‹ Sur une route de cyprèsChapitre 16 sur 27 · TROIS CHATEAUX DU TYROL · texte numérisé non relu

TROIS CHATEAUX DU TYROL

SCHLOSS AMBRAS

J u fus sauvage et roi ; jadis ta vigilance Permettait à tes ducs de mépriser autrui; Tes créneaux dentelaient en jaune dans la nuit La veille nécessaire à ta magnificence.

Les terres d'alentour n'étaient qu'obéissance. Le serf peinait jusqu'à la tombe au sol rivé; Tu ne connaissais rien que la nécessité De maintenir le joug pesant de ta puissance.

La vie au fond des cœurs forgeait des métaux durs. Vendant les soirs d'hiver où gémissent les murs Les flammes dévoraient des troncs au bois tordu.

Dehors, à l'infini, jusqu'aux plus hautes cimes, Par delà l'inconnu des monts creusés d'abîmes, C'était l'ennui glacé, morne, insondable et nu.

CASTEL TOBL1NO

Ce n'est pas l'Italie encor, mais tu préviens Qu'elle viendra bientôt dans l'horizon plus doux Ton petit lac ressemble à ceux des livres où Les vers sont encadrés par d'étranges dessins.

Comme irréel, ' il semble ici que l'on t'ait peint Pour ajouter du rêve au jeu du clair de lune ; Ton allée est propice et, dans l'ombre nocturne, Tin page romantique en manteau gris revient.

Une mélancolie indécise l'étreint ; Cependant, et jamais, tu n'auras mon destin Malgré tout ce qu'en toi j'aurais su découvrir,

Parce que le cas tel Madruzzo te domine

Et parce que les monts, les rochers, les collines

Terment sur toi l'espace aux ailes du désir.

Page 1