SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANGÉ
M. J. Gay présente un échantillon monstrueux d e Dianthus barbatus, qui lui a été adressé de Bordeaux par M. Durieu de îtfalsotiheuve.
M. Moquin-Tandon considère cette monstruosité comme unefascie avec torsion.
M. Duchartre rappelle qu’il a décrit un phénomène analogue observé par lui sur un pied de Galium Mollugo.
M. Reveil fait à la Société la communication suivante :
l’ROCÉDÉ DE CONSERVATION DES PLANTES AVEC LEUR FORME HABITUELLE ET L’ÉCLAT
DE LEURS FLEURS, par MM. REVEIL et UERJOT.
Depuis longtemps déjà on a songé a conserver les plantes en leur conservant leur forme, leur port habituel et tout leur éclat ; on trouve des procédés très anciennement décrits. Nous allons les passer rapidement en revue avantd’indiquer celui que nous proposons et qui nous a constamment réussi.
En 1770, M. Quer, Espagnol de nation, présenta à l'académie de Bologne une collection de plantes desséchées avec soin et très élégantes; mais dans le procédé indiqué on détachait les feuilles et les rameaux qu’on faisait sécher séparément, entre des feuilles de papier, au soleil ou dans un four modérément chauffé. Les fleurs conservaient leur éclat et leur forme si la dessiccation était rapide et si l'on comprimait très peu; puis on collait au moyen de la gomme les feuilles et les rameaux sur l’axe principal. On comprend que ce procédé devait être long, et que de plus il était difficile et même impossible de rendre aux feuilles et aux rameaux leur position naturelle. M. IVIonty, qui a exposé ce procédé dans les Observations sur la physique et sur l'histoire naturelle, 1772, page 623, a reconnu que la température du corps humain était la plus convenable pour opérer cette dessiccation ; c’est par ce moyen qu’il parvint à conserver des tulipes, des anémones, des renoncules, etc.
Le célèbre anatomiste Ruysch indique dans son ouvrage intitulé : Premier
trésor, divers procédés pour la conservation des matières animales, dont
quelques-uns peuvent être appliqués aux plantes.
Mais c'est surtout à M. Monty que l'on doit les recherches les plus intéressantes. Nous les consignons ici avec d’autant plus de plaisir que ses observations sont complètement d’accord avec les nêtres ; nous ne connaissions pas les travaux de \L Monty, lorsque nous avons commencé nos expériences ; si nous les eussions connus il y a quelques mois, nous nous serions épargné beaucoup de peines et d’expériences.
M. Monty a cherche, en 1772, a conserver les plantes sans leur faire subir la moindre compression ; avant lui diverses tentatives avaient été