THÉRAPEUTIQUE
Le seul traitement logique des splénopathies cirrhogènes en général et de la cirrhose hypertrophique anictérique en particulier ne peut être que l’ablation de la rate. À
En l’absence de toute cause toxique ou infectieuse actuellement connue, il ne peut être question en effet d’un traitement étiologique. Dans les cas où un pareil traitement a été institué parce qu'on soupçonnait l'existence d’une cause, la syphilis par exemple, cette tentative a entraîné le plus souvent une aggravation des symptômes et en particulier des hémorragies. On conçoit aisément le danger que peuvent représenter des cures arsenicales, bismuthiques ou mercurielles intensives chez ces malades à foie déjà lésé et qui sont perpétuellement sous le coup d’une gastro-entérorragie peut-être mortelle. Aussi ne saurait-on user de trop de prudence à cet égard.
Les prescriptions hygiéno-diélétiques ou médicamenteuses usuelles dans les cirrhoses n’ont aucune chance d'améliorer notablement la maladie, pas plus qu’elles n’améliorent notablement les cirrhoses ordinaires.
Par contre, la splénectomie est justifiée théoriquement puisqu'elle constitue à la fois, le traitement pathogénique — suppression de lorgane initialement malade — et physiologique —- suppression de l'organe responsable des hémorragies. Elle l’est pratiquement, et par le faible danger qu’entraine cette opération, lors-
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qu’elle est exécutée dans de bonnes conditions, sur un malade encore résistant et par un chirurgien bien entraîné, et par les excellents résultats qu’elle a procurés jusqu’à présent.
Mais elle est justifiée surtout par la gravité de la cirrhose hypertrophique anictérique. Non seulement cette maladie comporte le sombre pronostic de toutes les cirrhoses, qui évoluent à peu près fatalement vers la grandé insuffisance hépatique, mais encore elle est capable d'entraîner à tout moment la mort rapide par hémorragie digestive. Tout. malade porteur d’une splénopathie cirrhogène, qu'il ait ou qu’il n’ait pas encore saigné de son tube digestif, peut d’un moment à l’autre succomber à une hématémèse foudroyante absolument inopinée. Ce danger l’emporte de beaucoup sur les risques beaucoup plus faibles, mais réels cependant que comporte, comme toute opération viscérale, la spiénectomie.
Certes, 1l n’est pas impossible qu’un malade atteint de cirrhose hypertrophique anictérique guérisse spontanément de cette affection. [l n’est pas impossible non plus que la splénectomie n'empêche pas les hémorragies ou le développement ultérieur de la cirrhose hépatique. Pas plus que l’évolution fatale de la maladie, la valeur curatrice de la splénectomie n’est absolument constante. Mais elle constitue de loin l’éventualité la plus fréquente et nous paraît de ce fait indiquer l’intervention dans tous les cas de cirrhose hypertrophique anictérique.
Néanmoins, il est bien évident que les chances de succès seront d'autant plus grandes que l’opération aura pu être pratiquée plus tôt. La période opératoire de la maladie correspond à la phase d’atteinte splénohépatique, avant l’apparition de l’ascite et de l’altération profonde de l’état général. Toutefois, l’interven-