TRAITEMENT
« Naturammorborumcurationes ostendunt )),adit le père de la médecine; ce serait peut-être ici le cas de renverser l'aphorisme et de dire que, étant connue la nature de la maladie, ]e traitement en découle.
L'affection que nous avons à traiter est complexe et consiste en une hyperémie de la rétine et en une congestion passive s'étendant de l'iris à toute la conjonctive.
Contre Fhypérémie rétinienne nous prescririons d'abord le repos et l'occlusion des yeux, un pédiluve sinapisé et un purg-atif, soit :
Eau-de-vie allemande 45 g*r.
Ou bien :
Galomel 0 g-r. 80
Scammonée 0 g-r. 20
ûu côté de la conjonctive nous avons affaire à une simple cong*estion passive due à Fobstacle qu'oppose le muscle ciliaire à la circulation en retour. Nous avons vu que la contraction de ce muscle n'est qu'une conséquence de Thyperémie de la rétine; en soignant donc cette hyperémie, il est clair que nous amènerons son relâchement et par suite la détente vasculaire. Mais on peut lever
l'obstacle plus rapidement en ag'issant directement sur lui et cela au moyen de Tatropine qui a la propriété de le paralyser. On instillera donc, matin et soir dans chaque œil, une ou deux g*outtes d'un collyre ainsi formulé par exemple :
Sulfate d'atropine 0 g'r. 05
Eau distillée 20 g-r.
Si la cong*estion du côté de la conjonctive était très-marquée, les symptômes d'hyperémie de la rétine très accusés, les douleurs périorbitaires vives et s'il y avait de l'agitation, notis n'hésiterions pas, étant donné surtout au sujet pléthorique, à appliquer quelques sang-sues pour amener une déplétion locale des vaisseaux.
Ces sang"sues pourraient être mises à la région temporale, ou bien, comme on Fa conseillé, au ni veau de l'apophyse mastoïde. De cette façon on produirait le même effet et on éviterait des cicatrices dans un endroit apparent (D^ Romée, de Lièg'e. DeTiritatis en général considéré surtout au point de vue pratique.
En comparant nos deux observations, nous voyons que chez le premier des malades l'affection a été moins bénig*ne et plus tenace que chez le second. Cette différence est déjà expliquée par cette circonstance que l'intensité de la lumière équivalait à 1,600 becs dans le premier cas et à 300 dans le second; mais nous croyons qu'il faut aussi en
chercher la raison dans le mode de traitement qui n'a pas été le même pour les deux officiers.
Le premier, chez lequel on ne peut guère mcnminer les instillations astring'entes qui très-faibles ont été fort peu répétées, a g*uéri, pour ainsi dire, tout seul, simplement à l'aide du repos, tandis que chez l'autre on a appliqué le traitement rationnel, purgatif et instillations au sulfate d^atropiae.
Enfin il nous reste une dernière remarque très importante à faire avant de terminer la question du traitement.
Les injections astring-entes métalliques ou autres de quelque nature qu'elles soient, doivent être complètement bannies de la thérapeutique de cette affection.
Gomme il n'y a pas de conjonctivite, elles n*ont aucune raison d'être, et le moindre inconvénient qui pourrait résulter de leur emploi serait de faire naître une conjonctivite là où il n'y en a pas.
On voit donc combien il est important de ne pas s'égarer dans son diagnostic.