‹ Sur une forme appendiculaire de la maladie de BouillaudChapitre 3 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La notion des formes extra-articulaires de la Maladie de Bouillaud est de connaissance déjà relativement ancienne.

BouiLLauUD avait lui-même décrit le rhumatisme viscéral. L’atteinte de l’'endocarde au cours de crises de rhumatisme était vite devenue une notion admise par tous. Dans bien des cas même, le rhumatisme cardiaque paraît précéder les manifestations articulaires.

A côté de ces formes à début cardiaque, il existe des forines pleuro-pulmonaires, digestives.

Il nous a paru intéressant de rapporter et d'étudier une observation d’appendicite aiguë avec ulcération, qui peut être considérée comme une forme possible de la Maladie de Bouillaud.

Le malade opéré dans le Service de Chirurgie infantile et d’orthopédie de M. le professeur ETIENNE fut ensuite hospitalisé dans le Service de Médecine Infantile de M. le professeur BOUDET.

SLR

Roger D. P., 9 ans, entre dans le Service de Chirurgie infaritile, le 2 décembre 1945, pour appendicite aiguë.

Histoire de la Maladie : début, il y a quatre jours par des coliques abdominales, la témpérature est à 38°-39°. Le 2 décembre au matin, douleurs abdominales violentes, au niveau de la fosse iliaque droite ; température à 39°5, sans signes de réaction péritonéale : pas de nausées, pas de vomissements, pas d’arrêt des gaz.

A l'examen : petite sensibilité de la F. I. D., pas de contracture. | Le toucher rectal ne met pas en évidence de sensibilité particulière.

Tout le reste de l’examen en ce qui concerne les autres appareils est négatif sauf une insuffisance aortique déjà notée par Monsieur le Docteur LAFFON, le 25 octobre 1945.

Le 2 décembre : l'intervention est décidée devant l'ascension brutale du pouls. ù

Appendisectomie : opérateur, M. le Docteur LESCURE.

Anesthésie générale Kélène-Ether.

A Jl'incision au Max Burney, un peu de liquide séreux s'écoule. L’appendice parait macroscopiquement sain, long, sans adhérences. Appendisectomie suivie d'enfouissement, fermeture sans drainage. | RER ANAL

‘A l'ouverture, on trouvé un caillot:moulé occupant toüte 1h lumière de l’appendice,.dont le point de départ semble être une ulcération située à la partie moyenne de l’'appendice.

Le 4 décembre : douleur diffuse de l'abdomen, Sans’ c<6ntrac türe, sans-arrêt des gaz., “:. 1. i SET M PA et

Application d’une vessie .de glace. |

Quelques heures après la douleur disparaît : état sabural des voies digestives. FR LEUR ENS

La fièvre persiste.

Hémoculture sur bile négative.

Examen anatomo- -pathologique : on est en “présence d'u procéssus d’appéndicité ‘aiguë ulcéreuse avec lymphangite tranSpariétale sans signe histologique d’inflammation. spécifique. (Docteur .H. .GUIBERT).

Le 6 Decohnbre : la fièvre persiste. Maïs. âpparition : d’une

douleur et d'une rougeur de la cheville droite. Cette douleur. est très exagérée par la mobilisation.

On pense à un R. A. A. MY Fe ve On met l'enfant äu Salicylate (8 gr-par jour). * : + ‘ à . Le T:décembre .::le soir, sédation des phénomènes articulaires et de la fièvre. PRES PAL OA PVO SE PIE CESSER L’apyrexie se maintient les jours suivants. PR YSS re

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\ 1 sa ii 2h - Le 14 décembre + c coryza, Prélèvement et examen négatifs quant au Loffler.

L'enfant est. apyrétique * : le ‘ souffle d'insuffisance aortique,

s'entend toujours, mais les bruits. à “la pointe sont plus. ‘souros

qu’antérieurement, On note de la tachycardie.

L'enfant est CYATE dans le Service de Médecine infantile:

Le 18 décembre : une légère ;épistaxis s’est. produite, pendant la nuit. L'assourdissement des bruits à la pointé s’est accru.

Le 20 : à la poihte : : lassourdissement des bruits s’est encore accru par rapport à.la veille. On perçoit un petit roulement: diastolique. À

A la base : anne d'un petit souffle: systolique.

Le 1er janvier 1946 : au foyer aortique, le souffle systolique est aussi net que le souffle diastolique.

Tous deux sont intenses.

A la pointe, le premier ‘bruit est prolongé, soufflé, à propir gation dans l'aisselle, comme un œoup de fouet 4 : :.:,,

. En dedans de la pointe, l’auscultation Pres un rythme de galop.

I n'ya pes de Rips HE mais un RelbGher thermi- : que. JP CEE Î,

Le 8 janvier : “1e Reut de galop n’est pas RC

Le 21 janvier : le syndrome du foyer aortique s’est peu modifié. Les souffles systoliques et diastôliques sont intenses..

: Le syndrome de la pointe s’est précisé : apparition de signes

de retrécissement mitral. Roulement diastolique, souffle présys-

tolique, dédoublement mitral. Roulémént diastolique, souffle. présystolique, dédoublement. du second, bruit .ébauché. + Le: der avril 1946 : : le petit malade roc du, Service.

Le Son obadiibranine a précisé me différentes atteintes valvulaires. La réa Mere ni ra el M) 1° Tracés à 7e Liber Souffle systolique et souffle diastolique

aortique ; 2° Tracés à la pointe : Le premier bruit est vibrant suivi

d’un soufile immédiatement collé à lui, constant, et s’éloignant à la fin de la systole.

Le 2" bruit est dédoublé.

La diastole: est occupée par des ondes trapues représentant le roulement.

= Donc, maladie mitrale, plus maladie aortique.

nn NÉ Ene

En présence d'un tel syndrome appendiculaire aigu, que l'évolution ultérieure, tant articulaire que cardiaque semble devoir rattacher à une maladie de Bouillaud, nous sommes cependant obligés de faire des réserves quant au titre même de notre exposé. \

En effet, devons-nous penser qu'il s’agit d’une appendicite aiguë évoluant au cours d’une crise de rhumatisme articulaire aigu et l’apporter comme un exemple de plus à ce que GRENET appelait la loi de Coexistence ?

Bien qu’un rhumatisant ne soit pas à l'abri d’une crise appendiculaire aiguë, devons-nous plutôt affirmer que lon doit avoir dans les lésions histologiques rencontrées ici, une localisation spécifique du Bouillaud sur l’appendice ?

Devons-nous, au contraire, nous en tenir à un moyen terme et supposer qu'ici une appendicite à pris une allure particulière (ulcération avec petite hémorragie), parce que survenant en cours de crise de R.A.A. ?

Quelle que soit l'hypothèse pathogénique à laquelle on veuille s’arrêter, il nous faut insister sur un fait qui fait l’originalité du cas qui nous mtéresse :

La lésion hémorragique et ulcérative que l’on retrouve.

Nous ne l'avons noté dans aucune des observations publiées jusqu’à ce jour, dont nous nous sommes servi pour dégager une idée d’ensemble de ces syndromes appendiculaires en cours de Maladie de Bouillaud.

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