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Sur Une Nouvelle Menthe Hybride

coupe est elliptique transversalement, onduleuse, légèrement concave en haut; elle renferme une courbe fasciculaire externe, de même forme, fragmentée, contenant des canaux sécréteurs en nombre moindre et de diamètre plus large. Les faisceaux intérieurs y sont dépourvus de canaux et plus ou moins unis en traînées irrégulières, fragmentées, mais toutes orientées vers le haut.

La plante ne rentre donc naturellement dans aucun des genres de la famille; le genre Vateriop si s est donc justifié, et ce sera l’un des plus curieux de la famille des Diptérocarpacées. Il fera partie de notre tribu des Stémonoporées, et établira sans doute un passage vers quelques types d’une autre famille naturelle.

M. Malinvaud présente à la Société le Mentha Amblardii Debeaux et donne lecture de la Note suivante :

SUR UNE NOUVELLE MENTHE HYBRIDE, par 11 . O. DEBEAUX.

Mentha Amblardii 0. Debeaux Mss. 1891 = M. hirsuto X rotundifolia 0. Deb. olim in Herb. Affinis M. silvestris X hirsuta Wirtg. {}1. nepetoides Lej.)

Tiges couchées-ascendantes, rameuses à la base, à rameaux simples dressés, plus courts ou égalant l’axe primaire, munies au niveau du sol de nombreuses tiges foliaires stériles se transformant en stolons radicants sur toute leur longueur, hérissées principalement au sommet de poils courts et laineux, hautes de 25 à 30 centimètres, et portant au-dessous de l’épi terminal deux ramifications florifères très courtes (3 à 4 centimètres au plus); feuilles larges, ovales-arrondies (26 à 30 millimètres) ou ovales-allongées (26 à 40 millimètres), en cœur à la base, brièvement pétiolées, les supérieures sessiles, vertes en dessus, lisses et non bosselées en dessous, velues-hérissées sur les deux faces, les nervures et les pétioles de poils peu serrés, laineux et appliqués. Les feuilles sont en outre dentées en scie à dents inégales espacées et peu ouvertes dans la partie moyenne et inférieure de la plante, et à dents plus courtes, plus dressées dans la partie supérieure ; bractées ovales-acuminées; fleurs en un épi long de 5 à 7 centimètres, compact, obtus au sommet, avec un seul verticille inférieur légèrement distant de l’épi floral ; épis des deux rameaux latéraux presque globuleux et ne formant qu’un seul verticille; calice campanulé hérissé, à divisions acuminées, ciliées sur les bords, et égalant le tube de la corolle; celle-ci de couleur purpurine ou rosée; étamines incluses; style longuement

DEBEAUX. — UNE NOUVELLE MENTHE HYBRIDE (M. AMBLARDII). 155

exsert; nucules...; odeur caractéristique du Ment ha aqualica quoique plus faible. Fleurit du 5 au 15 septembre.

Hab. Agen (Lot-et-Garonne), dans une grande prairie naturelle, bordant la rive droite de la Garonne immédiatement à côté etau-dessous du Pont-Canal, vivant en société des Ment ha rotundifolia, M. silvestris, M. hirsuta et M. arvensis.

Obs. — Cette nouvelle forme de Menthe, à laquelle je me fais un vrai plaisir d’imposer le nom d’un zélé botaniste, mon ami et compatriote M. le D r Louis Amblard, à Agen (auquel la flore du Lot-et-Garonne est redevable de très importantes découvertes), m’a paru tenir son origine de l’hybridation du M. hirsuta et des M. rotundifolia ou silvestris qui seraient ses parents présumés. Elle est, à mon avis, une forme intermédiaire entre le M. rotundifolio X hirsuta Timbal, et le M. silvestris X hirsuta Wirlg. (M. nepetoides Lej.) dont elle offre quelques caractères. Dans notre hybride, le M. hirsuta L. serait la plante mère, ou le porte-graine, fécondée par le M. rotundifolia ou par le M. silvestris. Le M. Amblardii possède en effet tous les organes de végétation de la plante-mère, feuilles, tiges, stolons radicants, et jusqu’à la présence d’étamines incluses également observée sur tous les échantillons de M. hirsuta , végétant dans la même station ou sur les rives du canal latéral. L’action des M. rotundifolia ou M. silvestris , considérés ici comme porte-pollen, n’aurait eu d’autre effet que sur l’inflorescence en transformant les capitules globuleux en épis terminaux, et en modifiant sensiblement la villosité et l’aspect général de toute la

plante.

Notre très honorable secrétaire général, M. Malinvaud, avec son obligeance habituelle a bien voulu examiner des échantillons très réduits du M. Amblardii (ceux-ci ayant été expédiés par la poste), et m’a fait savoir qu’ils se rapportaient exactement au M. rotundifolia X hirsuta Timbal, dont il faut élaguer le synonyme de M. Maximiliana F. Schultz, attribué à tort à ce dernier hybride par le botaniste toulousain. Je trouve que la description de celui-ci publiée dans Y Essai célèbre monographique des Menthes des Pyrénées centrales (Bull. Soc. bot. de Fr. 1860) ne cadre pas exactement avec notre hybride de la prairie d’Agen, et je pourrais bien ne pas me tromper aussi en lui attribuant un certain air de ressemblance avec le M. silvestris X hirsuta Wirtg. dont l’inflorescence est bien voisine. Ainsi que le dit avec raison M. Malinvaud, dans le groupe des hybrides des Mentha rotundifolia et aquatica il est très difficile de préciser, en dehors de l’expérimentation, quel est le rôle du porte-graine et par suite aussi

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