‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 31 sur 34 · DOTE · texte numérisé non relu

DOTE

Actuellement, la mofilité est presque entièrement revenue ; le malade peut se lever et même marcher; il peut se servir de sa main même pour écrire. Il y a simplement un peu moins de force du côté droit.

Sensibilité. — Légère hypoesthésie cu tanée du côté droit. La sensibilité profonde par le pincement des masses musculaires se révèle, mais moins forte que du côté gauche.

Aphasie. — Le malade parle presque tout à fait d’une façon normale, avec seulement un peu d’hésitation. Î reconnait bien tous les objets qu’on lui présente.

Réflexes patellaires encore exagérés, surtout à droite. Encore du clonus net. Réflexes pupillaires normaux.

Avril 1906. Le malade sort, parlant bien (il scande encore un peu),

marchant et se promenant (quoique peu solide sur ses jambes). Réflexe rotulien un peu exagéré à droite.

OgservarTion XXIX

Syphilis. — Ulcération de la fourchette. — Roséole, céphalée, plaques amygdaliennes. — Traitement intensif. — Guérison.

Marguerite B..., dix-sept ans. Entrée, le 10 juillet 1905, salle Rostan.

Antécédents héréditaires. — Père et mère vivants en bonne santé. Un frère et deux sœurs bien portants.

Antécédents personnels. — Réglée à onze ans. Règles normales depuis. Jamais de fausses couches. Fièvre typhoïde à cinq ans. Scarlatine à neuf ans. Chorée à douze ans.

Mai 1905. Au commencement du mois, douleurs en urinant durant jusque vers le 15, sans autre symptôme.

Fin mai. Apparition sur la face interne de la fourchette d'un petit bouton très prurigineux qui s'écorche ensuite et forme une ulcération suintante s'étendant rapidement et atteignant la surface d’un haricot et siège de douleurs aiguës et continues. Pas d’adénopathie. En même temps, céphalées violentes, continues, diurnes et nocturnes. Nulle altération du caractère.

Juin. Même état. Persistance des céphalées et de lulcération. Apparition d’une dépilation diffuse, abondante. Pas dinsomnie. Pas de

Hir,

LAURE maux de gorge. Pas d'adénopathie. Pas d'éruption. Continuation d’un bon état général. Caractère toujours égal, pas d’irritabilité.

10 juillet. Le même état de la lésion vulvaire persistant, les troubles fonctionnels restant les mêmes, des douleurs abdominales gastriques s’y étant ajoutées, la malade entre dans le service.

Etat actuel (MA juillet). — Bon état général. Bon appétit; bon sommeil, mais plus agité que précédemment. Céphalée vive persistant jour el nuit. La malade se plaint d'être très énervée à certains moments. Dépilation diffuse. Sur le tronc, pas d’éruption. Dans la gorge, nulle ulcération, mais rougeur diffuse sans dysphagie. Réflexes patellaires exagérés.

Sensibilité : Hyperesthésie cutanée et musculaire généralisée, mais prédominant à droite.

Adénopathie inguinale, droite surtout. :

Sur {a face interne de la fourchette, ulcération de 4 centimètre environ indurée.

16 juillet. Bon état général. La bouche est mise en état. Céphalée persistante.

24 juillet. Début de l'apparition d’une éruption (roséole ou papules ?) Céphalée persiste avec maximum péri-orbitaire droit. Adénopathie sousmaxillaire surtout droite.

25 juillet. Sfatu quo de l’éruption. Ulcération de la fourchette persiste, mais en partie cicatrisée; à son niveau, induration assez étendue. La lésion est douloureuse et saigne facilement.

25 juillet. Il y a indubitablement des éléments de syphilides psoriasiformes encore jeunes en pleine voie d'évolution. Sfatu quo de l’état général.

31 juillet. Gorge un peu rouge, mais non ulcérée. Un peu de dysphagie. Petite ulcération de la commissure labiale gauche. Bon état général.

2 août. La dysphagie a augmenté. Gorge rouge, mais non nettement exulcérée.

4 août. Persistance de quelques éléments roséoliques sur le tronc et de quelques papules jambonnées sur les cuisses. La dysphagie existe toujours et la gorge est rouge, granuleuse, mais non ulcéreuse.

6 août. TI semble queles éléments roséoliques soient plus abondants.

es Dysphagie persistante. L'examen de la gorge permet de voir le pôle supérieur de lamygdale gauche ulcéré et l’'amygdale droite tuméfiée et grisâtre. Bon état général.

9 août. 7raitement intensif. Dysphagie persistante; quelques plaques ulcéreuses sur l’amygdale gauche. Eléments roséoliques persistants, mais toujours rares sur le tronc. Papules jambonnées, jaunissantes, sur la face postérieure des cuisses. Bon état général.

12 août. Sfatu quo. Traitement bien supporté.

15 août. Traitement suspendu; diarrhée; bon état général. Les papules sont presque effacées, mais les grandes lèvres sont encore un peu tuméfiées et exulcérées légèrement. Amygdales sont rouges, mais ne paraissent plus ulcérées.

18 août. Amélioration des ulcérations vulvaires. Roséole a complètement disparu.

23 août. Reprise du traitement. Les ulcérations des grandes lèvres sont presque complètement cicatrisées. C’est le seul accident qui persiste.

27 août. Arrêt du traitement pour diarrhée et salivation légère.

4 septembre. Reprise du traitement. La tuméfaction et les ulcérations des grandes lèvres ont disparu.

6 septembre. Traitement bien supporté.

8 septembre. Malade sort de l'hôpital. Bon état général. Lésions ulcératives disparues. Encore quelques rares éléments papuleux très pâles sur la face postérieure des cuisses. Nervosisme à nettement rétro-

cédé et la malade est calme. Réflexes normaux.

