, le 44 juillet 1905, salle Rostan.

Antécédents héréditaires. — Père mort, mère morte à soixante-dix-huit ans, maladies inconnues. Un frère, une sœur, morts de maladies inconnues.

Antécédents personnels. — Non mariée. Un enfant de père inconnu mort à six semaines. Pas de fausse couche. Réglée à dix-huit ans. Etant enfant, jamais de coryza, d’otite ou d’ophtalmie. Pas de maladie jusqu’en 1903. Alcoolisme (deux litres et demi de vin et des apéritifs).

Février 1903. Apparition sur les jambes de boutons surélevés semblables à ceux qu’elle a actuellement, mais beaucoup moins étendus, non prurigineux.

Hir. 6

Roi

Aucun traitement. :

Conserve un très bon état général et continue son travail sans fatigue.

Les mois suivants, l’éruption persiste, surtout abondante les jours de grande chaleur et toujours sans aucun trouble fonctionnel. Mais elle s'étend progressivement au tronc et aux bras. L'hiver, les lésions pâlissaient, mais ne disparaissaient jamais.

1904. Même état des lésions cutanées et persistance d’une santé florissante, avec les mêmes alternatives de recrudescence et d'amélioration de l’éruption.

1905. Au commencement de l’année, les boutons s'étendent, deviennent plus rouges et envahissent le dos.

La malade consulte un pharmacien qui lui donne de la poudre d’amidon.

Juillet. Fatiguée par son métier, très pénible, elle quitte sa place. Entre à l’hôpital le 1#.

16 juillet. Bon état général ; bon appétit, bon sommeil. Pas d’excitation ; réflexes normaux. Pas d’adénopathie.

Sur le dos, à la région interscapulaire surtout, larges placards circinés comprenant une bordure ondulée d'éléments papuleux rouge pâle, circonscrivant une zone intermédiaire gaufrée, gris sale, aplatie. Ces éléments sont absolument indolores et on en trouve encore sur les épaules, les bras, les fesses et Les plis fessiers.

Pas de céphalée. Pas de dépilation. Pas d’éruption autre.

22 juillet. Traitement intensif.

24 juillet. Traitement bien supporté. Affaissement de la bordure néoplasique a commencé.

25 juillet. Gingivite. Tuméfaction du segment gauche de la lèvre supérieure. La face interne des lèvres et les gencives sont le siège d’une sensation de brûlure très vive. Suspension du traitement.

27 juillet. La régression de la bordure néoplasique s’est accentuée d’une façon très nette. Bon état général.

2 août. Aeprise du traitement. semble que le bénéfice ne soit pas encore complètement arrêté.

4 août. Traitement bien supporté. Les placards continuent de pâlir.

5 août. Suppression du traitement. Aucun accident ; régression

continue.

RS es

8 août. Régression persistante mais très lente, lenteur contrastant avec la rapidité du processus régressif du début.

9 août. Les placards pälissent lentement, mais leur bordure néoplasique à presque totalement disparu et il ne reste guère que quelques plaques desquamantes à leur niveau. /?eprise du traitement.

12 août. Traitement bien supporté. Les néoplasies circinées ont disparu, sauf quelques rares éléments peu indurés et en pleine voie de régression. Les éléments érythémateux sont aujourd’hui très pâles.

1% août. Traitement arrêté aujourd'hui. A été très bien supporté.

16 août. Sortie de la malade dont les placards sont très pâles et plus du tout indurés.

Ogservarion XXIIT

Roséole. — Plaques muqueuses, plaques de la langue. — Violente céphalée depuis longtemps, cédant brusquement en deux jours après la mise en état des dents. — Périostite frontale précédée d’un coryza violent. — Traitement intensif. — Guérison rapide.

B..., vingt-cinq ans.

Antécédents héréditaires. — Mère morte, père bien portant: géniteurs jeunes. Frères et sœurs bien portants. ÿ

Antécédents personnels. — Fièvre typhoïde à vingt ans, trois mois à l'hôpital.

Histoire de la maladie. — 10 février. Plaque clitoridienne (aurait remarqué cependant un petit bouton deux ou trois jours auparavant). Presque en même temps apparition d’une roséole importante, de céphalée surtout nocturne, martelante, réveillant la malade, de perte d’appétit, d’amaigrissement. Cette céphalée, très intense et d’une durée d’un mois, était d'autant plus mal supportée de la malade qu’elle n'avait jamais souffert de la tête auparavant.

Élat actuel. — 20 février 1905. Roséole importante du tronc et des membres. Plaques buccales et vulvaires, plaques buccales de dépapillation. Céphalée intense, pas de chute de cheveux. Rougit facilement, ne devient pas rouge après le repas. Digère assez bien. Amaigrissement. Asthénie notable. Dents : extraction de quatre racines et de trois dents.

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