AVANT-PROPOS
L’observation clinique démontre combien, hormis le cas de traumatisme, les arthropathies sont rares en tant que phénomènes morbides isolés ou indépendants. Soit que la maladie articulaire dérive d’une affection constitutionnelle ou g*énérale, soit qu’elle coïncide simplement avec d’autres accidents, représentant alors les effets disséminés et multiples d’une même cause pathog’énique, soit enfin que par le seul fait de son existence elle entraîne des modifications fâcheuses dans la structure et la forme des org’anes voisins, la physionomie de ses associations symptomatiques est aussi variée et mobile que celle des désordres matériels. Gomment n’être point frappé des troubles cardiaques, des perturbations de la puissance nerveuse, des éruptions passag'ères qui accompagnent les arthrites rhumatismales ? Les tissus synoviaux et l’articulation du genou en par»'
ticulier deviennent aisément malades, dans le cours d’une blennorrhag*ie. On sait depuis quelques années que les lésions du système nerveux central et périphérique eng*endrent des arthropathies (Charcot, Mitchell, Michaux) ; enfin ou bien en chang*eant les conditions normales d’équilibre et de progression, ou bien en atteignant par droit de voisinage les points d’ossification chez les jeunes sujets, les tumeurs blanches amènent un développement inégal des parties symétriques ou une déformation persistante du squelette. Telles sont les coxalgies pour les os du bassin.
L’étude des relations que présentent entre elles des altérations pathologiques contemporaines ou successives est aujourd’hui à l’ordre du jour ; il serait fort intéressant à coup sûr de réunir dans un travail d’analyse et de critique tous les documents nouveaux sur la question des arthropathies, de leur pathogénèse et de leurs résultats. Mais pour rendre cette œuvre véritablement fructueuse, il faudrait plus d’autorité et d’expérience que je ne puis en avoir : aussi me contenterai-je d’étudier une forme de mono -arthrite dans ses rapports avec une lésion des muscles et du tissu cellulaire souscutané. Après avoir indiqué les caractères généraux de cette dernière et l’avoir comparée aux dystrophies analogues, nées sous d’autres influences pathologiques, j’essayerai de découvrir son mode de production.
J'ai terminé ce travail pendant mon internat à l’hôpital Beaujon, dans le service de mon excellent maître, M. le professeur Gubler : bien souvent j’ai mis à profit ses leçons et ses conseils. Je saurai conserver de sa bienveillance un souvenir plein de charmes.