OgservarTion XXX

Syphilis. — Chancre: novembre 1904. — Actuellement : série d'accidents secondaires. — Nervosité extrême. — Traitement intensif. — Amélioration peu appréciable.

J..., vingt-quatre ans. Entrée, le 25 mai, salle Rostan. Antécédents héréditaires. — Mère morte de fluxion de poitrine. Père mort à soixante-huit ans, de ramollissement cérébral. Trois frères et

trois sœurs bien portants. Un mort à’trois ans, de convulsions.

Antécédents personnels. — Mariée pendant huit ans. Mari mort de tuberculose il y a huit jours; était alcoolique et syphilitique. Jamais de grossesse. Pas de maladie jusqu’en 1904.

190% (fin décembre). Maux de gorge. Malaise général. Céphalées, étourdissements. Douleur en urinant. Rougeurs sur le tronc et les bras. Rien aux organes génitaux externes.

Janvier 1905. Apparition de deux petits boutons sur les grandes lèvres, soulevés, prurigineux. Maux de gorge persistants. Céphalée. Pas de dépilation. Rougeurs sur le corps, les bras et les jambes. Pas de traitement. Depuis ce temps, pas d'amélioration.

17 mai. Malade vient à la consultation pour mal de gorge et boutons aux grandes lèvres. Sur la face interne des grandes lèvres, petite ulcé- “ation, légèrement saillante, non indurée. Face interne des amygdales, plaques muqueuses en voie de régression.

23 mai. Revient à la consultation; elle entre à lhôpital.

26 mai. Aujourd'hui, gorge rouge; amygdales tuméfiées, couvertes de plaques muqueuses. Syphilis pigmentaire du cou. Dépilation diffuse intense. Adénopathie inguinale bilatérale. Pas d’adénopathie sousmaxillaire. Céphalée nocturne. Insomnie. Nervosité extrème. Depuis le 17 mai, la malade a été traitée par attouchements à la teinture d’iode et deux pilules de protoiodure. Maux d'estomac et nausées.

29 mai. 7railement intensif.

91 mai. Un peu de diarrhée.

5 juin. Gorge complètement nettoyée. Amygdales moins tuméfiées. Dysphagie a disparu. Dépilation serait moindre, mais cependant encore importante et le cuir chevelu paraît sensible. Exaltation du système nerveux est moindre. Suspension du trailement. Gingivite, bien que la bouche soit en bon état.

9 juin. Amélioration s’est accentuée. Légère névralgie costale gauche. Æeprise du traitement.

12 juin. Lésions de la gorge et syphilide pigmentaire ont régressé. Insomnie, céphalée persistent. Malade sort de Phôpital.

OBsERvaTION XXXI

Syphilis. — Chancre labial. — Reviviscence chanereuse, — Traitement intensif. — Guérison rapide du chanere sans (raitement local.

M..., vingt-deux ans, domestique. Entrée à l'hôpital le 48 mars.

Chancere datant de deux mois, siégèant à la commissure labiale gauche, de la grandeur d’une pièce de # franc environ. Adénopathie sushyoïdienne et latérale gauche importante.

Accidents secondaires. — Céphalée le soir depuis quatre semaines, parlois plusieurs jours consécutifs. Aucune céphalée depuis huit jours.

Roséole datant de trois semaines. Pas de dépilation.

Antécédents héréditaires. — Parents inconnus. Antécédents personnels. — Pas de maladies graves dans l'enfance ou l'adolescence.

Vie génitale : Réglée à dix-sept ans. Toujours mal réglée depuis. Année dernière a eu un retard de trois mois, suivi d'hémorragie avec caillots, accompagnée de douleurs, avant cessé sous l'influence du repos au bout de quinze jours, sans fièvre. Fausse couche probable. Depuis, à peu près bien réglée, sans douleurs, sans pertes blanches. Pas de grossesse.

Appareil digestif : Bon appétit, digère bien; constipation habituelle.

Alcoolisme léger (un litre de vin et alcools variés chaque jour ces derniers mois).

Bon état de la bouche.

Elat actuel. — Chancre de la commissure ulcéré, douloureux au contact, induré ; adénopathie à gauche. Roséole en pleine activité ayant gagné la face.

Organes génitaux : Plaque muqueuse sur le capuchon clitoridien et dans la région anale. Adénopathie inguinale double. Leucorrhée abondante. Cæcum et S iliaque bourrés de matières fécales, sensibles à la palpation. Pas de selle depuis trois jours.

23 mars. Même état des lésions locales; une selle après lavement hier; pas de douleur dans le ventre; roséole persiste dans le même

état; un peu de céphalée avant-hier et hier soir.

25 mars. Même état des lésions vulvaires; le chancre labial semble avoir une légère reviviscence; douleur dans la gorge à gauche hier.

26 mars. Traitement intensif commencé ce matin.

27 mars. Céphalée assez vive hier soir pendant une heure. Continuation du traitement; pas de diarrhée ni de stomatite.

28 mars. Céphalée à disparu. Roséole papuleuse généralisée; lésions vulvaires toujours prurigineuses.

29 mars. Les lésions vulvaires sont moins prurigineuses. Même état de la roséole; pas de stomatite ni de diarrhée.

30 mars. Léger point de gingivite; arrêt du traitement après quatre jours ; les lésions génitales vont beaucoup mieux; la roséole à diminué.

2 avril. Chancre est presque guéri; l’adénopathie sous-maxillaire très améliorée; la roséole a presque totalement disparu ; il n’y a plus trace de la plaque muqueuse du clitoris. La gingivite a cessé.

5 avril. Traitement intensif commencé ce matin.

6 avril. Continuation du traitement. Tout va bien.

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