ANATOMIE MACROSCOPIQUE
La rate est constamment d’un volume nettement supérieur à la normale. Son poids vide de sang, est compris entre 500 et 1.200 gr.
Tantôt la rate est libre dans sa loge, d’où le chirur-
gien peut l’extraire sans diflicultés.
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Tantôt au contraire, elle présente de larges adhérences, souvent fortement vascularisées, avec le diaphragme ou avec le lobe gauche du foie, qui suscitent des difficultés opératoires parfois considérables.
La forme de la glande est conservée dans son ensemble, régulière, sans bandes cicatricielles ou incisures notables.
La surface est variable :
— tantôt il n'existe pas de périsplénite : la surface lisse et régulière présente une teinte et un aspect voisins de la normale
— tantôt au contraire, on décèle l’existence d’un processus de périsplénite : la rate paraît engaînée dans une capsule épaissie, blanchâtre, moins transparente que d'habitude et présentant ça et là des plaques complètement opaques, indurées, de coloration blanc nacré, dont la dimension varie de celle d’une paume de main à celle d’une tête d’épingle, donnant dans ce dernier cas à la rate un aspect clouté.
La consistance est augmentée : à la pression, le parenchyme est ferme ou même franchement dur. La résistance qu'il présente au couteau est exagérée.
Sur la tranche de section, on note parfois l’existence de larges travées scléreuses parcourant entièrement toute la surface du parenchyme.
b) ANATOMIE MICROSCOPIQUE. x
Les lésions histologiques, entièrement superposables dans tous les cas, n’ont rien que de très banal : ce sont des lésions de splénite hyperplasique chronique (DreLa- RUE et Maison).
La rate est le siège d’une hyperplasie fibreuse diffuse,
mais qui peut prédominer sur telle ou telle région selon les cas :
— sclérose capsulaire et trabéculaire avec épaississement de la capsule et de la charpente fibreuse ; ae de l’organe, discernable parfois jusque dans les trabécules secondaires ;
— sclérose hypertrophique pulpaire avec épaississement des cordons de Billroth, d'intensité variable selon l’âge de la lésion. À peine marquée, comme dans l'observation 6, elle respecte complètement les follicules de Malpighi. Plus intense, elle tend à envahir complètement la pulpe rouge et à étouffer les centres germinatifs qui se raréfient et même tendent à disparaître.
Au maximum, c’est l’aspect de la scléradénie pulpaire, de la fibro-adénie de Banti. Dans les observations concernant les malades opérés tardivement, l’aspect histologique est tout à fait celui de la rate dans la maladie de Banti.
Au surplus, nous ne pensons pas qu’il faille voir dans cette fibro-adénie, comme le croyait Bant, une lésion spécifique, tout à fait particulière, d’origine artérielle, totalement distincte de la sclérose hypertrophique pulpaire de Gauckler qui serait, elle, caractéristique des rates de cirrhose banale, d’origine veineuse. Sans prendre parti dans ce débat, nous ne croyons pas utile d’opposer ainsi ces deux lésions qui nous paraissent très voisines et qui ne semblent différer que par une systématisation dissemblable. En fait, dans la majorité de nos cas, le processus de sclérose hyperplasique paraissait diffus, à la fois folliculaire et pulpaire et il était impossible de voir quel en avait été le point de départ.
Dans certains cas, cette sclérose pulpaire affecte une disposition parcellaire, prédominant en certaines ré-
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sions et particulièrement dans les zones sous-capsulaires.
Comme corollaire de cette selérose existe en général un aspect béant des sinus, dont les parois, maintenues rigides par les cordons de Billroth épaissis, ne peuvent revenir sur elles-mêmes. Parfois, en plus de cette béance, on note une véritable dilatation passive des sinus qui sont énormes, gorgés de sang, donnant même dans un cas l’impression d’un tissu caverneux. On ne peut s’empêcher devant un tel aspect, d’incriminer la stase portale, retentissant ainsi jusque dans les rameaux d’origine du système porte.
D’autres fois au contraire, ce qui prédomine, toujours en raison du même processus de sclérose, c’est l’atrésie des sinus, telle que ce n’est qu’en de rares points qu’on en peut observer quelques-uns présentant une lumière béante, rigide, mais très petite.
A côté de ces lésions essentielles et constantes de sclérose capsulaire, trabéculaire et pulpaire, notons encore :
— des lésions artérielles : l’artériole centro-folliculaire présente souvent des altérations pariétales, sous forme d’épaississement avec disparition presque complète de la lumière, dégénérescence hyaline, ou infiltration sanguine et pigmentaire avec aspect feuilleté. Au maximum, c’est linfiltration sidéro-calcaire massive et l’aspect si caractéristique du nodule de Gandy-Gamna.
— l'existence d’une réaction réticulo-endothéliale notable : tuméfaction des cellules endothéliales qui tombent dans la lumière des sinus, se mobilisent et subissent la métamorphose macrophagique. Mobilisation et transformation macro-
phagiques des cellules du reticulum funiculaire ;
— enfin l’existence d’une réaction hémato- macrophagique qui peut manquer mais qui est parfois importante : présence de nombreux hémato-
phages dont certains sont chargés de pigment ocre.
En somme, rate de sclérose hyperplasique chronique avant tout. Mais aussi accessoirement :
— räte de stase : dilatation des sinus ; — rate d'hémolyse : réaction hémato-macrophagique; — rate avec prolifération légère réticulo-endothéliale.
2° Etat du foie.