avril. Continuation du traitement
9 avril. Dernier jour de traitement. Un peu de gingivite au niveau de la 2° molaire inférieure droite; toutes les lésions spécifiques sont à peu près guéries ; il n’y a que des traces de roséole.
12 avril. Gingivite va beaucoup mieux. Il n’y à pas eu la moindre diarrhée.
15 avril. La malade sort de l'hôpital.
Etal à la sortie : Il ne persiste plus que de la rougeur à la place du
chancre. Il n’y à plus une seule plaque muqueuse. Très bon état
général.
OgservaTiIoN XXXII Syphilis. — Chancre labial. — Roséole de retour. — Hyperostoses. — Trois périodes
de traitement intensif sans résultat très appréciable.
G..., vingt et un ans, employée de commerce. Entrée, le 44 mai 14905, salle Rostan, service de M. le D' Jacquet.
Antécédents héréditaires. — Père, quarante et un ans, tousse, a eu une pleurésie. Mère, quarante-quatre ans, bien portante, Un frère et deux sœurs vivants, bien portants.
HO
Antécédents personnels. — Non mariée. Pas d'enfant, pas de fausse couche. Pas d’alcoolisme. N'a jamais été malade. Très amaigrie vers quatorze ans, obligée de prendre du repos chez elle pendant trois mois.
Avril 1905. Quinze jours avant Pâques, apparition, au-dessous de l'angle du maxillaire inférieur, de « grosseurs » indolores, grosses comme des billes. Les jours suivants, pas d'amélioration. Des grosseurs semblables aux premières ont envahi toute la région sus-hyoïdienne.
Quelques jours avant Pâques, apparition sur la ligne médiane de la lèvre supérieure d'une fissure linéaire à direction antéro-postérieure, indolore, mais gènante, rendant certains mouvements des lèvres difficiles, comme le rire, et laissant suinter un peu de sang à l'occasion de ces mouvements. Cette fissure se recouvrait au repos d'une légère pellicule que la malade écorchait fréquemment.
Quelques jours après Pâques, la fissure s'étend latéralement et la malade va trouver le médecin de sa maison, qui lui recommande de mettre de la vaseline sur la plaie et de prendre un sirop à l’iodure de potassium, des pilules (deux par jour, « comme des grains de poivre ») et de se gargariser avec du chlorate de potasse.
Les lésions continuant à s'étendre, la malade va voir un autre médecin, qui lui donne à prendre des cachets (deux par jour).
Pendant tout ce temps, aucun trouble (ni céphalée, ni éruption), si ce n'est un très léger mal de gorge.
EHe vient à la consultation et entre à l'hôpital le 14 mai.
18 mai. Sur la lèvre supérieure, chancre de la surface de 1 franc environ, ovalaire, à grand axe antéro-postérieur, bords éversés en haut surtout, où il déborde légèrement la muqueuse pour empiéter un peu sur la peau. La surface du chancre est bombée, très rouge, un peu cruentée et ombiliquée vers le centre. Indolence absolue.
Pléiades ganglionnaires. — Le long de la face interne des branches du maxillaire inférieur, dans la région sus-hyoïdienne médiane et le long des sterno-cléido-mastoïdiens, ganglions les uns gros comme des noisettes, les autres moins, indolores, sauf ceux de la région sousmaxillaire droite, légèrement douloureux. Peau normale à leur niveau. Pas de ganglions inguinaux.
Pas de céphalée. Pas de dépilation. Gorge rouge. Lèvre inférieure : petite plaque sur la ligne médiane. Roséole. Dents : râtelier sur Parcade inférieure. Gingivite. Sensibilité normale. Réflexes un peu vifs.
LE Afe
21 mai. Très bon état général. Quelques éléments de roséole. Amygdales rouges, tuméfiées, pas de dysphagie. Hyperexcitabilité musculaire notable.
25 mai. S/alu quo éruptif ou peu s’en faut. Roséole très pauvre et très pâle. Quelques éléments papulo-squameux pauvres aussi. Bon état général. Le chancre forme un énorme champignon avec dépression médiane et éversion périphérique formant un véritable ectropion de la lèvre supérieure.
30 mai. Ponction de la médiane basilique du bras gauche.
