‹ Sur une Forme de Splénopathie cirrhogèneChapitre 26 sur 29 · THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE

tion n’est nullement contre-indiquée par ces deux derniers facteurs. Certes, les risques opératoires sont alors. bien plus sérieux. Certains des malades ne seront pas capables de faire les frais du traumatisme chirurgical. Mais la situation est si désespérée qu’elle autorise toutes les audaces. Celles-ci sont d’ailleurs justifiées par les résultats extraordinairement brillants obtenus dans certains cas très avancés, témoins les véritables résurrections des malades de notre observation 1 ou de l'observation de MM. Carnot, Harvier et Carozr. L'intervention se fera de préférence sur un malade non anémique. On attendra la fin de la poussée hémorragique et on aidera la réparation globulaire à l’aide de foie de veau, d'extraits hépatiques ou gastriques, de fer, voire même à l’aide de petites transfusions répétées. Celles-ci, comme l’ont montré récemment CHa- BROL et ses collaborateurs, ne sont d’ailleurs peut-être pas toujours sans danger. Les splénopathes paraissent souvent supporter assez mal cette thérapeutique, à laquelle on n’aura recours qu’en cas de besoin urgent. En présence d’une hémorragie digestive abondante, la thérapeutique médicale paraît complètement inopérante. Les injections opiacées, les médications antihémorragiques restent habituellement impuissantes. Les transfusions sanguines paraissent souvent plus efficaces, mais nous avons vu qu’elles constituent, en somme,une arme à double tranchant. Le plus souvent on a l’impression qu’on ne peut aucunement influer sur l’évolution de l’hémorragie. Jusqu'à présent, les chirurgiens ont eu répugnance à intervenir sur ces malades souvent saignés à blanc. Il est possible cependant que la splénectomie, pratiquée d'urgence, constitue Ja seule thérapeutique efficace, bien que très risquée. Quand l’hémorragie se prolonge, qu’elle ne cède ni à la glace, ni à la morphine, ni aux injections sériques ou

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aux transfusions, l’ablation de la rate est peut-être la dernière planche de salut et nous croyons qu’à ce titre on sérait peut-être autorisé à la pratiquer.

Nous ne reparlerons pas 1ei des résultats de la splénectomie, que nous avons étudiés dans un autre chapitre. Qu'il nous suffise de dire que, quand lopération est pratiquée tôt, sur un malade résistant, et dans de bonnes conditions, ses suites sont extraordinairement simples. Certains de nos malades ont quitté le Service de Chirurgie dix jours après l’intervention, sans avoir présenté le moindre crochet fébrile ou la plus petite défaillance.

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