Sur Une Anomalie Observée Sur Un Bellis
pour qu’elles aient pu prospérer. Ces conditions pouvaient exister à l’époque dite glaciaire, lorsque d’immenses glaciers, dont on voit les traces, existaient en Italie. Leur présence dans cette région, après l’époque tertiaire, suppose une température modérée, et des conditions favorables aux espèces de notre Europe tempérée actuelle, même de nos Alpes. Le Chêne, le Hêtre et le Châtaignier ont pu alors se répandre dans des plaines maintenant submergées; puis, les glaciers ayant disparu, elles ont dû s’élever sur le flanc des collines et des montagnes en Sicile et en Sardaigne, comine en Italie et en Espagne, et c’est là <jue nous les voyons aujourd’hui. Mais pourquoi ces mêmes arbres manquent-ils à l’Algérie? Assurément ils trouveraient sur l’Atlas, à telle ou telle élévation, toutes les conditions physiques de certains points de la Sicile, de la Sardaigne ou des hauteurs de la péninsule espagnole. Il faut ou qu’un bras de mer ait séparé déjà l’Afrique de l’Europe, lorsque ces espèces se sont avancées vers le midi, ou que des températures fort élevées les aient fait périr en Algérie, si elles y ont existé anciennement. Cette dernière hypothèse paraît la moins probable, parce que des sirocos très intenses, renouvelés pendant une série d’années, de manière à atteindre même les sommets de l’Atlas, auraient probablement expulsé les mêmes espèces des îles de Sardaigne et de Sicile, extrêmement rapprochées de la côte d’Afrique.
L’auteur arrive ainsi à reconnaître, dans la végétation méditerranéenne, deux catégories d’espèces : les unes anciennes, remontant peut-être à l’époque tertiaire, quoique M. Heer n’ait pu affirmer l’identité spécifique d’aucune plante tertiaire avec les plantes actuelles; les autres ayant pénétré dans la région pendant l’époque glaciaire, alors que les Alpes avaient déjà leuréléva-
is que la mer Méditerranée n’avait pas tout à fait sa configuration
t ion,
actuelle. La plupart des Quercus de la flore méditerranéenne, par exemple les (>. coccifera, //ex, lusitanica, Libani, etc., dateraient de la première époque, et effectivement ils ressemblent bien plus aux espèces fossiles tertiaires cl aux espèces analogues du Mexique et du Japon que le Quei'cm 1/nkur. Celui-ci, avec le Hêtre et le Châtaignier, serait de la seconde époque.
A la demande de M. J. Gay, M. De Candolle expose ensuite à la Société les observations qu’il a faites sur la place occupée dans le fruit des Chênes par les ovules avortés (1).
M. Delavaud fait à la Société la communication suivante :
SUR UNE ANOMALIE OBSERVÉE SUR UN RELUS, par M. C. DEIj.4V.4UD.
J’ai trouvé, le 6 octobre 1862, sur les pelousesdu fort Lamalgue, à Toulon,
(1) Ces observations de M. Alph. De Candolle ont déjà été publiées par lui dans un travail dont on trouvera plus bas l’analyse (voyez la Revue bibliographique de ce numéro).