TROISIÈME PARTIE
AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES FILS MÉTALLIQUES INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
En tant que fils métalliques le fil d'argent et ceux qu'on pourra lui substituer à l'avenir tels que fils de platine, fils de bronze d'aluminium offrent sur tous les matériaux de suture actuellement en usage l'avantage précieux de pouvoir se stériliser vite, sûrement et infailliblement. Avec lui pas de crainte de compromettre sa solidité par une température trop élevée ou par une ébullition trop prolongée. Aussi tous les procédés de stérilisation lui sont-ils applicables. Il serait singulièrement fastidieux de les énumérer et de les passer en revue, il nous suffira de mentionner les plus couramment employés, c'est-à-dire le flambage à l'alcool (le flambage au gaz pourrait avoir comme inconvénient de faire fondre le fil en le portant à une *
température trop élevée), la simple ébullition avec eau pure ou additionnée de carbonate de soude. Tous ces procédés de stérilisation sont précieux pour la chirurgie d'urgence et quand on ne dispose pas d'un matériel plus coûteux ct plus encombrant, c'est-àdire l’autoclave et l’étuve sèche quisont habituellement réservés aux services de chirurgie.
IL en va tout autrement pourles fils dits résorbables, c'est-à-dire le catgut et certaines substances récemment préconisées par quelques opérateurs telles que le {endon de renne, le lendon de kanguroo. La stérilisation de ces diverses substances est difficile à réaliser et ne va pas sans compromettre leur solidité. Si l’on s'en tient à l'immersion prolongée dans des mélanges antiseptiques, leur conservation est particulièrement délicate. Aussi n'est-on jamais certain de les employer dépourvues de germes et les craintes qu'elles inspirent sont trop souvent justifiées par les accidents que provoque leur emploi. Nous devons aussi signaler leur résorption parfois trop rapide entrainant de graves complications sur lesquelles on n'a pas encore suffisamment attiré l'attention.
Le fil métallique, infiniment supérieur sous ce rapport aux matériaux résorbables l'est encore aux crins de Florence et aux soies, c'est-à-dire aux substances non résorbables.
Le crin de Florence en effét se stérilise assez facilement mais il n’est pas absolument cylindrique et ïl présente à sa surface une légère canelure qui pourra toujours receler des ge-me:, source d'acciden ss.
La soie s'altère sous l'action de la chaleuret devient cassante.
Outre cet avantage incontestable, le fil métallique l'emporte encore sur ces substances grâce à son im perméabilité. Avec lui l'on n'aura plus à redouter ces éliminations tardives d'une longueur désespérante ne cédant qu'à l'extraction parfois si difficultueuse du corps du délit et créant pour la cicatrice un point de minoris résistentiæ.
Nous ne parlons pas seulement de la suppuration immédiate provenant d'un défaut d’'asepsie générale, mais de l'élimination tardive si fréquente et à l'abri de laquelle n'est aucun chirurgien quelles que soient les précautions dont il s’entoure et l'excellence de ses procédés de stérilisation (1). |
Il est à remarquer, en effet, comme le dit Lucas- Championnière, qu'une soie, même absolument aseptique est susceptible d'être éliminée : témoin l’observation de Gérard-Marchant, dans laquelle un fil de soie reconnu ultérieurement parfaitement stérile dans le laboratoire du professeur Cornil fut employé à la
(1) Les statistiques relevées dans Dézon, thèse de Paris 1898 sont particulièrement éloquentes :
55 o/o Esmarch.
49 0/0 Billroth.
42 o/o Bergmann.
29 o/o Helferich.