31 mai. Chancre labial est plus champignonné que jamais. Eclosion de plaques muqueuses, labiales et linguales. Poussée de syphilides cutanées. Angine spécifique est intense surtout à droite où l’'amygdale est très tuméliée. Il y a plusieurs foyers de lésions dentaires en haut, à droite ; en bas, à gauche. Etat général très bon. Pas de dépilation. Les deux dents de sagesse inférieures sont en voie d'évolution, car la gencive à leur niveau est tuméliée.
2 juin. Depuis le 30, la malade souffre de la face dorsale du bras gauche et le soir de ce même jour, légère ascension de température.
Aujourd'hui, la face dorsale de ce bras est tuméfiée en masse et très douloureuse. Sur le frontal gauche, au-dessus de l'angle interne de l'œil, tuméfaction dépendant nettement de l'os et douloureuse à la palpation profonde.
3 juin. Tumélaction très douloureuse de la partie moyenne de la face antéro-interne de la jambe gauche, avec rougeur des téguments à ce niveau. Température, 375. Bras, jambe, toujours tuméfiés et douloureux.
5 juin. Gorge très rouge. Amygdales très tuméfiées surtout à droite. Tuméfaction de la face dorsale du bras gauche a presque complètement disparu et est devenue indolore. Celle de la partie moyenne de la face antéro-interne de la jambe gauche a beaucoup diminué; la douleur à son niveau est bien amoindrie et les téguments sous-jacents présentent un aspect légèrement ecchymotique. Le frontal est toujours tumélié et douloureux, mais la tuméfaction s’est étendue à droite.
Le chancre depuis quelques jours est assez douloureux.
Sur la face interne et un peu au-dessous de l’épitrochlée, petite tuméfaction limitée, sous-cutanée, mobile, très douloureuse, rappelant assez exactement la forme et le volume d’un noyau de datte.
Tous ces accidents coïncident avec l'apparition de règles normales
ayant débuté le 2 juin et durant encore.
. 7 juin. La céphalée, tant diurne que nocturne, était très forte depuis quelques jours, mais soulagée par l'antipyrine. L'appétit depuis cinq jours à fléchi. Les hyperostoses frontales et tibiales sont encore douloureuses mais moins. L’éruption dans ces derniers jours s’est certainement accrue. Chancre commence à entrer en résolution. La petite tuméfaction épitrochléenne droite èst sensiblement la mème, mais plus nettement limitée ; la peau à son niveau est moins rouge. La bouche n'est pas encore complètement réparée. Pas de dépilation.
9 juin. Eruption cutanée semble entrer en régression et il ne semble pas s'être fait de foyers nouveaux. Les foyers de périostose frontale sont beaucoup moins douloureux et, au centre de celui de droite qui paraissait très régulièrement en forme de coupole plate, on voit un petit mamelon osseux irrégulier. La céphalée frontale persiste et s'éveille le soir mais ne trouble pas le sommeil.
12 juin. Bon appétit et bon sommeil depuis trois jours. Il semble que les petits mamelons osseux frontaux se soient atténués. L'éruption papulo-squameuse est en voie de régression très marquée. La lésion labiale s’est très nettement aplatie. Bouche en bon état.
16 juin. Le noyau inflammatoire constaté au-dessous de l’épitrochlée droite a beaucoup diminué et on le sent nettement en continuité avec un cordon qui descend de l’épitrochlée sur le bord postéro-interne de l’avant-bras où il se perd. Nerf ou lymphatique ? Névrite ou lymphangite ? Aucun trouble de sensibilité cutanée appréciable. Eruption est presque éteinte. Etat général très bon. Amygdales sont ulcérées sur leur face interne sans dysphagie. Dépilation diffuse semble commencer.
19 juin. Mamelons osseux ont presque complètement disparu et il faut une grande attention pour en retrouver les vestiges. Ulcère dorsal de la langue en bonne voie de régression. La gencive, aux points traités par le dentiste, est tuméfiée et ulcéreuse. Les amygdales plutôt moins grosses sont ulcéreuses et il n’y à cependant nulle dysphagie depuis déjà quinze jours. L'éruption papulo-squameuse a presque disparu. Système nerveux est calme. Réflexes patellaires qui ont élé vifs sont normaux.
20 juin. fraitement intensif complet,
26 juin. Traitement bien supporté. Bon état général. Langue présente trois où quatre petites zones d’abrasion épithéliale. Eruption dans le salu quo. Règles survenues depuis hier, en avance de quelques jours. Pas de dépilation. Toute trace d’exostose semble avoir disparu. Amygdales toujours ulcérées, plutôt moins grosses et plus pâles et couvertes d'un exsudat diphtéroïde.
