SOCIÉTÉ ROTANIOUE OE FRANCE
une Pàquerelle (Bellis perennis?), qui offre une monstruosité dont l’explication morphologique me semble assez dillicile. Vers la partie moyenne de son pédoncule, long de 20 centimètres environ, est soudé latéralement un axe transversal, dirigé un peu obliquement et partagé en deux portions inégales. L’une des branches de cette sorte de balancier, plus relevée et plus longue, est terminée par un capitule; l’autre, plus déclive et plus courte, porte à son extrémité deux feuilles opposées. La page inférieure de celles-ci regarde le point de soudure, et entre elles on aperçoit un rudiment de bourgeon. Au sommet du pédoncule principal existent deux capitules normaux, bien développés, sessiles et rapprochés l’un de l’autre. Enfin, entre eux prend encore naissance un axe filiforme que termine un assemblage de bractées séparable en deux capitides rudimentaires.
J’ai essayé (rappliquer à ce cas tératologique diverses interprétations, mais aucune d’elles ne me parait bien satisfaisante. L’axe transversal peut constituer une seule production ou deux productions distinctes. La continuité des deux portions droite et gauche milite eu faveur de la première hypothèse, mais l’opposition dos à dos des deux bourgeons qui les terminent ne permet guère cette supposition : j’y reviendrai néanmoins après avoir examiné la seconde.
On peut admettre que les deux branches de l’axe transversal constituent
deux axes secondaires de même génération, l’un terminé par un bourgeon floral, l’autre par un bourgeon feuillé. Plus haut, le pédoncule principal donne également naissance à deux productions secondaires, représentées par des
capitules normaux; enfin l’axe primaire se continue en s’épuisant et ne fournil
plus au sommet que deux capitules mal conformés. Il y aurait donc tendance à une production d’axes opposés qui rappelle la cime des autres ( orymhitères. Cependant l’absence de bractées au-dessous des axes secondaires, des deux inférieurs du moins, la direction relative de ceux-ci, qui devraient être symétriques, leur soudure sur le pourtour de l’axe vertical au sein duquel ils devraient prendre leur origine, constituent de graves objections à cette manière de voir.
Il serait possible que les deux portions de l'axe transverse appartinssent a deux générations différentes. L’une d’elles continuerait le pédoncule primaire et serait déjetée comme dans les inflorescences oppositifoliées ; l’autre, adventive, appartiendrait à une seconde génération, et elle serait déviée elle-même par la partie supérieure de la plante, adventice aussi et de plus usurpatrice. Mais ici encore une bractée manque sous une des branches du pédoncule transversal.
Revenons à la première supposition, d’après laquelle ces deux branches, continues en apparence, le sont également en réalité et forment une production axile unique. Il n’est pas rare de rencontrer des Pâquerettes dont les pédoncules sont soudés deux à deux dans toute leur longueur souvent consi-