‹ Sutures et Ligatures à Fils Métalliques perdusChapitre 23 sur 24 · Corvin et Vicol · texte numérisé non relu

Corvin et Vicol

Ni

fixation d'un testicule. Le travail d'élimination fut tel que longtemps après on dut faire la castration.

Or cet accident si redoutable, prolongeant si longtemps au lit le séjour du malade, si compromettant pour la solidité de la cicatrice, est imputable à la texture du fil de soie. c'est-à-dire à sa perméabilité qui lui permet une imbibition facile par la sérosité et les diverses humeurs des tissus le transformant ainsi en excellent milieu de culture.

Cette perméabilité, cause de tant de mal n'existe plus avec le fil métallique, aussi n'est-il jamais éliminé, même tardivement, nous dirons plus, même dans un foyer de suppuration venu d'une cicatrice suppurée.

Mais, objectera-t-on, le fil d'argent n'est pas résorbable, demeurant au sein des tissus il peut causer de la gêne, de l'irritation, dela douleur?

Il est facile de retourner l'argument et sans parler de la résorbabilité parfois trop rapide du catgut on peut avancer que cette non résorbabilité est un garant de la solidité de la cicatrice puisque le fil maintient constamment les lèvres de la plaie opératoire en contact.

Quant à lirritation que peut provoquer ce corps étranger abandonné in situ l'expérience en a fait depuis longtemps justice. Les énormes paquets enfouis par Phelps et conservés. dit l'américain, « tant que dure la vie du patient » ont toujours été parfaitement tolérés et ils étaient même précisément destinés dans la pensée de cette auteur à provoquer

momentanément une irritation salutaire en ce sens qu'elle amenait la formation d’un tissu de cicatrice plus dense et plus résistant.

Des radiographies très intéressantes ont montré également à M. Michaux que ses petits fils appliqués aux ligatures des vaisseaux, étaient très bien tolérés et ne provoquaient aucune gêne fonctionnelle, au même titre que les fils métalliques employés dans les sutures osseuses et le cerclage de la rotule.

Cependant ils ne sont pas à l'abri de tout reprocheet leurs aspérités peuvent causer une gêne notable et provoquer l'apparition de foyers dovloureux. Nous avons montré comment M. Delbet s’efforçait de masquer ces aspérités et de les enfouir de façon à les rendre inoffensives et indolores.

I y a là évidemment un point délicat dans l’arrêt des sujets principalement, mais une technique bien raisonnée aura facilement raison de ces inconvénients plütôt minimes.

Il est vrai encore que leur maniement n'est pas aussi facile que celui du catgut et de la soie. La construction des points d'arrêtest plus difficile à effectuer qu'un simple nœud : les spires de torsion doivent être serrées le plus possible, de façon à obtenir pour le pédicule un minimum de volume et un maximum de résistance. Là ne réside pas la difficulté. Elle provient de la tendance à l’enroulement du fil. Sion abandonnait l'extrémité du fil ou si on relâchait la surveillance dont il doit être l'objet, il pourrait, grâce à son élasticité, être projeté comme un ressort au delà du champ

ET

opératoire, et se souiller ainsi à des contacts peu sûrs.

En surplus, certaines précautions doivent être prises aussi bien par l'aide que par celui qui manie l'aiguille. L'aide ne laissera pas le fil s'entortiller sur lui-même, il en résulterait un coude, une sorte de nœud qui rendrait le fil fragile à cet endroit et déchirerait les tissus. L'aide chargera le fil dans le chas de l'aiguille toujours de la même façon, de telle sorte que l'opérateur n'ait qu’à retirer son aiguille et ouvrir le chas pour que le fil soit facilement libéré.

Fig. 5

Si l'on veut bien se reporter à la figure et l'examiner attentivement, il sera facile de suivre par la pensée le mouvement de retrait de l'aiguille chargée de son fil. On comprendra que le moindre mouvement imprimé à

la pointe dans le sens latéral et pendant le retrait de l'instrument, aura pour effet d'enrouler le fil autour du chas et d'en rendre la sortie très laborieuse. IL y a là un réel inconvénient dont il est difficile de se rendre compte, à quiconque est étranger au maniement de ces fils et la seule façon de l’éviter est d’accrocher toujours le fil dans le même sens et de retirer l'aiguille sans lui imprimer de mouvement de rotation de la pointe, mouvements qui paraissent imperceptibles, mais qu'un examen attentif pourra toujours découvrir.

Enfin, il faut signaler un petit point de détail : le fil à force d'être coudé dans le mouvement destiné à le fixer dans le chas finit, en ce point, par déchirer les tissus, d'où nécessité d'en sectionner l'extrémité tous les cinq où six tours. Aussi n'oubliera-t-on jamais de choisir un fil plus long que ne le nécessiterait le surjet.

On peut se demander si ces fils employés dans une suture très étendue de la paroi abdominale, par exemple comme nous en vimes faire deux pour éventration et s'étendant de l'appendice Xiphoïde au pubis, on peut se demander, si ces fils par leur inextensibilité et grâce au surjet continu ne viendront pas troubler l'exécution de certains mouvements du tronc, tels la flexion et surtout l'extension. Dailleurs, les malades qui sont l'objet de cette restriction n'ont rien présenté de ce côté: leurs mouvements n'ont pas été troublés et la cicatrice est restée indolore.

De cet exposé il: résulte qu'il convient de les employer dans des circonstances bien déterminées.

RO

Is sont indiqués dans la réfection de la paroi après une cure radicale de hernie puisque là surtout on s'efforce de reconstruire une paroi manquante, de s'opposer à l'issue des viscères, à l’effraction ultérieure des plans aponévrotiques.

Dans les autres opérations abdominales ils seront encore utiles parce qu’ils s'opposeront efficacement au relâchement des cicatrices ét aux éventrations nécessitant si souvent une seconde intervention.

Pour ce qui est des ligatures, il est permis d'espérer que l'hémostase bénéficiera largement des avantages d'une methode encore à l'étude et que le fil métallique remplaçant les matériaux usuels de ligature, sera d'un secours précieux, grâce à la rapidité de son application. Son emploi sera alors tout particulièrement indiqué dans les opérations graves où le temps est précieux et nombreux les vaisseaux à lier, aussi bien que dans les plaies abdominales profondes où il est si difficile de placer un fil ordinaire.

Inutile d'ajouter qu’il supprimera du coup les ékmiuations tardives, puisqu'on pourra toujours l'employer bien stérilisé et que sa composition le met à l'abri de l'infection secondaire et des complications qu'elle entraine.

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