27 juin. Suppression du traitement à partir de. demain. Amélioration a continué sur toute la ligne. Amygdales sont nettes, mais les parties abrasées de la langue ont fusionné irrégulièrement. Nous notons à 1 cen timètre environ du V lingual, contigu au sillon médian, un ilot fibreux avee à peu près à son centre une grosse papille fongiforme tuméfiée. Chancre régresse lentement mais progressivement.
30 juin. Chancre presque entièrement cicatrisé. Les villosités épithéliales constituant l'ilot sus-indiqué ont à peu près complètement disparu et sont remplacées par une petite aire dépapillée. La papille, fongilorme, est très volumineuse et peut-être plus pâle.
3 juillet. Bon état général. Régression du chancre continue. Statu qgno de la langue et des papilles.
9 juillet. Chancre est cicatrisé, mais non encore complètement effacé et on sent encore une induration. Papulo-squames cutanées en pleine voie de régression. De chaque côté de la luette, deux petits mamelons symétriques.
6 juillet. Æeprise du trailement à partir de demain (une pilule et une demi-injection en supplément).
8 juillet. Traitement bien supporté. Papulo-squames qui ont complètement disparu sur le tronc sont en train de régresser franchement sur les jambes. Gorge un peu rouge, ainsi que les gencives inférieures en arrière de la 2° molaire. La pression des points néo-dentaires correspondants est très douloureuse et il est probable que les dents de sagesse inférieures sont en voie d'évolution.
10 juillet. Traitement bien supporté. Amygdales, surtout la droite, Îranchement ulcéreuses. S/alu quo pour le reste. Suite de la régression de l’éruption.
12 juillet. Amygdales presque complètement nettoyées ; l'ourlet fin du pilier antérieur droit persiste, mais atténué. L’ilot lingual sus-men-
tionné (27-30-35) n'est plus perceptible. On voit en avant du V lingual
un assez grand nombre de papilles fongiformes hypertrophiées plus ou
moins cachées par les filaments épidermiques à peu près régulièrement répartis. ë
14 juillet. Traitement suspendu pour diarrhée légère.
15 juillet. L'ourlet épithélial fin est tombé, laissant le bord du pilier antérieur légèrement festonné. La base de la langue est maintenant normale.
17 juillet. Très bon état. Règles en avance de quelques jours (?). Diarrhée à peu près terminée.
19 juillet. Æeprise du traitement.
21 juillet. Très bon état; l’induration chancreuse du lobule labial médian persiste encore, mais très atténuée. Amygdales nettes.
24 juillet. Traitement suspendu pour un peu de diarrhée. W semble qu'il se soit fait sur l'abdomen de vagues taches érythémateuses récentes (roséole de retour fruste). Le gazon épidermique lingual semble aussi plus épais et plus coloré que ces jours derniers et on y voit çà et là quelques clairières qui paraissent nouvelles. Très bon état pour le reste.
25 juillet. Eruption roséolique sus-indiquée a plutôt diminué.
27 juillet. Eruption roséolique a disparu. Sfatu quo de l'état général.
91 juillet. La cicatrice du chancre persiste toujours indurée et permettant encore de faire le diagnostic. Mamelons péristaphylins toujours existants. Très bon état général. Système nerveux calme. Il existe toujours sans trace d’altération épithéliale, ni d’érosion quelconque, un petit plateau légèrement ourlé du milieu de la lèvre supérieure et qui, à l’œil comme au doigt, permettrait encore de faire le diagnostic de sclérose initiale. Glandes sous-maxillaires et sous-mentonnières petites mais persistantes. Plus trace des exostoses tibiales ni frontales. Le petit cordon du coude droit a complètement disparu, mais on sent très nettement le ganglion épitrochléen. Pas trace de lésion en activité. La malade sort de l'hôpital.
4 décembre. Revenue avec une éruption érythémateuse et pruritique, légère d’ailleurs, des deux avant-bras. Diagnostic ?
S'est très bien portée depuis sa sortie (4° août). Nulle manifestation spécifique ni depuis ni actuellement. Traitement nul depuis sa sortie,
On lui ordonne des pilules de protoiodure de mercure,
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