‹ Sur une Forme de Splénopathie cirrhogèneChapitre 16 sur 29 · INFLUENCE SUR LES HÉMORRAGIES GASTRO-INTESTINALES · texte numérisé non relu

INFLUENCE SUR LES HÉMORRAGIES GASTRO-INTESTINALES

Sur ces 9 malades, 7 présentaient des hémorragies gastro-intestinales abondantes et récidivantes. Elles ont complètement disparu chez six d’entre eux pour un délai d'observation allant de un à cinq ans après la splénectomie.

Seul notre malade n° 1, d’ailleurs opéré à une période tout à fait tardive, 8 ans après le début de sa maladie, a présenté trois mois après l'intervention une hémorragie intestinale, puis une autre quatre mois après. Depuis, 2 ans se sont écoulés sans nouvelles hémorragies. Rappelons que, dans ce cas, les hémorraoies, extrêmement fréquentes, étaient devenues presque subintrantes pendant les deux mois qui ont précédé l'intervention. Il y a donc eu une amélioration manifeste, peut-être même une disparition complète. Retenons cependant ce cas d’hémorragies itératives. IL est à rapprocher de ceux que l’on observe après les splénectomies pour splénopathies isolées ou pour maladie de Banti. Nous aurons à revenir sur ce point.

TS

b) INFLUENCE SUR LES CRISES DOULOUREUSES HÉPATIQUES.

Chez les deux malades qui en souffraient, les crises douloureuses hépatiques ont complètement cessé après une réapparition passagère et atténuée chez l’un d’entre eux.

. L c) INFLUENCE SUR LA FORMULE SANGUINE.

— Globules rouges : nous avons vu que l’anémie ne faisait pas partie du tableau clinique, en dehors de celle qui est engendrée par les hémorragies. Après l’opération, le taux des globules rouges reste normal. S'il existait une anémie hémorragique, elle se répare extrêmement rapidement. Ainsi dans notre observation n° 1, le chiffre globulaire passe en un mois de 1.200.000 à 4.700.000.

— Globules blancs : après une phase transitoire d'hyperleucocytose due au choc opératoire et à l’infecton légère impossible à éviter en pareil cas, la formule blanche s’est normalisée chez tous nos malades.

L'évolution a été particuhèrement remarquable chez notre malade n° 6 qui présentait une leucopénie notable aux environs de 3.000, leucopénie stable puisqu'elle avait persisté pendant trois poussées d’érysipèle hautement fébrile. Cette leucopénie a disparu très rapidement après la splénectomie, pour faire place à une hyperleucocytose modérée aux environs de 10 à 12.000 par millimètre cube qui a persisté pendant six mois, après quoi le chiffre des globules blancs est redevenu normal et 1l l’est encore un an après l’interventon. Depuis la splénectomie, cette malade a fait une nouvelle poussée d’érysipèle, pendant laquelle elle a

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présenté une forte hyperleucocytose comprise entre 15 à 18.000 leucocvytes.

d) INFLUENCE SUR L'ÉTAT pu rot.

Dans aucun des cas on n’a assisté à une augmentation de volume de la glande hépatique après l’intervention. On a même enregistré dans certains cas une régression et même parfois une régression notable.

Aïnsi dans l’observation n° 1, le foie qui descendait jusqu’à la crête iliaque ne déborde plus que de 2 em. les fausses côtes onze mois après l'intervention.

Dans l'observation n° 3, le foie n’est plus palpable deux mois après l'intervention alors qu’il dépassait de quatre travers de doigts auparavant.

Chez le malade de Carnor, Harvrer et Carozr, le foie diminue de 6 em. en peu de temps. L’urobiline est absente des urines et l'épreuve du galactose donne la concentration subnormale de 2 gr. par litre pour la première miction.

Dans l’observation de Houcxe, le foie qui dépassait le rebord costal de deux travers de doigts n’est plus palpable deux mois après l'opération.

e) INFLUENCE SUR L’ASCITE.

Notre malade n° 4, celui de CarnorT, HARVIER et CArozr, l'observation n° 2 de LAIGNEL-LAVASTINE, le malade de Deaver et REIMANN qui tous présentaient une ascite abondante, ont été considérablement améliorés à cet égard. L’ascite a complètement disparu dans les 4 cas, soit immédiatement après l'opération {obs. n° 1), soit après quelques ponctions ultérieures {DEAvER et REIMANN).

76 LA CIRRHOSE HYPERTROPHIQUE ANICTÉRIQUE

f) INFLUENCE SUR L’ÉTAT GÉNÉRAL.

Dans tous les cas, l'amélioration de l’état général a été absolument évidente : le malade reprend du poids et des forces et est susceptible de recommencer une vie normale ou presque.

L’engraissement atteint 11 kgr. en quatre mois (obs. n° 1), 4 kgr. en un mois (obs. n° 4), 10 kgr. en trois mois (CARNoOT, Harvier et Carozr). Comme le disent MM. Carnot, Harvier et Carozr dont le malade a pu reprendre une vie active et un service fatigant « l’opération a été la cause d’une résurrection véritable ».

Bref, la splénectomie a entraîné dans tous les cas, non seulement la disparition des hémorragies digestives qui mettaient immédiatement la vie du malade en danger (sauf dans un cas), mais encore un arrêt dans l’augmentation de volume du foie ou même une régression de l’hypertrophie de cetorgane, une disparition de l’ascite, une normalisation de la formule sanguine, et surtout une amélioration profonde de l’état général. Le recul des années nous manque pour parler d’une guérison complète, mais c’est l'impression qu’on retire de l’examen des sujets.

Les documents anatomo-pathologiques que nous avons à notre disposition sont obligatoirement très incomplets. La plupart des malades ayant évolué heureusement, nous ne pouvons fournir à leur égard de renseignements que sur l’état de leur rate enlevée chirurgicalement et éventuellement sur l’état de leur foie, quand on a pu prélever un échantillon biopsique au cours de l’intervention.

Par contre, les lésions de la muqueuse gastrique, celles des vaisseaux courts de l’estomac, celles des veines du système porte qu'il serait particulièrement intéressant d’élucider, sont à cet égard dans une situation défavorable puisque nous ne pouvons les atteindre que par des documents d’autopsie. Toutefois les deux observations extraites de la thèse de Maison ont été l’objet d’une étude anatomique très poussée, à laquelle nous nous rapporterons.

19 Etat de la rate.

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