‹ Sur une forme particulière du spasme de la glotteChapitre 17 sur 19 · SET A · texte numérisé non relu

SET A

sans cependant avoir jamais pris aucune crise. N'a jamais eu de fausse couche.

C'est Ie premier enfant. Né à terme, l'accouchement a été normal. Nourri pendant huit jours au sein, puis au lait bouilli, ou au lait stérilisé, coupé avec de l’eau.

À cinq mois, a eu une gastro-entérite, traduite par des vomissements et de la diarrhée. Guérison au bout d’un mois. Depuis ce temps, il est très constipé.

L'enfant a toujours été nerveux ; il n'a jamais pris de convuisions, mais s'énerve, crie longtemps Il se portait bien depuis la fin de sa diarrhée. La mère l'amène pour ce qu’elle appelle des crises de suffocation. La première se produisit il y a trois mois, mais moins grave qu'à présent ; depuis il prit de nouvelles crises tous les cinq à six jours. Il y a trois semaines elles augmentèrent de fréquence, et surtout depuis huit jours ; elles se produisent toutes les dix minutes, surtout provoquées par le décubitus dorsal. Leur durée est variable ; mais actuellement la respiration se suspend parfois complètement, ce qui ne s'était jamais produit jusqu'à il y a huit jours environ. Depuis ce temps ses yeux se convulsent au moment de la crise.

Dans l'intervalle de ces crises l'enfant est très gai.

Depuis l'entrée il a pris de nouveaux accès assez nombreux, trois pendant la journée, trois pendant la nuit. Au début de l'accès, ses yeux se convulsent en dedans, assez légèrement toutefois. Puis l'enfant reste quelques secondes sans respirer. A cette période d’apnée, succèdent une ou plusieurs inspirations bruyantes, « aboyantes », les crises surviennent spontanément ; il est difficile de les éveiller artificiellement.

L'enfant est un peu oppressé, R = 52, tousse un peu, la respiration affecte fréquemment le type inverse. Rien aux poumons.

Rien au cœur.

Le foie déborde légèrement les fausses côtes.

La rate dépasse ses limites normales de deux travers de doigt.

Pas de troubles gastro-intestinaux.

Pas d'érythème des fesses.

Pas de convulsions, pas d'albumine dans l'urine.

La respiration nasale est un peu bruyante ; et semble gênée.

On constate dans le naso-pharynx des végétations adénoïdes assez développées. |

20 mars. — On enlève les végétations à l’aide de la pince spéciale, ce qui nécessite cinq ou six applications. Pas d'accidents convulsifs après l'opération.

25 mars. — Depuis la première ablation des végétations, les crises semblent moins longues. Nouvelle séance d’ablation des végétations.

29 mars. — Depuis la dernière intervention, les crises sont presque complètement disparues et se bornent à un ou deux cris. À ce moment la tête augmente de volume, présentant les

dimensions suivantes

Diamètre bi-auricul'aire, 27 centimètres Diamètre ant.-postérieur, 33 centimètres.

24 avril. — Depuis trois jours la température monte, l'oreille droite suppure. Hier trois crises de laryngospasme.

Actuellement l'enfant présente un capitonnage de l'occiput, de la nuque et des épaules par une douzaine d’abcès, les uns guéris sous forme de croûtes, les autres en pleine activité. Leurs dimensions varient depuis celles d'une lentille jusqu'à celles d'une amande. Râles de bronchite diffus.

23 avril. — La température est à 40°. La tête a considérablement grossi, elle présente actuellement les dimensions suivantes :

Diamètre bi-auriculaire, 30 centimètres.

Diamètre ant.-postérieur, 33 centimètres.

25 avril. — La température continue et reste au-dessus de 40°. R = 40, type inverse. Tirage énorme sus et surtout sous-sternal. Toujours rien de net aux poumons, que des râles de bronchite.

26 avril. — Asphyxie progressive, suivie de mort sans convulsions.

Plusieurs fois, en outre, M. le professeur Weil] eut l’occasion de voir des nourrissons atteints de spasme de la glotte. Aucune autre affection ne pouvait être mise en cause. Immédiatement il songeait à l'existence probable de végétations adénoïdes ; et, en effet, l'exploration du naso-pharynx à la pince de Ruault en ramena des débris. Dans tous. ces cas, il avait été en présence de petites végétations non oblitérantes, qui pendaient en quelque sorte dans le cavum pharyngien. Une ou deux séances opératoires suffirent dans tous ces cas pour faire disparaître tout accident laryngé.

Reste maintenant à déterminer pourquoi cette cause si importante du spasme glottique a jusqu'ici, si peu attiré l'attention? Sans doute parce que les végétations adénoïdes qui produisent le laryngospasme ne sont point de grosses végétations, des végétations oblitérantes. Elles sont, au contraire, comme l'ont montré les observations précédentes, généralement pédiculées, de la grosseur d’un pois, ou moins, et flottent librement dans le cavum pharyngien, ne produisant le spasme que par l'excitation du réflexe qu'elles produisent mécaniquement. Leur petitesse et le fait qu’elles ne sont pas oblitérantes les masquent à l’observateur qui, pour les trouver, est obligé de les rechercher systématiquement. Quelles raisons, en effet, semble-t-on avoir de faire le toucher pharyngien à un enfant qui ne présente pas le facies adénoïdien (qui manque d'ailleurs chez le nourrisson, dont le développement de la face n’a pas encore eu le temps de se modifier), ni aucune des

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