‹ Sur une forme anatomique du cancer du sein: La forme hémorragiqueChapitre 20 sur 21 · VOLS · texte numérisé non relu

VOLS

nos examens n'ayant porté que sur deux cas, — il nous Ù ee ARE à

semble cependant qu'il y aurait intérêt à pratiquer ces

recherches d’ordre sanguin, de façon systématique,

toutes les fois que l’on se trouvera en présence de cette

forme hémorragique de cancer du sein.

3° Au point de vue pronostic.

Une dernière question se pose, celle du pronostic histologique.

La présence des hémorragies confère-t-elle une malignité ou une bénignité particulière aux tumeurs du sein qui en sont le siège ?

Indépendamment du rôle que peuvent jouer ces hémorragies dans la diffusion des cellules tumorales, nous devons tenir compte du pronostic lié dans une certaine mesure à l’aspect histologique différent de nos trois Cas.

On sait, en effet, depuis les travaux de nombreux auteurs, en particulier ceux de DELBET et MENDARO,

de LEROUX et PERROT, que l’aspect morphologique peut

à lui seul permettre de poser, jusqu’à un certain point, un pronostic.

= Nous pouvons concrétiser de la façon suivante nos examens histologiques :

Ogs. IL. — Epithélioma inclassable, non hémophile, avec absence de mucicarminophilie.

OBs. II. — Epithélioma en rognons, au stade de diffusion, non hémophile, avec absence de mucicarminophilie.

O8s. III. — Epithélioma polyadénomateux, au stade

O0 de diffusion, à toutes petites cellules régulières, non hémophiles, avec absence de mucicarminophilie.

Dans aucun de ces cas n'existent done des signes évidents soit de bénignité, c’est-à-dire présence de mucicarminophile, soit de malignité, c’est-à-dire envahissement des vaisseaux sanguins.

Si nous tentons malgré tout une classification — fragile, il faut le reconnaître, — par ordre de malignité décroissante, nous placerons tout d’abord la malade de l’observation J (épithélioma inclassable), puis celle de l’observation IT (épithélioma en rognons, au stade de diffusion), enfin celle de l'observation IIT (épithélioma polyadénomateux au stade de diffusion, à toutes petites cellules régulières).

La clinique vient-elle confirmer ou infirmer ces données histologiques %

Le peu de recul que nous possédons nous oblige à une certaine réserve dans nos déductions.

L'intervention chez la malade de l’observation II, ne date que de quatre mois et celle de l'observation I, de treize mois. Ces deux malades ne présentent à l’heure actuelle aucun signe de récidive.

Par contre, chez la malade de l’observation III, l’intervention date déjà de quatre ans. Nous avons eu l’occasion de la voir à diverses reprises. Jusqu'en avril 1932, elle resta sans récidive. A cette époque, elle eut un zona de la région sous-jacente à la cicatrice opératoire. Un mois plus tard, on notait encore, le long du sixième nerf intercostal gauche, une pigmentation s'étendant de la

colonne vertébrale au sternum et débordant même sur

De

le côté droit, avec anesthésie à ce niveau. Toute la partie inférieure de la cicatrice opératoire était souple. Audessus de sa partie supérieure, à deux travers de doigt de l’aisselle, on sentait un petit nodule mal limité, de la grosseur d’un pois. L'examen de l’aisselle était diffcile, l’écartement du bras étant douloureux. Il semblait toutefois ne pas y avoir de ganglions. Il n’en existait pas davantage dans le creux sus-claviculaire. A la radiographie, les corps vertébraux apparaïssaient peu nets au niveau de C,-C.. On institua alors un traitement par rayons X du 19 au 30 avril 1932, l’irradiation portant sur la région costale postérieure et sur celle de la cicatrice.

Nous revimes la malade dix mois plus tard avec des douleurs intercostales persistantes et constatâmes la présence de plusieurs nodules au-dessus de là cicatrice. On pratiqua alors une nouvelle série de rayons X du 20 au 30 mars 1933. La malade revint à nouveau dans le courant de mai. Les douleurs du côté gauche et de l’aisselle gauche persistaient, mais il y avait disparition de la plupart des nodules. On n’en retrouvait plus qu’un seul de la taille d’un pois, dur, situé à l’extrémité toute supérieure de la cicatrice. L'état général était satisfaisant.

En somme, la seule malade chez laquelle nous ayons un certain recul et qui présentait histologiquement la forme la moins sévère, est encore vivante et sans signes évidents de récidive, quatre ans après l'intervention. Nous croyons donc pouvoir dire que la présence d’hémorragies

n’a pas conféré à sa tumeur une malignité spéciale.

Page 1