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Titre du sérum no à
PA 10 20 30 40 50 60 10 80 90 Temps en jours
Fig. 7. — Courbe syphilimétrique n° ? : Syphilis primaire (Réinfeclion). Malade traité dans le service du D' Tzanck.
OBSERVATION N° 3. — Me D..., 35 ans. Syphilis secondaire. Éruptions papulosquameuses, prenant aspect lichénifié, aux avant-bras, coude, abdomen. Amygdale rouge, enflée, Adénopathie sous-maxillaire. Hospitalisée pour le début du traitement (15 jours).
Traitément. — Durant les 15 premiers jours, reçoit un total de 8.400.000 U. I. de pénicilline, plus 5 injections de Bivatol.
— du 16° au 63° jour : 15 injections de Bivatol;
— 3 semaines de repos.
Contrôle sérologique quantitatif pendant 70 jours (à poursuivre). Cf, courbe n° 3.
traitement 140 peniciline+Bi Ismu E ° «5 80 Ü S © 60 S RE T0) 10 20 30 40 50 60 70 Temps en jours Fi. 8. — Courbe syphilimétrique n°°3 : Syphilis secondaire,
Malade traité dans le service du D' Tzanck,
Interprélalion des courbes. — La forme des courbes obtenues correspond bien au schéma général dont nous avons parlé. Voici comment on peut les interpréter. Chaque courbe comprend trois parties.
1° L’ascension plus ou moins régulière du taux de réagine est précédée d'une phase de latence où la réponse sérologique de l'organisme à l’imprégnation antigénique par le tréponème n'est pas encore perceptible, alors que les signes cliniques et bactériologiques sont déjà apparus (chancre avec ultra-positif) (Dans nos observations cette phase n’a pas été observée). L'augmentation rapide du taux de réagine qui suit cette phase de latence constitue la réponse normale d’un organisme neuf à un premier contact avec le tréponème en voie de multiplication.
2° Si sous l'effet d’un traitement précoce et intensif la croissance des tréponèmes est stoppée et les tréponèmes tués ou du moins la plus grande partie d’entre eux, l'excitation antigénique cesse. La courbe de réagine, toujours avec un certain retard sur la disparition des tréponèmes, cesse de croître et atteint un maximum. La valeur absolue de ce maximum n’a pas grande signification : il ne permet de juger ni de la gravité ni de l'évolution ultérieure de la maladie, le rôle capital étant joué par la susceptibilité de l'individu et le temps séparant la contamination du début du traitement. La courbe se maintient à ce maximum pendant quelques jours.
3° La courbe syphilimétrique décroît ensuite : c’est cette phase de défervescence qui a le plus d'intérêt pratique et qui doit être suivie avec le plus d'attention. Deux cas sont à envisager.
a) Si le traitement a été suffisant et efficace, les tréponèmes ont définitivement disparu et le taux de réagine baisse d’une façon plus ou moins régulière pour s’annuler enfin. Le temps précédant la négativation sérologique est variable suivant les individus et suivant l'intervalle séparant le début de la maladie du début du traitement. Il est en général de 2 ou 3 mois et ne doit pas excéder 6 à 8 mois.
La signification immunologique de cette décroissance alors que le tréponème a depuis longtemps disparu est la suivante : la réponse sérologique de l’organisme à l’excitation antigénique initiale se prolonge comme un écho. Deux des observations rapportées appartiennent à cette catégorie (Observations 1 et 3). Les auteurs américains recommandent d’effectuer un examen quantitatif toutes les semaines pendant 6 mois et ensuite, si la sérologie est négative, un examen tous les 6 mois pendant 2 ou 3 ans. Chaque examen sérologique étant évidemment accompagné d’un examen clinique.
b) Cette surveillance est nécessaire : si le traitement n’a pas été suffisamment efficace et a permis à certains tréponèmes de survivre, ces tréponèmes
vont obligatoirement un jour ou l’autre reprendre une croissance active, et
le malade fait une « rechule ». Il peut se produire aussi une réinfection. De toute manière l'organisme soumis de nouveau à une imprégnation antigénique massive des tréponèmes répondra en formant un taux élevé de nouveaux anticorps. La courbe, jusqu'alors descendante, va monter brusquement et cette remontée précédera toujours l'apparition de nouveaux signes cliniques (on ne signale pas de chancres après réinfection chez des malades présentant encore une sérologie positive) et commandera Ja reprise du traitement. Il est donc capital de détecter cette augmentation du taux de réagine et de ne pas la confondre avec les oscillations peu marquées de la courbe que l’on peut considérer comme normales. Il y a « relapse » suivant l'expression américaine lorsque la réagine remonte brusquement à un taux nettement plus élevé que le taux initial et s’y maintient ou monte encore durant 3 semaines au minimum. Comme nous l'avons dit, cette remontée de la courbe équivaut à l'élévation du taux d'anticorps suivant une injection de rappel : c’est la réaction anamnestique bien connue des immunologistes. Rechutes ou réinfections cèdent à un nouveau traitement et la courbe reprend de nouveau sa phase descendante. On peut observer plusieurs « relapses » chez un même individu.
Nous n'avons pas suivi un nombre suffisant de malades pour observer de rechutes qui se produisent suivant les auteurs américains dans 2 ou 3 0/0 des cas. Mais nous avons observé un cas de réinfection chez un malade dont la sérologie était devenue négative après traitement (Observation n° 2). Chez de tels malades le chancre apparaît en cas de nouvelle contamination et pré- ‘cède alors l’ascension de la courbe qui est semblable à la courbe obtenue avec un malade atteint de syphilis primaire : l’organisme s’est comporté
exactement comme un organisme neuf. à