‹ Sur une Déformation de l'AstragaleChapitre 11 sur 17 · L'ASTRACALE EN TETE DE CHIEN · texte numérisé non relu

L'ASTRACALE EN TETE DE CHIEN

Ces astragales présentent donc tous une coudure ouverte en bas, plus ou moins accentuée, quelquefois dessinant un angle presque aigu. C’est là la déformation essentielle. Avec quelques précautions dans la détermination des axes du corps et du col, on peut arriver! à mesurer avec assez d’exactitude l’angle d’inclinaison de chaque astragale. Comme on a pu le voir à la lecture des observations, les astragales en tête de chien ont sensiblement un angle d’inclinaison de 90°. L’astragale de l'observation V fait cependant exception et présente un angle de 110° environ. Il y à donc une différence notable avec l’angle d’inclinaison de l’astragale normal évalué par Testut à 115° en moyenne. | . Mais en somme cette mensuration a peu d'importance,

l’ensemble de l’os est beaucoup plus caractéristique. Sa face supérieure présente deux versants, la trochlée n’est plus arrondie, ou l’est bien peu. Le sinus du tarse s’enfonce dans l’os, devient dans certains cas si important qu’il fait apparaître l’os comme formé de deux branches, lune antérieure, l’autre postérieure, se réunissant en haut et dessinant à peu près un angle droit. Toutes les surfaces articulaires sont modifiées. La trochlée surtout ne peut remplir que très inparfaitement son rôle. En effet, irré-

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oulière, bosselée, elle se prête peu au glissement du tibia. Le franchissement par ce dernier de saillie accentuée eomme celle de l’observation Il ne peut se faire qu’à la faveur d’une laxité anormale des ligaments articulaires. Les surfaces articulaires tibiale et trochléenne bien mal adaptées l’une à l’autre ont un contact des plus défectüeux. Les autres articulations dont le jeu est minime ont moins d'importance.

La direction du col de l’astragale parait tenir sous sa dépendance la direction même de l’avant-pied, à moins de laxité des ligaments et de déplacements du scaphoïde sur la tête astragalienne. =

Les anatomistes ne signalent pas de variations aussi importantes de la forme de l’astragale. Ils parlent tout au plus d'une légère variation de l’angle’ d’inclinaison. J’ai donc consulté les anatomo-pathologistes.

Les déformations des pieds bots congénitaux sont bien connues. De nombreux auteurs ont étudié le squelette dans cette malformation congénitale. On a bien vu que les lésions chez le nouveau-né sont des luxations, des déplacements articulaires, donc des lésions portant surtout sur les ligaments et les muscles. Les malformations osseuses se voient plus tard dans le pied bot invétéré, « c’est un phénomène secondaire et même relativement tardif », dit Broca. | Parmi ces déformations, les plus importantes portent sur l’astragale. Le corps de cet os est basculé presque énuclée en avant, la partie postérieure de sa poulie s’applatit, la partie antérieure s’hypertrophie, elle n’est plus articulaire, elle perd son cartilage. La facette articulaire externe s’élargit, un épaississement osseux se forme en

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avant. d'elle et butant contre la malléole externe s'oppose à la réintégration de l’os dans sa mortaise. L’angle de déclinaison de l’axe du col sur l’axe du corps est fortement modifié, le col s’infléchit en dedans, par suite de ladduction de l’avant-pied. La tête est. atrophiée.

L'’anatomie pathologique du pied bot acquis est moins fixée. En général les auteurs se bornent à indiquer l’analogie des déformations osseuses avec celles du pied bot congénital. Aussi Metaxas à pu dire au Congrès de Marseille « qu’elles ont été mal étudiées et demandent de nouvelles recherches ». C’est que, comme dans les pieds bots congénitaux, les lésions ne portent d’abord et pendant longtemps sur les ligaments et les muscles.

« Par exception, dit Brocca, certain cas très invétérés (de pieds bots paralytiques) aboutissent à des modelages vicieux du squelette presque comparables à ceux du pied bot congénital et la tarsectomie devient indiquée ».

Quoiqu'il èn soit la déformation osseuse la plus souvent décrite et sur laquelie l’accord parait étre fait est la déformation du corps de l’astragale, consécutive, comme dans le pied bot congénital, à sa situation nor- . imale, à son énucléation en avant.

La partie antérieure de la poulie qui ne se trouve plus en contact avec le-tibia, mais fait saillie à la face dorsale du pied où elle est nettement perceptible, perd son cartilage, puis s’hypertrophie. Cette néoformation « se traduit par une véritable barre hypertrophique développée immédiatement en avant de la surface articulaire tibio-tar- Sienne et qui cale le tibia comme la facette externé cale

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